La période de l'été est marquée par la grande fête de l'Assomption : la Sainte Vierge a été élevée avec son corps à la gloire du Ciel. Chaque 15 août, nous fêtons celle qui fut "l'aurore avant le soleil". Profitons de ce temps de vacances pour méditer dans l'Évangile la présence discrète et humble de Marie, à travers les six paroles qu'elle y a dites. Sa présence guidera notre été, notre vie.

Dans l'Évangile, la Sainte Vierge n'a parlé que six fois : c'est peu... Mais c'est assez pour nous permettre de nous imprégner de son exemple. Lisons donc doucement ses paroles comme si c'était à chacun de nous qu'elle parlait. 
Sa présence guidera toute notre vie...

PREMIÈRE PAROLE

Comment cela se fera-t-il, puisque je ne connais point d'homme ? (Lc 1, 34)

Cette parole se situe dans le récit de l'Annonciation après que l'ange ait annoncé à Marie qu'elle enfantera le Fils du Très-Haut. 
Contrairement à ce qu'on pourrait croire, cette phrase n'est pas un reproche, mais une réserve. 
Marie a fait vœu de virginité : par là même, elle a renoncé à la maternité. 
Sa question exprime une totale fidélité à son vœu, mais aussi le souci et le désir de collaborer pleinement à la volonté de Dieu, sans y mettre aucun obstacle. L'ange la rassure : Dieu a agréé son vœu de virginité, et sa maternité se fera par la puissance du Très-Haut (Lc 1, 35).

Cette première parole de Marie est une invitation à nous présenter devant Dieu, nous aussi, avec cette même question : comment, dans ma vie, mieux collaborer à la volonté du Seigneur pour qu'elle se réalise complètement ?

Dieu nous appelle, chacun personnellement, à la prière, à telle ou telle forme d'apostolat. 
Mais tant de fois, nous nous dérobons !... 
C'est maintenant le moment de dire ou de réaffirmer au Seigneur, dans le plus profond de notre cœur, nos promesses concrètes pour œuvrer, à l'exemple de Marie, au Règne de Dieu.

DEUXIÈME PAROLE

Je suis la servante du Seigneur, qu'il m'advienne selon ta parole. (Lc 1, 38)

Cette phrase termine le dialogue de l'Annonciation. 
Face à la mission qui l'attend, Marie ne met aucune condition : elle est toute offrande, obéissance, abandon, confiance. 
Elle se donne entièrement et librement, même si elle sait que ce sera au prix de beaucoup de sacrifices. 
Le "oui" de Marie vient changer l'humanité.

L'attitude de Marie nous invite à nous poser la question : est ce que je suis bien, moi, "la servante du Seigneur "? (ou son serviteur…)

Être au service du Seigneur, c'est se rendre disponible à Dieu par la prière, mais aussi aux autres : à son mari, à sa femme, à ses enfants, à ses parents, à ses amis... et jusqu'aux plus démunis. 
Cette disponibilité est réelle quand elle est régulière, joyeuse et humble. 
A chacun de prendre des résolutions concrètes et compatibles avec son état de vie.

TROISIÈME PAROLE

Le Magnificat. (Lc 1, 46)

Ce chant de Marie est la réponse à la salutation d'Elisabeth lorsqu'elle rend visite à sa cousine.
C'est dans ce passage d'évangile que Marie parle le plus longuement : elle chante les merveilles de Dieu. 
La personne entière de Marie devient un cantique vivant qui exalte le Seigneur.

Nous pouvons aussi chanter ce cantique en nous demandant : quelles sont les merveilles que Dieu m'a données ? 
Est ce que nous pensons à louer Dieu pour toutes les merveilles qu'Il nous donne ? 
Parfois notre orgueil, notre égoïsme ou notre pessimisme nous empêchent de voir la bonté de Dieu dans notre vie.

