Il y a une position doctrinale de l'Église : l'âge de raison. Il y a aussi des problèmes d'ordre pastoral qui ont fait progressivement retarder l'âge de la confirmation... Il y a enfin de grandes disparités entre la pratique religieuse vécue dans et par les familles.

Ce que dit le Catéchisme

La tradition latine donne "l'âge de la discrétion" (âge de raison) comme point de référence pour recevoir la Confirmation.
En danger de mort, on doit cependant confirmer les enfants même s'ils n'ont pas encore atteint l'âge de la discrétion. (CEC 1307)

Si l'on parle parfois de la Confirmation comme du "sacrement de la maturité chrétienne", il ne faudrait pas pour autant confondre « l'âge adulte de la foi » avec l'âge adulte de la croissance naturelle, ni oublier que la grâce baptismale est une grâce d'élection gratuite et imméritée qui n'a pas besoin d'une "ratification" pour devenir effective.
Saint Thomas le rappelle :"L'âge du corps ne constitue pas un préjudice pour l'âme. Ainsi, même dans l'enfance, l'homme peut recevoir la perfection de l'âge spirituel dont parle la Sagesse (4, 8) :
"La vieillesse honorable n'est pas celle que donnent de longs jours, elle ne se mesure pas au nombre des années".
C'est ainsi que de nombreux enfants, grâce à la force du Saint Esprit qu'ils avaient reçue, ont lutté courageusement et jusqu'au sang pour le Christ". (CEC 1308)

Notre commentaire

Telle est toujours été la position "doctrinale" de l'Église : l'âge où il est bon de recevoir le sacrement de Confirmation est celui de sept ans environ, parce que

- d'une part, c'est le moment où commencent habituellement les tentations (c'est donc là qu'on a besoin de force pour y résister, avant même d'avant pu prendre de mauvaises habitudes),

- et d'autre part c'est l'âge où l'on peut suffisamment connaître et comprendre la grâce de ce sacrement, et se rappeler qu'on l'a reçu.

Pour des raisons "pastorales", l'usage s'est peu à peu établi, depuis quelques décennies, de retarder l'âge de la Confirmation. On y a vu l'avantage de garder plus longtemps les enfants au catéchisme.

C'est évidemment nécessaire lorsqu'il s'agit d'enfants arrivant au catéchisme à 8 ans et n'ayant encore reçu aucune formation. L'une des conditions pour recevoir le sacrement de Confirmation est en effet d'avoir les connaissances doctrinales suffisantes.
Mais lorsqu'il s'agit d'enfants formés de bonne heure, dans un milieu familial profondément chrétien, il semble bien dommage de les retarder au seul motif que d'autres n'ont pas eu cette même formation.

Certains diront peut-être qu'ils sont trop jeunes, pas encore capables de "comprendre", qu'il faut donc attendre... Ce sont là des arguments "naturalistes", où l'on raisonne des choses de la foi, donc "surnaturelles", comme si elles étaient seulement de l'ordre naturel.

Si l'Église a de tous temps établi "l'âge de discrétion" - l'âge où l'on devient capable de discerner le bien et le mal - c'est d'abord que les enfants sont capables d'avoir les connaissances nécessaires, à condition bien sûr qu'on ait su les mettre à leur portée.

C'est aussi pour "armer" ces petits et les rendre forts pour garder intacte la grâce de leur baptême, les prémunir non seulement contre les tentations, mais aussi contre tant "d'agressions" d'un monde plus ou moins hostile à la foi chrétienne.

Qu'est-ce qui donnera à nos enfants la force de résister à tant de sollicitations du monde extérieur, sinon le Saint Esprit, par la grâce de la Confirmation ?

Le point de vue d'un évêque

Sur ce sujet de l'âge de la Confirmation, Mgr Léonard, archevêque de maines-Bruxelles (Belgique), dans son livre "Viens, Esprit Créateur", envisage la question des différences de formation religieuse qui existent suivant les familles, et les problèmes que cela entraîne, précisément pour l'admission des enfants aux sacrements.

