Pour faire vivre à nos enfants le temps pascal, plusieurs points à développer, progressivement, suivant l'âge :
   - dans la prière, contempler le mystère de la Résurrection
   - un enseignement
   - la vie liturgique
   - une manière de vivre.

Dans la prière, contempler le mystère de la Résurrection


A quel âge peut-on leur parler de la Résurrection ?

Certains penseront peut-être que cette question est beaucoup trop difficile pour des petits : comment leur "expliquer" ? Ne vaut-il pas mieux attendre plus tard ?
Ce serait méconnaître la grande capacité des tout-petits à saisir le mystère : ils sont plus près que nous des réalités invisibles et, par suite, plus réceptifs au "mystère".

Avant l'âge de raison, nous l'avons dit souvent, ils ont simplement besoin d'affirmations, mais nettes, précises, et surtout fondées sur notre propre foi, notre propre certitude. Sinon, ça ne passera pas...

Le fait proprement dit de la Résurrection ne pose donc pas de problème à de jeunes enfants : Dieu peut tout.
Il nous suffira donc d'affirmer simplement le "fait" de la Résurrection :

« Jésus n'est pas resté mort. Parce qu'Il est Dieu, Il a "repris sa Vie" : Il est ressuscité. »

Jésus est Dieu : chaque événement de sa vie est l'occasion d'affirmer sa divinité. N'y manquons surtout pas : c'est ainsi que nous enracinerons fermement, pour la vie entière, la foi dans l'âme de nos enfants.

La Résurrection de Jésus est le fondement de notre Foi.
Cette affirmation "Jésus est ressuscité", pourra être complétée utilement par un autre moyen : la liturgie
qui, tout au long de la semaine pascale, nous donne le récit des différentes apparitions.

Ne laissons pas ces trésors enfouis :à notre tour, racontons-les à nos enfants.
Rien de plus tonique pour leur âme que ce "goutte à goutte" liturgique.

On peut donc sans aucune difficulté commencer, dès 3 ou 4 ans, à leur faire le récit des apparitions.
(Voir le document "Raconter Pâques à nos enfants" 561)

C'est de cette manière, par la contemplation des apparitions, que nous les ferons participer à cette immense joie pascale.

Vous trouverez ces récits dans votre missel. Ou encore, plus particulièrement mis à la portée des enfants : "Jésus est Dieu, le Pain des petits" (TEQUI) – La Miche de pain (ELOR)

Contempler le mystère

Devant "l'événement" de la Résurrection, nous sommes, humainement, totalement dépassés.
Nous ne pouvons pas "comprendre" : nous ne pouvons, comme les Apôtres, que constater l'évidence :

Jésus, qui était mort, est là devant eux, debout, vivant ; Il mange avec eux,
Il leur parle, les réconforte et les apaise ...

Pour saisir le mystère de la Résurrection, pour le percevoir, une seule attitude convient : la contemplation

Savons-nous contempler ?

Contempler, c'est se laisser complètement absorber par l'observation attentive de quelqu'un ou de quelque chose, avec un sentiment d'admiration, d'émerveillement, ou même de ravissement (= être emporté au-dessus de soi-même).

Ainsi, dans l'ordre naturel, la contemplation d'une fleur, d'un beau paysage, d'un bébé qui dort...

Au sens religieux, la contemplation va beaucoup plus loin : c'est la communion de l'âme avec Dieu.

En effet, la contemplation de Dieu ou des choses divines est bien de nature à nous transporter au-dessus de nous-mêmes.

Seule, la prière contemplative peut nous donner accès au mystère, ce qui reste le "secret de Dieu".
C'est une attitude de Foi.

Regardons donc, des yeux de notre âme, la splendeur du Ressuscité.

Suivons-Le dans chacune de Ses apparitions à ses amis, évoquées au cours de la Semaine de Pâques, à l'Évangile de chaque jour. Toutes ces scènes sont merveilleuses de fraîcheur, de simplicité, de douceur, pleines d'une familiarité respectueuse. Jésus, notre Dieu, vient consoler ses amis après l'épreuve, réconforter leur foi qui avait faibli, achever de les préparer à leur mission future.

