- Créer une ambiance de calme et de silence
- Pour nourrir la prière avec les enfants : proposition d'un cheminement spirituel
- Sur quoi faire porter les efforts ?
- Quelques idées pratiques (la crèche - la couronne de l'Avent - le ciel étoilé - la boîte aux lettres des sacrifices - le bouquet)
- Que ferons-nous pour les autres ?

L'ambiance : calme et silence…

La "préparation de Noël" dans le monde qui nous environne, avec son cortège de sapins, guirlandes, vitrines, pères Noëls… - tout ce que nous pourrions appeler le "folklore" de Noël - se fait dans le tapage et une grande agitation commerciale. Pour nos enfants, c'est ce qui est le plus visible, le plus immédiat. Est-ce là le vrai Noël que nous voulons préparer avec nos enfants ?

Ce Noël tout extérieur est, hélas, pour tout dire, un Noël "païen"…
Et s'en tenir là serait passer à côté de la vraie joie de Noël. Préparer nos enfants dans un tel contexte à cette vraie joie de Noël n'en est pas facilité, c'est certain. Pourtant cela reste possible.

Lorsque les enfants sont déjà familiarisés avec la prière familiale quotidienne, rythmée par le temps liturgique, ils font sans peine la différence entre les deux plans : au dehors et au dedans de la maison, où nous vivons sur un autre système de références.

Notre rôle va donc être de leur proposer "un autre chemin", une préparation à Noël comme celle qu'a vécue la Sainte Vierge, intériorisée, dans le calme et le silence, le recueillement :

Dehors, il y a le monde. Dehors, il y a la hâte, la convoitise, la vanité. Mais la maison, ce n'est pas dehors : c'est dedans. Ce n'est pas le monde, c'est nous. Il ne tient qu'à nous de remplir la maison de silence
Le silence repose, guérit, console. Il répare les forces, protège la vie, favorise la pensée. Le silence rend meilleur. Lui seul met d'accord l'esprit et la matière. Irrévocablement associée à l'esprit, la matière peut lui être obstacle ou tremplin, ennemie ou alliée…
Le silence est une conquête sur soi et un triomphe sur le monde. Fermons la porte au vacarme. Laissons la frénésie dehors. Que la maison nous soit un abri… Que nos forces se recueillent. Que notre âme se dilate… (Hélène LUBIENSKA de LENVAL Le silence à l'ombre de la Parole. Ed. Casterman-Maredsous - 1955)

Cette préparation va se faire simultanément sur plusieurs plans :

sur le plan de la prière, que nous soignerons plus spécialement en ce temps de l'Avent.
sur le plan de l'enseignement…
sur le plan de la vie quotidienne, par des efforts précis : obéissance, gentillesse, services rendus, calme, patience, application au travail, ordre, lutte contre notre défaut principal, etc.
enfin, sur un plan pratique, plus matériel, par des petits moyens concrets qui soutiendront les efforts de chacun. Plus l'enfant est jeune, plus ces moyens sont nécessaires.

Pour nourrir la prière : un cheminement spirituel

Vous trouverez dans l'Avent, un temps pour préparer Noël une très courte méditation par jour, tout au long des 4 semaines de l'Avent, avec la proposition d'un effort quotidien...

Mais une autre question se pose, pendant cette période d'attente de Noël. Les enfants sont très intéressés par la préparation de la crèche. Mais, pour l'instant, la crèche est vide…Est-ce l'endroit souhaité pour la prière familiale ?

La prière du soir : devant la crèche ?

Un prêtre fait remarquer qu'il n'est pas normal de la dire devant la crèche vide : cela ne signifie rien. C'est donc devant le crucifix, ou au coin-prière habituel, qu'il convient toujours de la faire.
Mais on peut finir cette prière en allant devant la crèche pour y chanter cette prière d'espérance qui a animé toutes les générations de l'Ancien Testament, dans l'attente du Sauveur :
"Venez divin Messie, nous rendre espoir et nous sauver..."

Après Noël, c'est différent : Jésus est là, parmi nous. La prière se fera donc devant la crèche.
Et si l'on va à l'église, on ira d'abord saluer Jésus présent au tabernacle, avant d'aller regarder la crèche.

Le jour de Noël

Dans telle famille, Jésus est porté par le plus petit, en procession, dans toute la maison, avec bougies et le chant "Il est né, le divin Enfant…", avant d'être déposé dans la crèche, puis a lieu la prière familiale… et ensuite, ensuite seulement, les cadeaux.
Cette formule convient bien aux familles qui ne vont pas à la messe de minuit : on commence la journée de Noël par son côté chrétien.

