Nous affirmons que Jésus est notre Sauveur. Pourquoi avons-nous besoin d’un Sauveur ? Et de quoi sommes-nous sauvés ? Il faut repartir du début… L’homme créé bon s’est laissé tromper par le démon. Il est blessé profondément…

 Parmi toutes les paroles de l’Écriture Sainte sur la création, les trois premiers chapitres de la Genèse tiennent une place unique. (...)
Les auteurs inspirés les ont placés au commencement de l’Écriture de sorte qu'ils expriment, dans leur langage solennel, les vérités de la création, de son origine et de sa fin en Dieu, de son ordre et de sa bonté, de la vocation de l'homme, enfin du drame du péché et de l'espérance du salut.
Lus à la lumière du Christ, dans l'unité de l’Écriture Sainte et dans la Tradition vivante de l'Eglise, ces paroles demeurent pour la catéchèse la source principale des mystères du "commencement" : création, chute, promesse du salut. (CEC 289)

La création de l'homme

L'homme a été créé par Dieu dans un état de justice et de sainteté.
Dieu l'a placé à la tête de toute la création visible, dans un jardin de délices d'où il devait ensuite, après un délai fixé par Dieu, parvenir à la béatitude éternelle auprès de Dieu, sans connaître la mort.

Dans ce jardin, une seule restriction dans l'usage de toutes les choses créées que Dieu venait de lui donner : "Tu ne mangeras pas du fruit de cet arbre " (Gen 3, 17),
Cet arbre est celui de la connaissance du bien et du mal. Par cette limite, Dieu voulait rappeler à l'homme qu'il n'est pas son propre maître. La connaissance du bien et du mal appartient à Dieu et à Lui seul. C'était donc pour Adam une manière de reconnaître sa dépendance de Dieu.

Le péché originel

Établi par Dieu dans un état de justice, l'homme, séduit par le Malin dès le début de l'histoire, a abusé de sa liberté en se dressant contre Dieu et en désirant parvenir à sa fin hors de Dieu. (Constitution pastorale "l'Eglise dans le monde de ce temps" - Gaudium et spes § 13 - 7-12-1965)

L'homme a abusé de sa liberté, il a succombé à la tentation et commis le mal.
Il conserve le désir du bien, mais sa nature porte la blessure du péché originel.
Il est devenu enclin au mal et sujet à l'erreur. (CEC 1707)

Prétendre atteindre sa fin hors de Dieu, refuser de reconnaître sa dépendance à son égard : c'est cela le péché.

L'homme aimé du Seigneur a abandonné Dieu, son Créateur,
il s'est éloigné de Dieu, son Sauveur.
Dieu a dit : "je leur cacherai mon visage et je verrai quelle sera leur fin".
Et le jour de leur malheur est venu. (Dt 35, 15, 20, 35)

Tout l'équilibre originel de la création se trouve instantanément rompu.
C'est une vie tout autre qui commence pour Adam et Eve : chassés du paradis terrestre, soumis à la fatigue, à la souffrance, à l'inclination au mal et, plus tard, à la mort...Le mal est entré dans le monde.

Réduit au malheur, l'homme ne tarde pas à rappeler son Dieu.
Dans leur détresse, ils crièrent vers le Seigneur. (Ps 106, 13)

Sur ce thème essentiel, voir l'étude complète  LE DRAME DU PÉCHÉ ORIGINEL.

Le bien et le mal dans l'histoire des hommes

La Bible (Gn 6,1, 5) mentionne un détail intéressant au sujet des premières générations de l'humanité : parmi les enfants d'Adam, tous ne furent pas également fidèles au Dieu du Ciel.

Les uns (descendants de Seth - autre fils d'Adam et Eve, né après la mort d'Abel) suivirent l'exemple de leur père, régénérés par la grâce du Dieu qu'ils aimaient et du Rédempteur qu'ils attendaient.
La Bible les appelle "les fils de Dieu".

Les autres (descendants de Caïn) issus au contraire de la corruption originelle et vivant dans les vices, restaient les fils de l'homme déchu, sous l'empire du démon : ce sont "les fils des hommes".

