Cheminement pour aborder avec les jeunes enfants tous les points essentiels pour qu'ils puissent bien recevoir le sacrement de Confirmation

Même si, pour des raisons d'ordre pastoral, l'usage actuel est de différer jusqu'à l'adolescence la confirmation d’enfants encore jeunes, la position traditionnelle de l'Église a toujours été de donner ce sacrement aux alentours de l'âge de raison.

"Comme achèvement du Baptême, la Confirmation est le second sacrement de l'initiation chrétienne. Or, il est de la nature d'une initiation d'être proposée à tous les débutants…"
(Mgr. LÉONARD "Viens, Esprit Créateur", page 118 – Ed de l'Emmanuel)

Mettre à la portée d'un enfant encore jeune un enseignement sur la Confirmation ne comporte pas de difficulté majeure.
Cela suppose seulement qu'il ait déjà la connaissance des premières bases des vérités de la foi, notamment :

- ce qu'est un sacrement,
- ce qu'est le baptême,
- les engagements du baptisé pour sa vie quotidienne.

Du Baptême à la Confirmation

A la Confirmation, nous recevons le Saint Esprit. Mais, le Saint Esprit, nous l'avons déjà reçu :

Quand ? - À notre baptême.

Alors pourquoi avons-nous besoin de Le recevoir à nouveau ? Pour bien comprendre, rappelons-nous :

Qu'est-ce que le baptême ? - Le baptême, c'est notre naissance à la Vie de Dieu dans notre âme.
À sa naissance, est-ce qu'un tout petit bébé est capable de marcher ? de parler ? d'aller en classe ? de rendre des services ? de jouer, de courir ? Non, bien sûr.

Pour la vie de notre corps, nous le voyons bien, naître et grandir sont deux choses différentes. Pour grandir, on a besoin d'une force spéciale. C'est la même chose pour tout ce qui vit dans la nature : les plantes, les animaux...

Eh bien, pour la vie de notre âme, c'est pareil : le baptême est la naissance de notre âme à la vie divine, mais ensuite, nous avons besoin d'une force spéciale pour que cette vie divine grandisse en nous. Cette force, c'est le sacrement de Confirmation qui nous la donne.

La Confirmation nous fortifie et fait grandir en nous la vie divine

L'exemple des apôtres

Le récit de la Pentecôte nous montre les changements étonnants survenus dans le comportement des apôtres :

- de peureux, ils sont devenus courageux, parlant de Jésus et annonçant son Evangile sans crainte, supportant la prison et même le martyre, avec joie, pour l'amour de Jésus.
- gens peu instruits, ils ont parlé des choses de Dieu d'une manière qui dépasse la connaissance humaine. C'est le Saint Esprit qui remplissait leur coeur et leur intelligence, et parlait par leur bouche. Jésus les avait prévenus :

"Ce que je vous ai dit, vous ne pouvez pas tout comprendre maintenant.
Mais le Saint Esprit viendra en vous et vous instruira". (Jn 16, 12)

- ils ont opéré des miracles "par le Nom de Jésus". (Ac 3, 1-11 - 5, 12-16)

Nous aussi, nous avons besoin de force

Le jour de la Pentecôte, nous n'étions pas là... et nous n'avons pas reçu le Saint Esprit avec les Apôtres. Serons-nous donc privés de toutes ces grâces et de cette force que le Saint Esprit leur a données ?
Pourtant, nous aussi, comme les Apôtres, nous avons grand besoin de cette force.
Nous savons bien que pour être toujours de vrais amis de Jésus, nous avons besoin de courage.
Qui va nous donner la force dont nous avons besoin pour rester forts et fidèles ? C'est le Saint-Esprit.
C'est Lui qui va venir en nous par le sacrement de Confirmation, tout comme Il est venu dans les Apôtres au jour de la Pentecôte.

La Confirmation, c'est notre Pentecôte à nous.

Le Saint Esprit, nous ne pouvons pas Le voir : un esprit, cela ne se voit pas. Mais même si nous Le voyons pas, nous savons qu'Il agit dans notre âme :

- c'est Lui qui nous donne de bonnes idées, pour faire ce qui est bien,

- c'est Lui qui nous donne le courage pour rester toujours de fidèles amis de Jésus, pour montrer que nous sommes de vrais enfants de Dieu.

Le jour de la Pentecôte, on a vu les langues de feu se poser sur chacun des Apôtres : c'était un signe, qu'on pouvait voir, un signe pour dire une chose qu'on ne pouvait pas voir : l'action du Saint Esprit dans l'âme des Apôtres.

