Le désir du bonheur du ciel doit se traduire concrètement dans toute notre manière de vivre.
Et tout spécialement dans le responsabilité de parents et d'éducateurs.

Nous ne sommes pas faits pour rester sur cette terre…

La liturgie de la fête de la Toussaint nous invite à élever notre regard plus haut que la terre, là où sont les Bienheureux, tous ceux qui nous ont précédés et que nous sommes appelés à rejoindre.
La seule vraie perspective de notre vie, celle qu’il ne faut jamais perdre de vue, c’est que nous ne sommes pas faits pour rester sur cette terre.
Cette vie ici-bas nous est donnée pour nous préparer à entrer dans la lumière divine.

La spiritualité propre à cette fête de la Toussaint c’est donc de vivre sur la terre en gardant toujours présente à l’esprit la perspective du Ciel :

Quelle joie quand on m’a dit : "Allons à la maison du Seigneur". (Ps 121, 1)

Animée par ce désir du Ciel, cette perspective n’est cependant pas désincarnée : c’est ce désir, au contraire, qui va orienter tout l’ensemble de notre vie et se traduire concrètement dans toute notre manière de vivre, et d’abord par le primat des valeurs spirituelles sur les biens matériels.

Ce désir du Ciel va nous amener, progressivement, au détachement des choses de la terre :

Il y a des hommes tout à la passion des biens passagers, ignorant les biens éternels ou y étant insensibles.
Sans regret des biens d’En-Haut qu’ils ont perdus, ils se félicitent, les malheureux ! de posséder ceux d’en-bas. Formés pour la lumière de la Vérité, ils n’y élèvent jamais les yeux de l’âme. Jamais un désir, un élan vers la contemplation de l’éternelle patrie.
S’abandonnant aux jouissances où ils se sont jetés, ils affectionnent, comme étant leur patrie, un triste lieu d’exil ; et au sein des ténèbres ils sont tout joyeux comme si une brillante lumière les éclairait.
Les élus, au contraire, aux yeux de qui les biens passagers n’ont aucune valeur, recherchent ceux pour lesquelles leurs âmes ont été créées.
Et comme, hors de Dieu, rien n’a pu les satisfaire, leur pensée (...) se repose dans l’espérance et la contemplation de leur Créateur, et le désir de rejoindre les citoyens du Ciel.
Retenu encore dans ce monde par les liens de la chair, chacun d’eux cependant se transporte en esprit au-delà de ce monde. Il prend la résolution salutaire de mépriser ce qui passe avec le temps pour ne désirer que les choses qui demeurent.
(saint Grégoire)

La voie du bonheur

Relativiser ainsi les choses de la terre, sans leur donner plus d’importance qu’elles ne méritent, là est le secret de la vraie joie.

Nous ne la trouverons pas dans l’abondance matérielle ou le confort : Dieu seul peut combler notre cœur. Car nous sommes faits "pour Lui".

Comment parvenir au Ciel ? Comme tous les saints : par une vie pure, conforme aux commandements et aux béatitudes.

Heureux ceux qui marchent, irréprochables dans leur voie, selon la loi du Seigneur. (Ps 118, 1)

Là est la voie du bonheur. La seule vraie. Celle que nous devons suivre, nous et nos enfants : c’est à nous de la leur montrer. Car si Dieu nous les a confiés, c’est pour les conduire vers Lui.

C’est à nous de leur apprendre, dès le plus jeune âge - et d’abord par notre exemple - à vivre sous le regard de Dieu, source de la vraie joie de vivre et à garder leur regard plus haut que la terre.

A travers les choses visibles, faisons-leur découvrir l’Invisible.

C’est ainsi qu’ils apprendront à relativiser les petits ennuis de chaque jour, à les offrir en sacrifice, et à goûter la joie des cœurs purs.

Ne vous conformez pas au monde présent…

Notre monde contemporain est plongé dans le matérialisme et la tristesse… il a besoin de rayons de soleil : des âmes assez solidement "accrochées par le Haut" pour résister aux attraits de la société de consommation, et témoigner que la vraie joie se trouve à faire le bon plaisir de Dieu.

Ne vous conformez pas au monde présent,
Mais (...) par un renouvellement de votre esprit
cherchez à discerner quelle est la volonté de Dieu,
ce qui est bon, ce qui Lui est agréable, ce qui est parfait. (Rm 12, 2)

C’est encore cette même perspective qui devra guider nos choix éducatifs : ils doivent tous concourir en effet à former un ensemble cohérent, homogène, qui favorise la vie de foi et n’y soit jamais contraire : choix des écoles, du groupe de catéchisme, des mouvements de jeunes, des diverses activités des enfants (sportives, artistiques, etc.). Sélection des livres, des revues, des films... ou des musiques, choix des amis...
Dans chacun de ces éléments, nous devons nous poser la question : "Est-ce conforme - ou contraire - au but que je me propose ?"
Nous voyons vite alors qu’élever chrétiennement nos enfants, actuellement, sans se conformer au monde présent... n’est pas toujours facile. Loin de là ! Oui, c’est même souvent bien difficile !

Confiance en Dieu

Dieu pourtant ne nous demande pas l’impossible, mais Il nous demande de faire tout notre possible :
Lui ensuite se charge de l’impossible. Confions-Lui donc ce qui nous semble au-dessus de nos forces, avec la certitude que son secours ne nous manquera jamais.
A une condition toutefois : laissons-Lui toujours fidèlement la première place dans notre vie.

Cherchez d’abord le Royaume de Dieu, et tout le reste vous sera donné par surcroît.
(Mt 6, 33)


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