On peut aussi préférer garder à la nuit de Noël son aspect mystérieux : Jésus est né la nuit. On part à la messe de minuit (ou bien, on se couche le soir) : la crèche est vide. Au retour de la messe de minuit (ou au réveil le matin) : le petit Jésus est là (discrètement mis par les parents…)

Sur quoi faire porter nos efforts ?

"Préparez le chemin du Seigneur, rendez droit ses sentiers… (Mc 1, 3)", le message de St Jean-Baptiste s'adresse à tous, les petits comme les grands : il n'y a aucune raison d'attendre plus tard pour y associer nos plus jeunes enfants. Même des très petits comprennent qu'il s'agit d'ouvrir à Jésus le chemin de leur cœur.

-- l'obéissance :
point fondamental de l'éducation de la petite enfance : c'est par là qu'on reconnaît sa dépendance.
Notons cependant qu'un enfant obéira d'autant plus facilement qu'on lui aura donné des ordres précis, adaptés à son âge et à ses capacités, d'un ton ferme mais calme.
Mais quand un ordre a été donné, il importe absolument qu'il soit obéi, sans traîner, sans discuter, sans grogner ! Cela doit devenir un réflexe.

-- dire la vérité, quoiqu'il en coûte. Ce point est capital pour former chez l'enfant une conscience droite.
Préserve ta langue du mal, et tes lèvres des paroles trompeuses. (Ps 33, 14)
Cependant, sachons discerner le véritable mensonge de ce qui est, chez l'enfant avant 6 ou 7 ans, du simple domaine de l'imaginaire.

-- être bon avec les autres :
rendre service, prêter ses affaires, en un mot "penser aux autres".
éviter les disputes, pardonner, céder... ne jamais dire de choses méchantes : préférer se taire.

-- la bonne humeur est aussi une "vertu" à cultiver de bonne heure :
Apprendre à être toujours content, (savoir dire merci !) et à ne pas se plaindre lorsque quelque chose ne va pas.
Cette disposition d'esprit qui débouche sur la joie, est fondamentale pour la vie entière : il est bon de leur en donner l'habitude tant que le caractère est encore souple et malléable.
Quoi de plus pénible (et de plus contagieux... !) qu'un esprit grincheux ? Ne laissons jamais l'enfant prendre l'habitude des caprices ou des colères : c'est tout petit qu'il faut l'habituer à dominer ses caprices, faire des efforts et des sacrifices.

Toutefois, pour que ces efforts soient vraiment positifs, ils est bon de leur donner tout de suite une dimension surnaturelle : on fait cela pour ressembler à Jésus, pour être son ami, et pour lui faire plaisir. Apprenons-leur donc à tout faire sous le regard de Dieu :

Du haut des cieux, le Seigneur regarde, il voit tous les enfants des hommes.
Du haut de sa demeure, il observe tous les habitants de la terre,
Lui qui forme le cœur de chacun d'eux, qui est attentif à toutes leurs actions. (Ps 32, 13, 15)

Si nos petits ont été habitués à vivre sous le regard de Dieu, s'ils savent que leurs efforts font plaisir à Jésus, ils seront très généreux. Cette générosité du cœur - c'est cela qui grandit vraiment un enfant de Dieu (qu'il soit grand ou petit ) - prédispose son âme à recevoir plus de grâces encore .

A ce point de vue, le temps de préparation à la fête de Noël est privilégié pour y entraîner nos petits.
Préparer son cœur à la venue de Jésus à Noël, quel est le petit enfant qui n'y réponde avec tout l'élan d'un cœur pur, pour peu qu'il soit judicieusement guidé.

Quelques idées pratiques…

Le cheminement spirituel proposé dans l'Avent, un temps pour préparer Noël demande à être soutenu chez les enfants, surtout les plus petits, par quelques supports matériels :

La crèche.

Suivant les familles, les usages sont différents : certaines mettent la crèche dès le début de l'Avent, pour bien montrer qu'il s'agit d'attendre la venue de Jésus.
D'autres attendent la veille ou le dernier dimanche pour la préparer. Telle famille prépare la crèche dès le début de l'Avent, mais en ne mettant que Marie, Joseph et l'Ange : c'est "l'attente"…
On peut aussi commencer par ne mettre que le décor, avec les bergers et les moutons dans la campagne. La deuxième semaine, on ajoutera la Sainte Vierge et saint Joseph en marche vers Bethléem, se rapprochant de jour en jour ; puis quelques jours avant Noël, arrivés à la grotte, seuls jusqu'à la nuit de Lumière où apparaîtra l'Enfant Jésus.
Sur le plan éducatif, chaque formule peut se justifier.

