Plan de cette étude :
- Découvrir le mystère de Marie dans la Sainte Écriture (Marie dans le plan divin, les prophéties, des figures pour l'annoncer, dans l'Évangile, les textes liturgiques appliqués à Marie)
- Sainteté parfaite de Marie
- Marie, Vierge et Mère (la virginité perpétuelle de Marie, la maternité divine).

Découvrir le mystère de Marie dans la Sainte Écriture

Marie dans le plan divin

Marie a été prédestinée par la Sagesse éternelle à la dignité incomparable de Mère de Dieu.
La Liturgie lui applique ces paroles de la Sainte Écriture :

Le Seigneur m'a possédée au commencement de ses voies.
Dès l'éternité, j'ai été établie... avant que la terre fût créée. (Pr 8, 22-23)

Je suis sortie de la bouche du Très-Haut ; je suis née avant toute créature...
Celui qui m'a créée a reposé dans mon tabernacle. (Si 24, 12)

Les prophéties…

Après le péché originel, Dieu promet la venue du Sauveur… :

Je mettrai une inimitié entre toi et la Femme, entre sa race et la tienne ;
elle te brisera la tête, et tu chercheras à la mordre au talon. (Gn 3, 15)

L'annonce de ce combat terrible entre la Femme et le démon est reprise, comme en écho,
par saint Jean, dans l'Apocalypse :

Il apparut dans le ciel un grand prodige : une femme, revêtue de soleil, ayant la lune sous
ses pieds et sur sa tête une couronne de douze étoiles. (Ap 12, 1)

La suite de ce texte, trop long à reproduire ici, relate toute cette lutte

700 ans avant J.C. cette promesse du Sauveur est renouvelée :

Voici que la Vierge concevra et enfantera un fils, et elle lui donnera le nom d'Emmanuel. (Is 7, 14)

Marie est annoncée encore à travers ces mots du Cantique des cantiques :

Quelle est celle-ci qui s'avance comme l'aurore naissante, belle comme la lune,
éclatante comme le soleil, terrible comme une armée rangée en bataille ? (Ct 6, 9)

Tu es toute belle, ô ma bien-aimée, et il n'y a pas de tache en toi. (Ct 4, 7)

Des figures pour l'annoncer

On trouve dans l'Ancien Testament de nombreuses figures de Marie : Ève, Sarah, Déborah, Judith, Esther… (cf. CEC 489) : parmi ces figures, l’une des plus parlantes est celle de Judith :

Le Seigneur t'a bénie dans sa force, car par toi il a réduit à rien nos ennemis.
O Femme, tu es bénie du Seigneur, plus que toutes les femmes de la terre.
Béni soit le Seigneur, créateur du ciel et de la terre,
qui a dirigé ta main pour trancher la tête de notre plus grand ennemi,
car il a aujourd'hui rendu ton nom si glorieux
que ta louange ne disparaîtra pas de la bouche des hommes,
qui se souviendront éternellement de la puissance du Seigneur :
car tu n'as pas épargné ta vie en voyant les souffrances et la détresse de ton peuple,
mais tu nous a sauvés de la ruine en présence de notre Dieu.
Tu es la gloire de Jérusalem, tu es la joie d'Israël, tu es l'honneur de notre peuple.
(Jdt 13, 22-25 et 15, 10)

Mais diverses images sont aussi des annonces de Marie :

le Paradis terrestre, jardin de délices du nouvel Adam ;
l'Arc en ciel, signe d'un pardon définitif ;
l'Échelle de Jacob, qui relie le ciel et la terre ;
l'Arche d' alliance, faite de bois incorruptible ;
la Verge d'Aaron, qui verdit d'elle-même et sans sève, et qui donne spontanément la fleur et le fruit de vie ;
d'autres images encore : la Toison de Gédéon, la Tour de David, le Temple, etc ...

Nous retrouvons dans les Litanies de la Sainte Vierge certaines de ces expressions, comme Arche d'Alliance, Tour de David : les relier à leur contexte historique permet de mieux en saisir le sens et la portée.