"Dans les pays d'Occident, un grave problème pastoral surgit du fait qu'il y a encore une large demande de "rites" sacramentels, comme si on était en chrétienté, alors que la foi s'est affadie chez le grand nombre. C'est la source de bien des hypocrisies et, pour les pasteurs, de beaucoup de souffrances, voire de découragement.

Le baptême des petits enfants

Le baptême des petits enfants se justifie pleinement quand on a affaire à une famille pratiquante, participant régulièrement à la vie de la communauté chrétienne. Pour les autres, les pasteurs poseront, avec douceur mais fermeté, des exigences de préparation telles que :

- soit on renoncera à un baptême conçu comme une simple cérémonie familiale,
- soit on s'y engagera avec une vérité suffisante.

Si le baptême est conféré plus tard…

Si le baptême est conféré plus tard, en âge de scolarité, la Confirmation l'accompagnera, à moins qu'on ne juge utile de la reporter à une célébration communautaire où sera mieux souligné le rapport à l'évêque du diocèse.

La communion des petits enfants

La communion des petits enfants a été judicieusement encouragée par le Pape Pie X à une époque où la famille était souvent un lieu d'éducation à la foi, mais avec le gros inconvénient qu'ainsi on bousculait l'ordre normal de l'initiation chrétienne en communiant au Corps du christ avant la confirmation du baptême.
Dans la civilisation déchristianisée où nous vivons, il serait plus juste de n'anticiper la communion avant la confirmation que dans le cas d'enfants bien préparés au sein de familles pratiquantes et en paroisse.
Les autres - qui sont les bienvenus, eux aussi, dans l'Église de Dieu - pourraient communier pour la première fois au cours de la messe de leur Confirmation, laquelle se situerait avantageusement, après une catéchèse adéquate, entre 9 et 12 ans, c'est-à-dire à un âge où la plupart des baptisés seraient susceptibles de la recevoir. Il faut en effet éviter l'élitisme qui réserverait la confirmation aux seuls baptisés lucides et engagés.

La confirmation est le second sacrement de l'initiation chrétienne

N'oublions pas que, comme achèvement du baptême, la confirmation est le second sacrement de l'initiation chrétienne. Or il est de la nature d'une initiation d'être proposée à tous les débutants. Pour les pratiquants réguliers qui auraient déjà communié à un âge plus tendre, on pourrait prévoir, après la Confirmation, une "communion solennelle" en paroisse1.

La profession de foi

Quant à l'aspect d'engagement personnel et de ratification lucide de la foi, si important dans la culture d'aujourd'hui il ne faut pas le lier à la confirmation, qui est d'abord conclusion du baptême. Il devrait plutôt s'exprimer, pour les volontaires, lors d'une "profession de foi" festive, devant la communauté chrétienne, à un âge plus avancé, entre 14 et 18 ans.
L'Esprit, à l'œuvre dans les sacrements et, notamment, dans la Confirmation, distribué dans les charismes et répandu sur l'Église tout entière est, dans l'Église et le monde, source d'une vie nouvelle et, par là, d'une tension confiante vers l'avenir dont le nom chrétien est l'espérance".

(Mgr André-Mutien Léonard - Viens Esprit Créateur ! - Ed de l’Emmanuel. 1997. pages 117à 119)

1 Notre souci est d'accueillir le plus grand nombre à la Confirmation et à l'Eucharistie, lors d'une fête populaire bien préparée et avec le maximum d'engagement que l'on peut alors obtenir, mais de réserver à ceux qui sont profondément motivés d'autres moments significatifs (communion précoce, communion solennelle, profession de foi), afin de respecter la vérité de l'engagement chrétien. L'évolution de la culture nous aidera à aller dans le sens de cet idéal.
Dans l'immédiat, sans bousculer par des outrances, on s'orientera dans cette direction avec douceur et fermeté, selon des règles à fixer par les Conférences épiscopales.


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