Convient-il de parler de la mort à de jeunes enfants ? Cette question est d'une grande importance. Elle est particulièrement délicate à traiter, c'est vrai. Mais ce n'est pas parce qu'elle nous trouve embarrassés que nous pouvons l'éluder ou l'escamoter...

 Convient-il de parler de la mort à de jeunes enfants ? Cette question est particulièrement délicate à traiter, c'est vrai ; mais ce n'est pas parce qu'elle nous trouve embarrassés que nous pouvons l'éluder ou l'escamoter : elle est fondamentale.
Taire aux enfants le message sur la mort, sous prétexte de ne pas les inquiéter, n'est-ce pas un manque de foi ?
La mort est une réalité : elle fait partie de notre vie.

Qu'on le veuille ou non, tôt ou tard le problème de la mort et de l’au-delà se posera un jour aux enfants. 
S'ils n'y ont pas été préparés par une approche progressive et délicate, la secousse, dans certains cas, risque d'être très dure et d'entraîner des blessures profondes et durables.

En effet, Dieu rappelle à Lui chacun de ses enfants au moment qu'Il choisit Lui-même. Et, pas plus que nous, les enfants ne sont "à l'abri" d'une mort imprévue... et prématurée.

Sans attendre qu'un événement dramatique (qui reste toujours possible) ne vienne tout bouleverser dans la famille, ne vaut-il pas mieux aller au-devant de la question, par une première initiation en douceur, que l'on pourra faire dans un temps de calme, avec toute la délicatesse nécessaire pour aborder un sujet si douloureux, en l'adaptant bien sûr non seulement à l'âge de l'enfant, mais aussi à sa sensibilité propre.

Quelques directives générales

Ceci dit, comment nous y prendre ? Quelle ligne de conduite adopter ?

- Il ne faut pas à tout prix vouloir préserver le petit enfant des expériences diverses capables de l'aider peu à peu à affronter la mort (par exemple, la mort du poisson rouge…).

- respecter les questions posées par l'enfant

- choisir les mots à employer

- s'exprimer avec discrétion

- parler des morts comme étant toujours vivants. 
Ce n'est pas le culte du passé qui est à développer : il s'agit plutôt d'édifier dans la foi une communion de vie avec les défunts. On vit dans le présent en avançant vers l'avenir.

- créer une mentalité d'espérance.

Deux aspects à prendre en compte…

…Tout autant pour nous-mêmes que pour en parler à de jeunes enfants :

d'une part, au plan psychologique et humain, ce sentiment naturel d'horreur instinctive de la mort, que nous ne devons pas sous-estimer, surtout avec des sensibilités d'enfant qu'il faut éviter de heurter ;

d'autre part, au plan de la foi, cette vision chrétienne qui seule pourra transformer cette répulsion naturelle en perspective de lumière, en sentiment d'espérance, ce qui adoucit la peine naturelle que nous ressentons toujours, en nous appuyant sur cette idée de base : "Nous sommes sur cette terre pour nous préparer à la vie du Ciel".

"Il ne faut jamais oublier que nous ne sommes pas faits pour la terre. 
Lorsqu'une âme est arrivée au degré de perfection que Dieu a voulu pour elle, que ferait-elle ici-bas ? 
Le Bon Dieu la prend en son Paradis pour la garder à jamais avec ses Anges et ses Saints. 
Parce qu'Il nous aime, parce qu'Il est le Bon Dieu, Il veut nous faire partager son bonheur."
(Melle BASSET, son témoignage sur Anne de Guigné)

Premier enseignement sur les fins dernières

Non seulement nous devons leur parler de la mort, mais nous devons les instruire de ce qui nous attend après notre mort : l'enseignement sur les FINS DERNIÈRES mis à leur portée.

Il ne suffit pas pour cela d'attendre que les enfants aient l'âge du catéchisme. C'est nettement plus tôt qu'il convient de les "familiariser" avec la pensée de la mort…

La catéchèse qui traite des fins dernières doit être donnée, d'une part sous le signe de la consolation, de l'espérance et de la crainte salutaire (cf. 1 Th 4, 18), dont nos contemporains ont tant besoin, mais que, d'autre part, on le fasse de façon pleinement conforme à la vérité. 
Il n'est pas permis, en effet, de minimiser la grave responsabilité qui revient à chacun en ce qui concerne sa destinée future. 
La catéchèse ne peut passer sous silence ni le jugement de chaque homme après la mort, 
ni les peines expiatoires du Purgatoire, ni la triste et douloureuse réalité de la mort éternelle, 
ni le jugement final. (Directoire Général de Catéchèse 1971 § 69)

La catéchèse doit nécessairement proposer le message chrétien dans son intégrité.
(Directoire Général de Catéchèse 1971 § 38 – 1998 § 111-112)

La mort, c'est le moyen de rencontrer Dieu

"Je veux voir Dieu, et pour Le voir, il faut mourir". (sainte Thérèse de l'Enfant Jésus)

Le meilleur chemin pour familiariser les enfants avec l'idée de la mort, c'est de la leur présenter comme le moyen de la rencontre avec Dieu : lorsqu'on aime Dieu, on n'a pas peur de la mort.

