Un très beau texte pour nous faire aimer le chapelet (écrit avant que Jean-Paul II ait proposé les mystères lumineux)

N’est-ce pas le Ciel lui-même qui nous a fourni toutes les prières du chapelet ?
Les Apôtres nous ont composé un solide résumé de notre foi. L’archange Gabriel et sainte Élisabeth nous ont appris à saluer et bénir Notre-Dame... Et la piété de l’Église a complété cette louange par la plus touchante des suppliques... Quant au “Pater”, il nous vient en droite ligne de l’Évangile : c’est le Fils de Dieu lui-même qui a pris la peine de nous l’enseigner.

(…) Sans hâte, les grains du chapelet défileront sous nos doigts, tandis que les yeux de notre foi regarderont Marie. Qu’elle est belle, cette Vierge que nous saluons avec joie !
Qu’il est secourable, ce “Refuge des pauvres pécheurs” que nous implorons avec confiance ! Nous nous abandonnons à sa maternité, tandis que Notre-Dame nous montre et nous donne son Fils.

Mystères du Rosaire, mystères de nos vies.
En parcourant ainsi pas à pas la vie du Christ et de sa Mère, nous pouvons y joindre également les événements particuliers de notre existence, les “mystères” propres à chacun de nous, pour que notre prière les pénètre et les divinise.

Contemplons-nous la Vierge des allégresses ?
A ses joies, rattachons les nôtres, nos grands et petits bonheurs, humains et surnaturels, tout ce qui nous fait rire et chanter, ce qui dilate nos cœurs, stricts et fermés trop souvent : le pépiement du moineau, par exemple, sur la vieille muraille..., le sourire du nouveau-né, I’éclosion d’une fleur de choix et celle aussi de l’enfant qui grandit en sagesse et en grâce, le “oui” timide des nouveaux époux, ce service reçu, ce sourire donné, cette soudaine rencontre avec l’ami lointain et ce retour à Dieu du prodigue égaré.
Car nous aussi, nous avons nos annonciations secrètes et nos visitations jubilantes, de lumineux noëls, I’offertoire de nos présentations et nos longs et laborieux recouvrements.
Plaisirs, satisfactions, exultations, qu’ils soient tous unis aux vôtres, Notre-Dame : Je vous salue, Marie !

A la Vierge de pitié, à la Mère des sept douleurs, apportons nos innombrables fardeaux, nos insupportables peines.
Voici la chair à vif des grands blessés, des grands brûlés, la terreur du condamné à mort qu’à l’aube on exécutera, la torture et le trépas à petit feu de tous les persécutés pour la justice.
Voici la souffrance des grands malades, le souffle de plus en plus court des agonisants, l’angoisse de l’esprit fourvoyé en ses propres ténèbres, la solitude désespérante du cœur abandonné, oublié ou trahi.
Et voici plus que tout, la honte de nos chutes !
L’amertume de nos larmes, la cendre de nos deuils, la boue de nos souillures : prenez-les avec votre souffrance, Madone du Stabat, et aidez-nous lors qu’il nous faut passer nous-mêmes par le Calvaire ou par Gethsémani : Je vous salue, Marie !

Aurons-nous quelques gloires à joindre à celle de l’Assomption ?... quelque victoire à présenter à Notre-Dame couronnée ? Tout n’est encore pour nous qu’espérance et promesse.
Nous le savons pourtant, nous sortirons de nos tombeaux au dernier jour du monde, le paradis déjà nous est acquis et réservé, si nous savons en accueillir la grâce.
Pour nous aider, I’Esprit de Dieu est notre force et notre Paraclet. Et vous-même, ô Marie, quand vous montez au ciel, nous sommes entraînés par l’odeur de vos baumes. vous nous seconderez ici-bas pour vaincre la Bête et la mort, sa compagne.
Par votre intercession, notre cheminement à tâtons s’achèvera en marche de victoire. Tout l’or de nos mystères glorieux repose entre vos mains, Reine du paradis : Je vous salue, Marie !

Ces grains ronds, sous nos doigts…
A Lourdes, lorsque Marie apparut à Bernadette, elle ne portait ni bague, ni collier, ni joyau, ni diadème, mais seulement un chapelet.
Prenons aussi le nôtre... Ces grains ronds sous nos doigts glisseront, nos lèvres et nos cœurs effeuillant les Ave.
Aux heures de Marie durant sa vie terrestre, nous unirons les nôtres, les heures douces et roses, les heures lentes et grises, les heures auréolées et triomphantes.
Très simplement, à Dieu qui aime les prières sans façon, à sa Mère, amie des tout-petits, nous dirons et redirons filialement les mêmes refrains d’amour, notre louange admirative, notre confiante imploration.
Dans la monotonie et la grisaille quotidiennes, comme aux instants graves et décisifs, au long des jours de notre vie, comme en celui de notre mort, inlassablement nous répéterons à Notre-Dame le même compliment, la même prière efficace.
Ce sera notre fleur, la rose au bord des eaux, que nous aurons fait éclore pour notre Mère. Et Marie sourira et Dieu nous bénira.

(Père Jean Ladame - Marie pleine de grâce. Éd. Saint-Paul)


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