Dans l'Évangile

C'est enfin dans l'Évangile que nous la découvrons.
Avec le grand Archange, qui s'est incliné devant cette humble créature humaine, saluons Notre-Dame :

Je vous salue, pleine de grâce, le Seigneur est avec vous... (Lc 1, 28)

Ensuite, avec sainte Elisabeth :

…Vous êtes bénie entre les femmes, et le fruit de vos entrailles est béni. (Lc 1, 42)

Écoutons maintenant les quelques rares paroles de Marie que nous rapporte l'Évangile, et qui sont pour nous un enseignement des plus précieux :

A l'Annonciation : d'abord, prudente, elle se renseigne :

Comment cela se fera-t-il, puisque j'ai résolu de rester vierge. (Lc 1, 34)

Ensuite, elle donne son consentement :

Je suis la servante du Seigneur, qu'il me soit fait selon ta parole. (Lc 1, 38)

A la Visitation :

Magnificat ! Mon âme rend gloire au Seigneur,
et mon esprit exulte de joie en Dieu mon Sauveur...
Le Puissant a fait en moi de grandes choses : Saint est son Nom... (Lc 1, 46. 55)

Après avoir cherché son Fils pendant trois jours, elle Le retrouve au Temple :

Mon enfant, pourquoi nous as-tu fait cela ?
Vois, ton père et moi, tout affligés, nous te cherchions. (Lc 2, 48)

Présente aux Noces de Cana, elle intercède pour nous : Ils n'ont plus de vin (Jn 2, 3)

Elle nous laisse alors un message infiniment précieux : "Faites tout ce qu'Il vous dira." (Jn 2, 5)

Ensuite, nous n'entendrons plus la voix de Marie dans l'Évangile.

La Sainte Vierge, la plus sage de toutes les créatures, ne parle que six fois dans l'Évangile et, hormis le Magnificat où elle donne libre cours à son cœur parce qu'il s'agit de louer Dieu, elle le fait toujours très sobrement.
Et cependant, ses paroles ne constituent-elles pas, à elles seules, des "règles très parfaites de vie" ? Qui pourrait épuiser le sens de cette phrase "Voici la servante du Seigneur", ou de cette autre : "Faites tout ce qu'Il vous dira" ?
(Dom de MONLÉON. Les instruments de la perfection)

Mais ses silences aussi sont un enseignement, un modèle de silence et de contemplation :

Marie conservait avec soin tous ces souvenirs et les méditait en son cœur (Lc 2, 19)

Et Jésus, son Fils, dira d'elle :

Heureux ceux qui écoutent la parole de Dieu et qui la gardent. (Lc 11, 28)

Enfin, au Calvaire, elle ne dit rien, mais son attitude est éloquente : "Stabat Mater"...

Près de la croix se tenaient sa mère, la sœur de sa mère, et Marie-Madeleine.
Voyant sa mère, et près d'elle le disciple qu'il aimait,
Jésus dit à sa mère "Femme, voici ton fils".
Puis il dit au disciple :"voici ta mère".
Et, dès ce moment, le disciple la prit chez lui. (Jn 19, 25-27)

C'est au Calvaire que Jésus nous a donné Marie pour Mère.
Elle nous a enfantés dans la douleur, au pied de la Croix ; et c'est toujours dans la douleur qu'elle continue à nous porter, pour nous amener à son Fils.

Depuis le consentement apporté dans la foi à l'Annonciation et maintenu sans hésitation sous la Croix, la maternité de Marie s'étend désormais aux frères et sœurs de son Fils qui sont encore des pèlerins et qui sont en butte aux dangers et aux misères… (CEC 2674)

Après l'Ascension, Marie est au Cénacle, avec les apôtres, dans l'attente de la descente du Saint-Esprit au jour de la Pentecôte :

Tous, d'un même cœur, persévéraient dans la prière avec quelques femmes,
dont Marie, la Mère de Jésus, et avec ses frères. (Ac 1, 14)

C'est à la Pentecôte que Marie devient "Mère de l'Église".