Cette distinction est très facile à "exploiter" avec les enfants qui comprennent cela sans aucune difficulté. Cependant il faut bien voir, et leur faire comprendre que chacun de nous porte en soi cette dualité entre le Bien et le Mal : Comment me suis-je comporté aujourd'hui ? comme un "enfant de Dieu" ? ou comme un "enfant des hommes" ?
Toute l'histoire biblique se trouve contenue dans cet antagonisme :

- "Les enfants de Dieu" sont ceux des hommes qui cherchent à vivre sous le regard de Dieu, sous sa dépendance, qui veulent lui rester fidèles, attendant de Lui avec confiance les secours dont ils ont besoin :

O Dieu, Toi qui sauves ceux qui espèrent en Toi. (Ps 16, 7)

- et "les enfants des hommes" qui continuent (encore maintenant...) à mépriser l'autorité divine, refusant de s'y soumettre, et qui persécutent toujours les "fidèles de Yahvé".

C'est le péché qui parle au cœur de l'impie : ses yeux ne voient pas que Dieu est terrible.
Il se voit d'un œil trop flatteur pour découvrir et détester sa faute.
Il n'a que ruse et fraude à la bouche, il a perdu le sens du bien.
Il prépare en secret ses mauvais coups,
la route qu'il suit n'est pas celle du bien, il ne renonce pas au mal... (Ps 35, 3-5)

D'où les continuels et pressants appels au secours :

Sauve-nous, Dieu de notre salut, rassemble-nous du milieu des nations,
que nous rendions grâce à ton saint Nom, fiers de chanter ta louange. (Ps 105, 47)

Dans le vocabulaire biblique, les "nations" signifient les "païens", ceux qui ne connaissent pas Dieu : la grande difficulté d'Israël, le peuple élu, a toujours été de se maintenir dans une foi pure, de garder sa fidélité au Dieu Unique au milieu des nations idolâtres qui l'environnaient.
C'est pourquoi il demande à Dieu d'être préservé de la corruption des païens, d'en être retiré.
...Quelle similitude avec le temps que nous vivons !

Le péché personnel

Tout péché est une désobéissance à Dieu et un manque de confiance en sa bonté. (CEC 397)

"On ne doit pas omettre la doctrine de la nature et des effets du péché personnel, par lequel l'homme, agissant sciemment et délibérément, viole la loi morale par ses actes et, en matière grave, offense Dieu également gravement". (Directoire Général de la Catéchèse - 1971- § 62)

Le péché est un acte personnel dont nous sommes responsables, du fait d'un mauvais usage de notre liberté. Tous nous faisons dans notre propre vie l'expérience de cette mystérieuse attirance vers le mal, de notre douloureuse impuissance à faire le bien...

Vraiment, je ne comprends pas ce que je fais :
Le bien que je veux, je ne le fais pas, et le mal que je ne veux pas, je le commets.
(...)
L'homme intérieur en moi prend plaisir à la Loi de Dieu, mais je vois dans mes membres
une autre loi qui lutte contre la loi de ma raison et me tient captif sous la loi du péché.
(Rm 7, 15. 22)

Le péché crée un entraînement au péché : il engendre le vice par la répétition des mêmes actes. Il en résulte des inclinations perverses qui obscurcissent la conscience et corrompent l'appréciation concrète du bien et du mal. Ainsi le péché tend-il à se reproduire à se renforcer, mais il ne peut détruire le sens moral jusqu'en sa racine. (CEC 1865)

Qui me délivrera de ce corps de mort ?
C'est la grâce de Dieu, par Jésus-Christ, notre Seigneur. (Rm 7, 24)

Se reconnaître pécheur

Oui, je connais mon péché, ma faute est toujours devant moi.
Contre toi, toi seul, j'ai péché, ce qui est mal à tes yeux, je l'ai fait... (Ps 50, 5-6)

"Dieu nous a créés sans nous, Il n'a pas voulu nous sauver sans nous". (saint Augustin)

L'accueil de sa miséricorde réclame de nous l'aveu de nos fautes. (CEC 1848)

Si nous disons "nous n'avons pas de péché",
nous nous abusons, la vérité n'est pas en nous.
Si nous confessons nos péchés, Il est assez fidèle et juste
pour remettre nos péchés nous purifier de toute injustice. (1 Jn 1, 8-9)

Reconnaître sa faute, c'est la toute première démarche à faire pour rentrer en grâce avec Dieu.

Nous avons péché, nous sommes devenus semblables aux lépreux,
Tu nous as caché ton visage, Tu nous as brisés en punition de nos péchés.
Regarde, Seigneur, l'affliction de ton peuple,
Envoie, Seigneur, celui que tu dois envoyer, envoie l'Agneau Dominateur de la terre
pour qu'il nous délivre lui-même du joug de notre captivité.
(Chant du "Rorate cœli" - d'après Is 64, 5-6)

Ce chant, le "Rorate cœli", tiré du chapitre 64 d'Isaïe, est celui que l'Eglise chante au temps de l'Avent.
Pour que notre cœur soit disposé à accueillir le Sauveur, pour être sauvé, il faut commencer par reconnaître avec humilité notre faiblesse : oui, nous avons besoin d'être délivrés du mal.
L'histoire du salut, c'est celle de la libération du péché.