Il importe alors d'apprendre à la regarder en face, sereinement, située à sa place dans le plan divin : c'est de cette manière que l'on pourra le mieux s'y préparer.

Être prêt : se préparer, tous les jours, à cette rencontre avec Dieu. 
Il est très important de situer très tôt les enfants dans cette perspective juste.

Présentée de cette manière, nous nous apercevrons alors que les enfants "absorbent" le plus souvent cette réalité sans gros problème, passant sans peine du naturel au surnaturel : c'est qu'ils n'ont pas les mêmes préjugés que nous et leur sens du surnaturel est plus vivant que le nôtre ...

Le plus souvent, c'est un événement familial (la mort d'un grand-parent, par exemple) qui nous fournira l'occasion d'aborder cette question.

La prière pour les âmes du Purgatoire

A partir du départ d'êtres chers, nous leur apprendrons aussi à prier pour les mourants, et pour les âmes du Purgatoire.

La considération des défunts, au lendemain de la Toussaint, ne doit pas effacer sa note joyeuse. 
Il ne s'agit pas dire que tous nos défunts sont au ciel (nous n'en savons rien), mais de savoir qu'eux et nous marchons vers le même but : l'union à Dieu.
S'il y a eu des deuils dans l'année, il faut en faire particulièrement mention, ressortir les photos. Si les disparitions sont plus anciennes, mentionner au moins les prénoms.
Il ne faut pas non plus laisser perdre la coutume des visites au cimetière, manifestant le lien concret avec la personne de nos frères défunts dont le corps et la semence d'éternité. 
Là, improviser une petite liturgie (Psaume 129, Notre Père, prière d'intercession).
(Père Michel GITTON. La prière en famille. Tequi 1996)

Prenons l'habitude, avec nos enfants, à la prière familiale, non seulement au mois de novembre, mais tout au long de l'année, d'avoir une pensée et de prier pour les défunts, ceux de la famille, ou des amis, mais aussi pour tant d'autres pour lesquels personne ne prie jamais…

L'exemple d'enfants déjà arrivés au Ciel

Un autre moyen de les familiariser avec l'idée de la mort sera de leur proposer les exemples de saints morts enfants, ou encore très jeunes : sainte Agnès, saint Louis de Gonzague, saint Dominique Savio, sainte Thérèse de l'Enfant Jésus, les bienheureux François et Jacinte de Fatima.
Ou encore cette petite Anne de Guigné qui n'osait pas dire à sa maman, pour ne pas lui faire de peine, qu'elle avait tant envie de mourir : Dieu l'a bien exaucée !

Ces exemples seront la meilleure formation pour leur faire désirer aller au ciel, eux aussi. Et les encourager à prendre les bons moyens pour s'y préparer.

Comment parler de la mort à des petits ? Exemple de conversation…

La mort restera toujours pour l'enfant quelque chose qu'il a beaucoup de mal à imaginer : c'est normal. Il jouit de la vie sans se rendre compte qu'il pourrait en être autrement. Il n'a donc aucune idée de ce que peut être la mort.

Aussi bien peut-on partir d'une expérience vécue par l'enfant : un petit oiseau mort, un chien mort, le poisson rouge qui a sauté du bocal, et qu'on retrouve par terre, inerte, sans vie : "c'est fini". 
Et l'on doit tristement mettre le poisson rouge à la poubelle, enterrer l'oiseau ou le chien...

"C'est fini." L'enfant comprend qu'il y a une disparition, une perte. 
Ces réalités quelquefois, vont même le secouer très fort dans sa sensibilité, et nous devrons être très attentifs à adoucir de notre mieux un gros chagrin...

Les circonstances familiales sont aussi parfois l'occasion pour l'enfant de se trouver en face de la mort, le décès d'un grand-parent, par exemple.

Il est facile alors de faire la distinction entre la mort du chien (il n'a pas, comme les hommes, une âme immortelle, tout est fini), et celle d'une personne : c'est son corps qui est mort parce que l'âme l'a quitté, mais à la fin du monde son corps ressuscitera, comme celui de Jésus, et nous pourrons nous retrouver au Ciel.

Les questions ne manqueront pas de se poser !

Les seules réponses réconfortantes sont celles que nous apporte la Foi

"Qu'est devenue Mamie ? Elle ne pourra plus bouger ? Où est-elle ?
Pourquoi ne peut-on plus la voir ? Et elle ne pourra plus nous faire des confitures ?... "

Non, Mamie ne pourra plus bouger, ni parler, ni rien faire : son CORPS est mort. 
Nous ne pourrons plus la voir sur la terre. C'est vrai qu'elle nous manque, c'est très triste de ne plus la voir.
Mais son AME est toujours vivante, elle n'est pas morte : elle est partie voir Dieu au Ciel, et nous la retrouverons plus tard, quand nous aussi nous serons morts et si nous aussi nous allons au Ciel.

Et que faut-il faire pour aller au Ciel ?