Et pour prier sa sainte Mère, l'Église a voulu reprendre et prolonger la salutation de l'Ange et celle de sainte Élisabeth. Après les avoir réunies en une première partie, l'Eglise a rajouté la seconde :

Je vous salue Marie, pleine de grâce, le Seigneur est avec vous.
Vous êtes bénie entre toutes les femmes,
et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni.

Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous, pauvres pécheurs,
maintenant et à l'heure de notre mort. Amen.

Les textes liturgiques appliqués à Marie

Certains textes de la Sainte Ecriture, qui concernent d'abord la Sagesse Éternelle, sont repris par l'Église dans la Liturgie, pour les attribuer à la Très Sainte Vierge : ils expriment merveilleusement son rôle de "Mère et Maîtresse" de nos âmes pour nous enseigner et nous conduire à son Fils :

Venez, écoutez, vous tous qui craignez Dieu,
et je vous raconterai tout ce que le Seigneur a fait pour mon âme. (Ps 65, 16)

Je suis la Mère du Bel Amour et de la crainte, de la science et de la sainte espérance.
En moi, toute la grâce de la voie et de la vérité, en moi toute l'espérance de la vie et de la vertu.
Venez à moi, vous tous qui me désirez, et rassasiez-vous de mes fruits...
Celui qui m'écoute n'aura jamais de confusion, et ceux qui agissent par moi, ne pècheront point.
Ceux qui me font connaître auront la vie éternelle. (Si 24, 23-31)

Maintenant, mes fils, écoutez-moi : heureux ceux qui gardent mes voies.
Ecoutez mes instructions et soyez sages, et ne les rejetez pas.
Heureux l'homme qui m'écoute et qui veille tous les jours à ma porte.
Celui qui me trouvera, trouvera la Vie ; et puisera le salut dans le Seigneur. (Pr 8, 32-35)

Venez, mes enfants, écoutez-moi : je vous apprendrai à aimer le Seigneur. (Ps 33, 12)

Sainteté parfaite de Marie

Dieu a fait un assemblage de toutes les eaux, qu'il a nommé la mer ;
Il a fait un assemblage de toutes les grâces, qu'Il a appelé Marie.
(saint Louis-Marie Grignion de Montfort. Traité de la vraie dévotion à la Sainte Vierge § 23)

Marie, ayant été par le privilège unique de l'Immaculée Conception préservée du péché originel, se trouva dans la même situation qu'Adam et Ève avant le péché :

- créée dans l'état d'innocence,
- enrichie de tous les dons surnaturels et de toutes les vertus qui accompagnent cet état de pureté,
- affranchie de l'ignorance et de la concupiscence.

Elle ne demeura assujettie qu'à la souffrance et à la mort (les Orientaux parlent plutôt de sa "dormition").
Destinée à être la Mère de Dieu et à lui être intimement unie, Marie reçut une telle plénitude de grâce sanctifiante qu'elle est sous ce rapport à une hauteur infiniment au-dessus de tous les anges et de tous les saints.

Mais, à la différence de nos premiers parents, Marie répondit toujours à l'amour de Dieu par une fidélité inaltérable et se porta tout entière vers Dieu par une charité parfaite.
Son obéissance très fidèle aux inspirations de la grâce actuelle la fit grandir sans cesse, jusqu'à sa mort, dans la perfection et dans la grâce :

Le sentier des justes est comme une lumière brillante, qui s'avance et qui croît jusqu'au jour parfait. (Pr 4, 18)

De ce fait, la foi de l'Église affirme que, par un privilège spécial de Dieu, qui la confirma en grâce, la très Sainte Vierge Marie ne commit jamais aucun péché, et s'éleva au plus haut degré de sainteté.

Tu es toute belle, mon, amie, et il n'y a pas de tache en toi ! (Ct 7)

Pour l'honneur du Seigneur, qu'il ne soit jamais question de la Vierge Marie quand il s'agit du péché.
(saint Augustin.)

Tous les actes de Marie étant accomplis librement, sous l'impulsion de la grâce actuelle, et inspirés par un amour parfait, la moindre de ses actions avait aux yeux de Dieu un prix que Lui seul connaît.