Ce signe n'a duré qu'un instant : ces langues de feu ne sont pas restées. Mais la force qu'ils avaient reçue du Saint Esprit, les Apôtres l'ont toujours gardée dans leur cœur.

Le jour de notre Confirmation, il n'y aura pas un grand vent dans la maison, et on ne verra pas sur notre tête des langues de feu : il n'y aura pas de signe extérieur.

Mais la force du Saint Esprit, à l'intérieur de notre cœur, oui, nous la recevrons bien, comme les Apôtres. Nous en avons besoin pour être forts dans notre vie chrétienne.

Pour mieux comprendre : un exemple concret

L'exemple proposé ici n'est qu'une suggestion. On pourrait en prendre d'autres...
Ce qui importe, c'est qu'il soit adapté à notre auditoire... pour lui faire comprendre, à travers un cas concret pris dans la vie courante, quelle force nous pouvons attendre de l'Esprit-Saint.

C’est l'histoire de Stéphane :
le mercredi, il va au catéchisme pour apprendre à bien connaître Jésus. Et, le dimanche, il va à la messe.

Mais chaque fois qu'il passe sur la place, il voit les autres de sa classe en train de jouer et qui viennent lui poser des tas de questions : "Pourquoi vas-tu au catéchisme ? Pourquoi vas-tu à la messe ? A quoi ça sert ?... Viens plutôt jouer avec nous... "

C'est vrai : Stéphane aurait bien envie, quelquefois, de rester jouer avec eux... Mais quand on aime vraiment Jésus, on Le préfère à tout le reste. Stéphane sait bien que Jésus l'attend, là-bas, à l'église...
Et parce qu'il veut rester son ami, il n'écoute pas ses camarades, il avance...

Quelquefois, même, les autres se moquent de lui : alors, là, c'est difficile de ne rien dire et de ne pas s'énerver, mais de continuer son chemin, tout simplement pour montrer à Jésus qu'il veut le faire passer en premier dans sa vie. Parce qu'il sait aussi que c'est cela que le Bon Dieu veut.

Il faut toujours faire ce que le bon Dieu veut, sans s'occuper de ce que les autres vont dire.

Une autre fois, il sort de l'école avec ses camarades : ils sont très excités ! L'un d'eux veut les emmener tous au supermarché pour aller chiper des bonbons.
Quand Stéphane comprend ce qu'ils veulent faire, il s'arrête : "Ah non ! Ce n'est pas bien, çà, il ne faut pas le faire". Les autres se moquent de lui : "froussard ! ..."

Le pauvre Stéphane s'arrête, tout malheureux : il ne pourra pas les empêcher...
Mais lui, au moins, il refuse d'y aller : est-ce que cela ne demande pas vraiment du courage, de refuser de faire comme les autres parce qu'on veut rester et se montrer toujours l'ami de Jésus.

Qu'est-ce qui va donner à Stéphane la force de toujours rester fort et fidèle ?
C'est la même force que celle qu'ont reçue les Apôtres au jour de la Pentecôte : le Saint Esprit qui va venir en lui par le sacrement de Confirmation.

La confirmation est un sacrement

Qu'est-ce qu'un sacrement ?

Un sacrement, c'est un moyen que Jésus a trouvé pour nous donner toujours sa grâce, chaque fois que nous en avons besoin, pour nous aider à devenir des saints.

Par exemple :

Quel est le premier sacrement que nous avons reçu ? - Le Baptême, qui nous fait naître à la vie des enfants de Dieu.

• Quels autres sacrements avons-nous encore reçu ?

- Le sacrement du Pardon, chaque fois que nous allons nous ... ? (confesser). C'est le sacrement qui efface nos péchés et nous rend toute la lumière de Dieu - sa Grâce - dans notre âme.

- Le sacrement de l'Eucharistie, qui nourrit notre âme pour la faire vivre et grandir en ressemblant à Jésus.

Le sacrement de Confirmation

Depuis que Jésus est remonté au Ciel, ce sont les Apôtres qui le remplacent, et ce sont eux qui nous donnent de sa part, à sa place, tous les sacrements qui nous aident à vivre en enfants de Dieu.

Maintenant, les Apôtres sont morts, ce sont les évêques qui les remplacent, et les prêtres qui aident les évêques.

Pour le sacrement de Confirmation, c'est l'Évêque qui le donne, parce que c'est un sacrement très important.

Pourquoi est-ce un sacrement très important ?

C'est le sacrement qui nous rend forts, qui va nous donner toujours la force et le courage.
Nous en besoin pour rester de vrais amis de Jésus, pour vivre toujours comme de bons enfants de Dieu.