Tu le sais bien, il faut s'appliquer à ressembler à Jésus : être bon, faire tout ce qui est bien, obéir, se battre aussi contre nos défauts, même si on n'a pas envie de le faire, mais parce que le Bon Dieu le veut. C'est comme cela qu'on est un vrai enfant de Dieu. 
Et c'est comme cela qu'un jour Il nous appellera près de Lui, comme Mamie.

Est-ce que c'est sûr que Mamie est au Ciel ?

J'espère bien ! On peut l'espérer parce que Mamie aimait beaucoup le Bon Dieu. 
Mais on n'est jamais tout à fait sûr qu'une âme soit au Ciel, parce que, pour être reçu par Dieu au Ciel, pour rester près de Lui pour toujours, il faut être très, très pur, il faut que notre âme soit toute remplie de la lumière de Dieu, de son Amour.

Et si nous avons encore quelques restes de péchés (comme de la colère, de la gourmandise ou de la paresse...), il faut d'abord aller s'en purifier au Purgatoire.

Le Purgatoire ? Qu'est-ce que c'est ?

C'est un endroit où les âmes doivent souffrir, pour réparer toutes leurs fautes, si elles ne l'ont pas assez fait pendant leur vie sur la terre. 
Là, elles sont obligées de se débarrasser de leurs défauts, et elles sont même pressées de le faire, pour pouvoir enfin aller près du bon Dieu, où elles savent qu'elles seront très heureuses.

Aussi, ce que nous allons faire, nous allons beaucoup prier pour Mamie, pour que son âme puisse très vite aller au Ciel, si elle n'y est pas encore. 
C'est très important de beaucoup prier pour les morts : cela les aide à obtenir le pardon de toutes leurs fautes, et cela leur permet enfin d'aller auprès de Dieu, dans sa Lumière, pour toujours.

Au Ciel, Mamie sera toujours heureuse, toujours. Elle ne souffrira plus, elle n'aura plus jamais mal, mais elle sera toujours dans une grande, grande joie d'être près de Dieu. Près de Dieu, on est toujours bien.
Et là, c'est elle qui priera pour nous, elle nous protègera, même si nous ne la voyons pas.

Tu vois : c'est vrai que nous sommes très tristes d'avoir perdu Mamie, mais nous devons être heureux pour elle de son grand bonheur... Et du nôtre plus tard, quand ce sera notre tour.

Et ce sera quand ?

Cà, je ne peux pas te le dire ! Personne ne sait quand le Bon Dieu va le rappeler. Jésus nous l'a dit : "nul ne sait ni le jour, ni l'heure".
Il y a bien des gens qui meurent d'un accident de voiture : on ne le sait pas à l'avance.
On peut mourir demain matin, ou tout à l'heure, ou dans très, très longtemps.

Ce qui est important, c'est de vivre tous les jours comme des amis de Jésus, en cherchant à Lui ressembler : comme cela, on est toujours prêt, s'il nous appelle, comme le petit Samuel, tout de suite nous pourrons répondre : "me voici Seigneur".
Tu vois, il ne faut pas avoir peur de la mort : parce que c'est la porte du Ciel.

Est-ce que tout le monde va au ciel ?

Hélas ! Tout le monde y est invité… mais tout le monde ne répond pas comme il faut à l'invitation du Bon Dieu. (Ici, on peut très facilement raconter la parabole de la robe nuptiale : Mt 22 1, 14).

Il y a des gens qui refusent de croire ce que Dieu nous a dit, qui refusent de faire des efforts, ou des sacrifices, qui n'aiment pas Dieu. Etre les enfants de Dieu, cela ne les intéresse pas : crois-tu que Dieu voudra les prendre près de Lui ?....

Mais alors, ces gens qui n'ont pas voulu aimer le Bon Dieu, où vont-ils ?

Ils n'ont pas voulu de Dieu : Dieu ne veut pas d'eux au Ciel. 
Mais c'est eux qui ont choisi de ne pas y aller : ils n'ont pas voulu croire, ni aimer. Dieu va les punir.

Il y a un endroit qui s'appelle l'enfer, et c'est très triste. On y est toujours malheureux, on y souffre toujours et la plus grande souffrance, c'est d'être privé de Dieu. Et le pire pour ces pauvres âmes perdues, c'est de penser que c'est de leur faute.

Et si on prie pour eux, peut-être que Dieu voudra bien leur pardonner à la fin ?

Non, c'est TROP TARD. Dieu a été si bon pour nous tous, Il nous a envoyé son Fils, Jésus, pour nous sauver, Il a toujours bien voulu nous pardonner nos péchés tout le temps où nous sommes sur la terre. Mais après la mort, c'est terminé :

Tu vois comme c'est important de vivre toujours en état de grâce, 
dans l'amitié de Dieu, et de toujours être prêt à dire : "Me voici, Seigneur".

L'important pour cet âge est de rappeler que

Dieu sait tout, Dieu voit tout, 
qu'Il récompensera après la mort ceux qui L'ont aimé et qui ont fait du bien, 
et qu'Il punira ceux qui ont fait le mal.


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