Cette "sainteté éclatante absolument unique dont elle est enrichie dès le premier instant de sa conception" (LG 56) lui vient tout entière du Christ : elle est "rachetée de façon éminente en considération des mérites de son Fils" (LG 53).
Plus que tout autre personne créée, le Père l'a "bénie par toutes sortes de bénédictions spirituelles, aux cieux, dans le Christ" (Ep 1, 3). Il l'a "élue en Lui, dès avant la fondation du monde, pour être sainte et immaculée en sa présence, dans l'amour"
(cf Ep 1, 4) (CEC 492)

Marie, Vierge et Mère

La virginité perpétuelle de Marie

Comment cela se fera-t-il, puisque j'ai résolu de rester vierge ?
L'Ange lui répondit : L'Esprit-Saint viendra sur toi,
et la puissance du Très-Haut te couvrira de son ombre. (Lc 1, 34-35)

Alors que Marie était fiancée à Joseph,
il se trouva qu'avant qu'ils n'aient habité ensemble, elle conçut du Saint-Esprit. (Mt 1,18)

Marie est demeurée vierge avant, pendant et après son enfantement : l'Église, interprète infaillible de la Tradition, a défini comme vérité de FOI la virginité perpétuelle de Marie, dès 533, au concile de Constantinople, et au concile de Latran, en 649.

Dès les premières formulations de la foi, l'Église a confessé que Jésus a été conçu par la seule puissance du saint Esprit dans le sein de la Vierge Marie, affirmant aussi l'aspect corporel de cet événement : Jésus a été conçu "de l'Esprit Saint sans semence virile" (concile du Latran 649). Les Pères voient dans la conception virginale le signe que c'est vraiment le Fils de Dieu qui est venu dans une humanité comme la nôtre. (CEC 496)

La maternité divine

La maternité divine est la raison de toutes les autres prérogatives de Marie : elle explique

sa Conception Immaculée,
sa sainteté parfaite,
sa virginité perpétuelle,
son Assomption,
et ses titres par rapport à nous : Médiatrice, Avocate, Mère.

La maternité divine donne à Marie une grandeur sans égale, qui laisse bien loin derrière elle toutes les autres grandeurs créées.

L'Église confesse ainsi que Jésus est inséparablement vrai Dieu et vrai homme. Il est vraiment le Fils de Dieu qui s'est fait homme, notre frère, et cela sans cesser d'être Dieu, notre Seigneur. (CEC 469)

Marie est vraiment mère de Dieu, parce qu'elle a enfanté Jésus-Christ, homme parfait et Dieu parfait. Cette vérité de foi a été définie par le Concile d'Éphèse (431) pour condamner l'hérésie de Nestorius, qui soutenait qu'en Jésus-Christ il y a deux personnes, l'une humaine et l'autre divine, et que la Sainte Vierge étant seulement la mère de la personne humaine, ne doit pas être appelée Mère de Dieu.

Le Concile d'Éphèse a proclamé en 431 que Marie est devenue en toute vérité Mère de Dieu par la conception humaine du fils de Dieu dans son sein : "Mère de Dieu, non pas parce que le Verbe de Dieu a tiré d'elle sa nature divine, mais parce que c'est d'elle qu'il tient le corps sacré doté d'une âme rationnelle : uni à ce corps, en sa personne, Le Verbe est dit naître selon la chair." (CEC 466)

Cette affirmation de l'Église est fondée sur la Sainte Écriture :

La Vierge concevra et enfantera un fils, qui sera appelé "Emmanuel"...(Is 7, 14), c'est-à-dire "Dieu avec nous" (Mt 1, 23)

L'être saint qui naîtra de toi sera appelé Fils de Dieu. (Lc 1, 35)

Comment m'est-il donné que la mère de mon Seigneur vienne à moi ? (Lc 1, 43)

C'est par la très Sainte Vierge que Jésus-Christ est venu au monde, et c'est aussi par elle qu'Il doit régner dans le monde.
(saint Louis-Marie Grignion de Monfort Traité de la vraie dévotion à la Sainte Vierge § 1)


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