La couronne de l'Avent

Elle a pour principal intérêt de soutenir la patience des plus petits : les 4 semaines de l'Avent peuvent leur paraître interminables. En allumant chaque dimanche une bougie de plus, cela permet de mesurer le temps et de concrétiser la progression vers Noël dans la joie.

Le ciel étoilé

Faire peindre par les enfants ou trouver une grande feuille de papier (Canson) en bleu nuit. Ce sera le ciel de fond derrière la crèche. (L'effet est meilleur qu'un papier bleu uniforme)
Par ailleurs, vous organiserez avec vos enfants - soit le premier dimanche, soit le mercredi suivant - une séance de découpage d'étoiles dorées qu'on rangera dans une grande boîte, près de la crèche.

Autre idée pour la fabrication des étoiles :

- 1ère semaine, des étoiles vertes (espérance)
- 2ème semaine, des étoiles rouges (sacrifice)
- 3ème semaine jaunes (lumière)
- 4ème semaine, or (mystère).
Trois tailles d'étoiles, pour faire un ciel plus diversifié et plus joli.

A chaque sacrifice ou effort, les enfants pourront coller une étoile sur ce ciel. Cela fera non seulement un très joli décor autour de l'Enfant Jésus, mais sera la preuve de la participation réelle de chacun à la démarche spirituelle de l'Avent : l'attente de Jésus-Sauveur, le désir de bien Le recevoir à Noël.

La "boîte aux lettres" des sacrifices

Chaque enfant écrit son effort, son sacrifice, sur un petit papier qu'il plie en quatre et dépose dans la "boîte aux lettres". Chaque papier = un sacrifice. Cette démarche reste discrète, personnelle. Dieu seul le voit.
Arrive la Nuit de Noël : au retour de la messe de minuit, toute la famille étant rassemblée autour de la crèche on jette ou on brûle joyeusement la boîte et tous ses petits papiers !...

Autre idée : tous les soirs, après la prière, on pioche un effort dans une grande enveloppe ou boîte : je fais un sacrifice - j'obéis tout de suite - je rends un service gratuit - je prie tout seul - je fais une surprise (adapté aux plus petits), je suis particulièrement gentil avec X ou Y (prénom de la personne concernée) Etc.
Cet effort sera mis en application le lendemain. L'enfant peut changer d'effort et repiocher.

Le soir, après la prière, si je pense avoir fait l'effort demandé (ceci dans la discrétion), je colle mon étoile (une couleur par semaine. Maman se réserve le croit de dire discrètement à l'un ou à l'autre : "Tu crois que tu peux coller une étoile aujourd'hui ?" Pour les tout-petits, l'étoile est collée d'office, sauf conduite insupportable évidente.

Le bouquet.

Le principe est le même que pour les étoiles, mais avec des gommettes de couleurs : chaque enfant vient librement dans la journée, à son rythme, coller sur le panneau familial ce qui représente son ou ses sacrifices, de manière à réaliser une fleur, puis une autre ... On obtiendra ainsi pour le jour de Noël un beau bouquet d'autant plus fourni que tout le monde aura été généreux.
On peut proposer 5 ou 6 efforts spéciaux parmi lesquels chaque enfant choisira celui qui lui convient.

Il peut y avoir deux formules :

- s'il s'agit d'un tableau familial, auquel tous les enfants participent. il sera placé au coin-prière ou près de la crèche.
- Mais chaque enfant peut aussi avoir dans sa chambre ou son "coin", au-dessus de son lit, son petit panneau personnel.

Que ferons-nous pour les autres ?

De la collecte de jouets à l'intention des enfants défavorisés, à une visite à une vieille voisine malade ou isolée, ou même éventuellement son accueil à notre table le jour de Noël, il y a tout un éventail de possibilités qui varient selon les cas ...
Les mamans douées en bricolage pourront diriger un atelier de petits cadeaux-maison destinés à l'entourage.
L'essentiel est d'habituer nos enfants dès leur plus jeune âge à ce "sens des autres" : chercher à faire plaisir, la délicatesse, la prévenance, le partage.
Cela aussi fait partie de la préparation de Noël :

"TOUT CE QUE NOUS FAISONS POUR LES AUTRES, C'EST COMME SI NOUS LE FAISIONS POUR JÉSUS".



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