Voir à ce sujet  RETROUVER LE SENS DU PÉCHÉ

La promesse du Sauveur

Dieu ne reste jamais insensible aux cris de détresse de ses enfants.
Dès que nous reconnaissons notre faute et la misère où nous nous trouvons, Il nous ouvre tout grands les bras de sa miséricorde inépuisable et de son amour bienveillant.
Non seulement Il est toujours prêt à nous pardonner, mais il vient à notre secours et nous rend l'espérance en nous promettant de nous envoyer le Sauveur.

Console toi, console toi, ô mon peuple, bientôt viendra ton Sauveur...Je vais te sauver, ne crains pas, Car je suis le Seigneur ton Dieu, le Saint d'Israël, ton Rédempteur.
(Fin du chant du Rorate cœli, d'après Is 40, 1 - 41, 13-14)

Il nous libère des difficultés et des souffrances, il nous rend la paix du cœur

Et le Seigneur les délivra de leurs souffrances,
il les tira des ténèbres et de l'ombre de la mort et il brisa leurs chaînes. (Ps 106, 14)

Mais, en contrepartie, Dieu nous demande de toujours reconnaître ses bienfaits et de L'en remercier :

Le secours attendu me viendra du Seigneur, Lui qui sauve les hommes au cœur droit. (Ps 7, 11)

Qu'ils louent le Seigneur pour sa bonté et pour ses merveilles en faveur des enfants des hommes. (Ps 106, 15)

C'est alors que nous vivrons comme des "sauvés", comme des enfants de Dieu, restaurés dans la grâce, dans l'amitié divine, par les mérites de Jésus, notre Sauveur.

Jésus, unique Sauveur du monde

C'est Lui, Jésus, qui est l'unique Sauveur du monde, "le même hier, aujourd'hui et à jamais" (He 13, 8)

Le Christ, Rédempteur du monde, est l'unique médiateur entre Dieu et les hommes "et il n'y a pas sous le ciel d'autre nom par lequel nous puissions être sauvés". (Ac 4, 12)
(Jean-Paul II, A l'approche du troisième millénaire § 4)

La grâce du Christ, par ses sacrements, nous détache doucement du mal auquel nous étions attachés et elle nous rend la liberté de choisir le bien : de là naît en notre cœur une joie qui vient de Lui.

Toute l'histoire du salut n'est autre que l'histoire de la voie et des moyens par lesquels le Dieu vrai et unique, Père, Fils et Saint-Esprit, se révèle, se réconcilie et s'unit les hommes qui se détournent du péché. (CEC 234)

La nécessité de la foi en Jésus, notre Sauveur

Croire en Jésus-Christ et en Celui qui L'a envoyé pour notre salut est nécessaire pour obtenir ce salut. Parce que "sans la foi (...) il est impossible de plaire à Dieu" (Heb 11, 6) et d'arriver à partager la condition de ses fils, personne jamais ne se trouve justifié sans elle.
Et personne, à moins qu'il n'ait persévéré en elle jusqu'à la fin (Mt 10, 22 ; 24, 13), n'obtiendra la vie éternelle. (CEC 161)

L'année liturgique nous fait revivre toute l'histoire du salut

A travers tout le déroulement de l'année liturgique, il nous est donné de revivre chacune des grandes étapes de la vie de Jésus notre Sauveur, avec les mystères de l'Incarnation et de la Rédemption.
Nous pouvons méditer sur le prix de notre salut : ce qu'a payé Jésus pour nous "racheter" (c'est le sens du mot "rédemption"), pour arracher nos âmes au démon et nous délivrer définitivement du mal.

La liturgie nous aide ainsi à prendre plus particulièrement conscience que NOUS AVONS BESOIN D’ÊTRE SAUVÉS, et que seul Jésus peut nous sauver. C'est aussi la liturgie qui nous procure la grâce de vivre de cette vie nouvelle des enfants de Dieu, dans le Christ Jésus.
Il ne tient qu'à nous, désormais, de sortir du péché et de vivre comme des "sauvés".


 Liens dans ce document :  RETROUVER LE SENS DU PÉCHÉ - LE DRAME DU PÉCHÉ ORIGINEL

Ensemble pour l'Avent  -  Sur le péché originel

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