Ne laissons pas nos enfants passer à côté de ces merveilles sans les y associer : en cette semaine de Pâques, on peut lire à la prière du soir l'évangile du jour, ou même certaines lectures que l'on peut mettre à leur portée. Les questions ou commentaires ne tarderont pas à suivre.

Mieux que nous, les enfants savent contempler

Peut-être parce qu'ils se savent petits ? ... Sachons tirer parti de cette précieuse faculté d'admiration, d'émerveillement.

- Une belle image
Pour soutenir leur attention, mettons sous leurs yeux, au coin-prière, une belle image du Christ ressuscité :
une reproduction de tableau, par exemple,
ou celle que vous trouverez à la page 53 de votre livret : En chemin vers Pâques.

- Un temps de silence
 Avant de commencer le récit d'une apparition, il est recommandé de les mettre en état d'écoute : prenons soin d'établir le calme par quelques instants de silence.
Puis, après le récit, de nouveau, quelques instants de contemplation en silence : on revoit, des yeux de l'âme, la scène que nous venons d'évoquer.
On imagine Jésus présent au milieu de ses amis, Il leur parle, Il agit.

- Laisser ensuite les questions venir… et y répondre, (à voix douce et recueillie)
ou, au contraire, laisser l'enfant, s'il le désire, prolonger son silence : laisser la grâce agir en son âme...

Et demandons à Notre-Dame de nous guider dans cette contemplation du mystère pascal.

Mais nos enfants grandissent vite : dès 6/7 ans, cette toute première formation aura besoin d'être complétée.

Un enseignement

La Résurrection : l'événement le plus important de toute l'histoire

Dans l'esprit des enfants, bien souvent, la grande fête de l'année, c'est Noël. C'est à nous de leur montrer que la fête de Pâques est plus grande encore :

• à Noël, Jésus vient pour nous sauver : Il EST le Sauveur.
Noël nous apporte la promesse de la Rédemption, mais elle n'est pas encore réalisée.

• à Pâques, l'ACTE de la Rédemption est accompli : nous sommes effectivement sauvés.

C'est toute la différence qu'il y a entre "l'être" et "l'agir".

Ce qui donne son sens à toute l'histoire du monde et qui restaure l'ordre dans l'univers, y compris en chacun d'entre nous, c'est la Résurrection du Christ. D'où cette joie immense qui jaillit de toute la liturgie pascale.

Et cette joie doit également transparaître, rayonner dans notre vie familiale, notamment à travers notre vie de prière. Mais, comme nous ne sommes pas "désincarnés", la valeur spirituelle de cette joie de Pâques demande aussi à être "concrétisée" :

nous aurons soin de donner à cette journée de Pâques son aspect de fête, que la JOIE se traduise dans la maison par les détails matériels de circonstance : un repas soigné, des fleurs, les œufs décorés de Pâques, ou les friandises, cachés dans le jardin... En Alsace, le lièvre remplace la poule ou les cloches en chocolat…Tout cela, bien sûr, devant rester subordonné à l'Essentiel.

C'est ainsi que les enfants pourront comprendre toute la grandeur de la fête de la Résurrection.

Ne jamais dissocier Passion et Résurrection

Mais la Résurrection ne peut - ne doit - jamais être séparée de la Passion qui la précède : Jésus nous a sauvés en mourant ET en ressuscitant. Lui-même l'a toujours annoncé dans ce sens :

"Le Fils de l'Homme va être livré aux mains des hommes :
 ils Le mettront à mort et trois jours après sa mort, Il ressuscitera. (Mc 9, 31)

Message si étrange, si impensable que - l'évangile prend soin de le dire à chaque fois - les apôtres "ne comprenaient rien à ce langage"...

Ce point est important à préciser en un temps où, trop souvent, la tendance est de "passer" très vite sur le temps de la souffrance et de la Passion - voire l'occulter complètement - pour ne parler que de la joie de la Résurrection. Ce serait là fausser gravement le message.

La Résurrection, victoire définitive de la Vie sur la Mort

Pour ancrer cette grande vérité de notre foi dans le cœur de nos enfants, appuyons-nous sur les textes de la Sainte Écriture et de la liturgie pascale.