Ayons donc la simplicité de dresser une liste de toutes ces merveilles : notre environnement familial, professionnel, nos activités, nos loisirs... Et chantons au Seigneur notre Magnificat !
Apprenons aussi, mais oui, à remercier le Seigneur dans nos difficultés, nos épreuves : quelle paix, alors, dans l'âme ! 
N'oublions pas non plus de remercier pour toutes les grâces reçues (sacrements, retraites, rencontres...)

QUATRIÈME PAROLE

Mon enfant, pourquoi nous as-tu fait cela ? Vois ! Ton père et moi, nous te cherchions, angoissés. (Lc 2, 48)

Au cours de leur pèlerinage à Jérusalem, Marie et Joseph perdent Jésus. Ce n'est qu'au bout de trois jours qu'ils le retrouvent parmi les docteurs de la Loi.

La réaction de Marie est normale : quel parent, au cœur aimant, ne s'inquiéterait dans une telle circonstance ? Mais lorsqu'il s'agit du trésor confié à Marie et Joseph, combien plus encore ?

La vigilance et la bienveillance de Marie sont pour nous l'exemple de l'attitude à avoir nous-mêmes, parents, envers les trésors que Dieu nous a confiés.
Est ce que nous nous préoccupons assez de chacun de nos enfants ? De ce qu'ils sont, de ce qu'ils font, de ce qu'ils ont ou n'ont pas ? De leurs amis, de leurs loisirs, de leurs lectures, de leurs joies et de leurs soucis...?

Veillons à prendre assez de temps pour parler avec nos enfants, les écouter. Soyons-leur attentifs, ne manquons de prendre avec chacun un temps particulier : lecture, jeu, visite, discussion... 
En particulier au moment des vacances. où eux-mêmes sont souvent mieux disposés à entendre nos conseils. Vivons cette période comme un temps de retrouvailles. Quand Joseph et Marie retrouvent Jésus, l'Évangile nous dit qu'ils furent saisis d'émotion. Nous aussi, soyons émus par nos enfants !

CINQUIÈME PAROLE

Ils n'ont plus de vin. (Jean 2, 3)

Jésus est invité à un mariage à Cana avec sa mère et ses disciples. Le vin vient à manquer.
Cette phrase courte, apparemment anodine, dénote chez Marie son sens de l'observation et sa grande charité. Elle aurait pu ne rien dire : ce n'est pas elle la maîtresse de maison. Peu lui importe ; elle regarde autour d'elle et voit qu'il manque quelque chose. 
Sa charité devient active : elle expose à son Fils le problème, car elle sait qu'Il a la puissance de le résoudre.

Avons-nous ce même sens de l'observation ? Avons-nous le désir de faire naître une harmonie paisible autour de nous ? Même dans les plus petits détails ?

Le comportement de Marie nous invite à avoir cette même attitude fine, délicate, discrète, ingénieuse. 
Les exemples dans notre vie quotidienne ne manquent pas pour contribuer au bien-être des autres : 
- ranger les petites choses qui traînent, discrètement, sans rien dire - ni surtout sans "râler" ! - s'assurer qu'il ne manque rien à table, - se lever à la place de quelqu'un d'autre, - faire un sourire au moment opportun...

SIXIÈME PAROLE

Tout ce qu'Il vous dira, faites-le. (Jean 2, 5)

Marie s'adresse là aux serviteurs du mariage. Mais c'est aussi à nous qu'elle adresse ce grand conseil.
Marie est la seule femme qui ait toujours été totalement fidèle à la volonté de Dieu. 
Elle est aussi la première à avoir pu dire de telles paroles.

Nous ne pouvons qu'être remplis d'admiration pour la confiance totale de Marie en son Fils.
Est ce que nous avons confiance en Dieu ? En toutes circonstances ? Dans les joies et les difficultés ?

Sachons dire merci pour les joies, demander courage pour les peines et recevoir le pardon de Dieu pour tous nos manquements d'amour.
Et surtout, demandons à Marie de nous obtenir la grâce d'une entière confiance en Dieu, sans réserve, sans reprise - le total abandon... - et de faire tout ce que le Seigneur nous dira...


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