Dieu est Amour (1 Jn 4, 16)

Pour nous apprendre à aimer comme Il aime Lui-même, Il nous donne son Esprit d'amour.
C'est aussi l'Esprit de vérité qui nous aide à toujours préférer la vérité au mensonge.

Mais ce n'est pas toujours facile pour nous d'aimer comme Dieu aime, et de toujours dire la vérité plutôt que de mentir… ou, plus simplement, de dire des "demi-vérités" !

Pour nous aider, Dieu le Saint-Esprit met dans notre âme ses sept DONS.

Les sept Dons du Saint-Esprit

L'Esprit de Crainte de Dieu nous donne le désir de ne jamais déplaire à Dieu par le péché.

L'Esprit de Piété nous fait aimer Dieu comme notre Père du Ciel, avec une grande confiance, et chercher à Le faire aimer des autres.

L'esprit de Force nous aide à choisir l'effort plutôt que la facilité ou la lâcheté : "Je peux tout en Celui qui me fortifie." (Ph 4, 13). Avec l'aide du Saint Esprit, je peux tout, même les choses difficiles, comme d'aimer ce qui n'est pas naturellement aimable (par exemple, les caractères difficiles, des handicapés) ou d'avoir la patience de supporter ce qui nous est désagréable, simplement parce que le Bon Dieu le veut ou le permet.

L'Esprit de Science nous fait reconnaître le bien à faire, le mal à éviter, pour rester fidèles à Dieu.

L'Esprit de Conseil nous aide à choisir, parmi plusieurs choses possibles, ce qui plaît le plus à Dieu.

L'Esprit d'Intelligence nous fait comprendre et aimer au fond de notre coeur les grandes vérités de Dieu, qu'on ne peut comprendre que s'Il vit dans notre âme (si on est en état de grâce).

L'Esprit de Sagesse nous donne le goût des choses de Dieu, et unit notre âme à Dieu. C'est ce qui nous aide à penser comme Dieu pense, aimer comme Dieu aime, vouloir comme Dieu veut.

Il ne semble donc pas qu'il y ait grande difficulté à préparer de jeunes enfants (7 à 8 ans) au sacrement de Confirmation. Il semble, au contraire, qu'il y ait tout avantage pour eux, surtout dans le contexte actuel, de le recevoir sans attendre.

Demandons ardemment, pour ceux de nos enfants qui s'y préparent, cette grâce de vivre sous la motion de l'Esprit, avec le soutien de sa force : n'est-ce pas Lui - et Lui seul - qui fera d'eux les chrétiens du troisième millénaire ?


 

EN ANNEXE

Confirmation et profession de foi : une confusion à éviter...

On a parfois tendance, de nos jours, à confondre "confirmation" et "profession de foi".

Or, cette confusion risque d'être très préjudiciable. Essayons de préciser les choses.

- La Confirmation est un sacrement, un cadeau que l'on reçoit de Dieu, "une grâce d'élection gratuite et imméritée" (CEC 1308). On ne "se" confirme pas soi-même.

- La Confirmation nous engage comme témoins du Christ.
L'engagement chrétien de la Confirmation est à comprendre comme celui de l'action au service du Seigneur, celui de la mission, du témoignage : si nous en devenons capables, c'est grâce au don que nous recevons de Dieu.

- La profession de foi n'est pas un sacrement. Elle est l'affirmation personnelle de la foi du jeune qui prend l'engagement de vivre selon la foi chrétienne, l'acte par lequel il renouvelle et reprend à son compte les promesses faites pour lui, à son baptême, par ses parrain et marraine (dans le cas où il a été baptisé dans sa petite enfance).

"Quant à l'aspect d'engagement personnel et de ratification lucide de la foi, si important dans la culture d'aujourd'hui, il ne faut pas le lier à la Confirmation qui est d'abord conclusion du baptême."
(Mgr. LÉONARD "Viens, Esprit Créateur", page 119 – Ed de l'Emmanuel)

Cela suppose même, continue Mgr Léonard, que l'on puisse attendre, pour la profession de foi, un âge plus avancé - entre 14 et 18 ans - afin de "respecter la vérité de l'engagement chrétien."(id.)


 

Conseil : un merveilleux petit livre sur les sept dons du Saint Esprit pour nos enfants (7 à 12 ans). Après le récit de la Pentecôte, chaque don y est expliqué par une histoire à raconter, pleine de fraîcheur.

Marie Dominique POINSENET - Les sept voiles de mon bateau (Ed. Desclée de Brouwer - 54 pages - Illustrations en couleurs - Format 15x18 - Réédité en 1996).


  Ensemble pour la Pentecôte - Page d'accueil - Index général (à confirmation)