J'ai le pouvoir de donner ma vie et J'ai le pouvoir de la reprendre. (Jn 10, 18)

Je suis le Premier et le Dernier, le Vivant.
J'ai été mort, mais Me voici vivant pour les éternités d'éternités,
et Je détiens les clefs de la mort et de l'enfer. (Ap 1, 18)

Le Christ ressuscité ne meurt plus : la mort sur Lui n'a plus de pouvoir. (Rm 6, 9)

Ces paroles divines sont en elles-mêmes porteuses d'une puissance qui pénètre l'âme et la forme d'une manière infiniment plus forte que tous nos discours.

La vie liturgique

La veillée pascale et le renouvellement des promesses de notre baptême

La veillée pascale est un moment unique dans l'année, d'une grande importance pour notre vie spirituelle : c'est là, en effet, que chaque année, nous avons l'occasion de renouveler les promesses de notre baptême.

Voir le document : Nos enfants et leur vie de baptisés   

L'Église y attache une si grande importance qu'elle nous accorde à cette occasion une indulgence plénière, c'est-à-dire la remise totale de toutes nos fautes : nous nous retrouvons donc avec la même pureté d'âme qu'au jour de notre baptême !
C'est dire quelles grandes grâces sont attachées à cette cérémonie.

Dès que nos enfants sont assez grands, n'hésitons pas à les emmener à la Veillée pascale : préparons-la auparavant avec eux, éveillons en eux le désir de recevoir toutes les grâces qui y sont attachées.

C'est ainsi qu'ils pourront le mieux entrer dans ce mystère pascal de "mort et résurrection".

Une manière de vivre

Participer de tout son cœur à la liturgie ne suffirait pas sans la volonté de vivre dans le concret en s'appliquant à mettre en pratique, dans notre vie quotidienne, ce bel idéal du temps pascal :
"vivre comme des ressuscités".

La grâce propre au temps pascal : "mourir au péché, vivre pour Dieu." (Rm 6, 11)

Par sa Mort, Jésus nous a libérés du mal, Il nous a obtenu la force d'y résister : c'est "mourir au péché".

Et, par sa Résurrection, Il nous donne maintenant d'être capables (si nous le voulons) de "vivre pour Dieu", dans le bien et la justice : "rechercher les choses d'En-Haut, non celles de la terre." (Col 3, 1-3)

Tels sont les deux points que même les enfants peuvent très bien comprendre :

- La grâce propre au temps pascal est de nous "renouveler" : nous donner la force de nous détourner du mal (mourir au péché) et de choisir le bien (vivre pour Dieu).

- Cette force nous est donnée par Jésus, elle ne vient pas de nous : "Sans Moi, vous ne pouvez rien faire" (Jn 15, 5)

Apprenons donc à nous appuyer, non pas sur nos forces (toujours bien faibles…), mais sur celles que Jésus nous donne, en particulier par les sacrements et la prière.

Le vrai chrétien est celui qui a soin de garder la Parole de Dieu et de la mettre en pratique (Jn 14, 23) :

Soyez parfaits, comme votre Père du Ciel est parfait... (Mt 5, 48)

Aimez-vous les uns les autres... (Jn 15, 12)

Tout ce que vous aimeriez qu'on vous fasse, faites-le aux autres... (Mt 7, 12)

Préserve ta langue du mal. Eloigne-toi du mal et fais le bien ;
recherche la paix et poursuis-la. (Ps 33, 13-16)

Ne rendez à personne le mal pour le mal... Ne vous vengez pas vous-mêmes...
Ne te laisse pas vaincre par le mal, sois vainqueur du mal par le bien. (Rm 12, 17, 21)

Là ou il y a jalousie et dispute, il y a aussi du désordre et toute sorte de mal. (Jc 3, 14)

Supportez-vous les uns les autres, et pardonnez-vous... (Col 3, 13)

Bien évidemment, cette formation morale n'est pas exclusivement réservée au temps de Pâques...
C'est jour après jour, tout au long de l'année, qu'elle doit se faire.

Mais c'est dans le mystère de Pâques que cette formation prend sa source et sa force, à l'image du printemps où la nature, elle aussi, reprend vie et se renouvelle.

Profitons donc de "l'opportunité" liturgique, de ce "temps fort", pour relier dans le cœur de nos enfants les bases de la vie morale chrétienne à la vie d'union à Jésus.


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Donner très tôt aux enfants le sens du mystère
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