À première vue, reconnaissons que cela peut paraître bien difficile et délicat. Pourtant, nous pouvons nous appuyer sur cette facilité étonnante qu'ont les petits, avant 6 ou 7 ans, à percevoir le mystère, l’Invisible. N'aurions-nous pas, quelquefois, tendance à sous-estimer les capacités spirituelles de nos petits ? Rappelons-nous que, avant l’âge de raison, ils sont naturellement contemplatifs. 

A nous de tirer parti de ces merveilleuses dispositions que Dieu a mises dans le cœur de ses tout-petits pour les attirer à Lui. Ces richesses spirituelles, il est très important de les exercer, les développer en leur temps : inutilisées, elles s’atrophieraient et disparaîtraient...

Étape préliminaire : le corps et l'esprit

Mais avant d'aborder un enseignement explicite sur le Saint Esprit, une préparation lointaine s'impose : un tel enseignement suppose qu'on ait d'abord parlé aux enfants du CORPS et de l'ESPRIT ; qu'ils aient pris conscience d'avoir eux-mêmes un corps et un esprit ; et que c'est leur esprit qui doit commander à leur corps.

Plusieurs étapes dans cette préparation :

(Cette formation est d'une importance capitale. Vous la trouverez détaillée de façon excellente, dans "Jésus est Dieu, le pain des petits" destiné aux 4-6 ans (leçons 3 et 4) éd. TÉQUI).

Dès l'âge de 4 ans, et même avant, l'enfant est capable de prendre conscience qu'il est corps et esprit : le CORPS, c'est ce qui se voit ; l'ESPRIT, ce qui ne se voit pas.

L’esprit ne se voit pas ; et pourtant c’est le plus important, puisque c’est lui qui doit commander au corps.

C'est le bon moment pour lui en faire prendre conscience et lui apprendre, grâce à quelques exercices concrets appropriés, à "commander à son corps".

Il y a des choses qu'on voit, d'autres qu'on ne voit pas

Cherchons des exemples…

Ce qu'on voit : tout ce qui est autour de nous : dans la maison, dans la rue, dans le jardin, au cours d'une promenade…Les objets, les fleurs, les animaux, les personnes…(exemples à l'infini !)

Ce qu'on ne voit pas : l'air, le vent, par exemple.
Comment savons-nous qu'il y a du vent ? J'entends une porte qui claque, je vois une voile sur la mer, un arbre renversé par la tempête : je sais que c'est le vent…

Mais le vent, je ne le vois pas, je ne peux pas le voir : pourtant, je sais que c'est bien lui qui a fait claquer la porte, qui fait avancer le bateau à voile, qui a renversé l'arbre.

Le corps se voit, l'esprit ne se voit pas

Regardons une personne : que voyons-nous ? Nous voyons sa tête, ses bras, ses jambes, son corps… (on peut détailler davantage : les yeux, les oreilles, etc.). Tout cela, c'est ce qu'on voit, ce qui est visible.

Mais ce que cette personne pense dans sa tête, est-ce que je peux le voir ? – Non. Cela, cela ne peut pas se voir, c'est invisible.

Ce que je vois de cette personne, c'est son CORPS.

Ce que je ne peux pas voir, qui est invisible, c'est son ESPRIT.

C'est donc par toute une série de “travaux pratiques” qu'un enfant va prendre conscience que c’est toujours son esprit qui doit commander à son corps.

La maîtrise de soi : apprendre à commander à son corps

Mais qu'est-ce qui est le plus important ? Est-ce le corps, qui se voit, ou l'esprit, qui ne se voit pas ?
Lorsque l'enfant a pris conscience de cette réalité, il est en mesure d'apprendre à commander à son corps. On commence par des gestes ponctuels :

je commande à ma main de s'ouvrir - de se fermer,
je commande à ma jambe de se plier - de s'étendre,
je commande à mes yeux de se fermer…
…jusqu'à ce que je leur commande de se rouvrir, etc.

Qui est-ce qui commande à mon corps ? C'est MOI, avec mon esprit : je peux lui faire faire ce que je VEUX.
C'est mon esprit qui commande à mon corps.

Regardons ce petit chat : c'est le chat de François. Comme il est mignon !
Est-ce que ce petit chat a un corps ? – Oui.

François est en train d'apprendre à lire, cela l'intéresse beaucoup et il veut apprendre ses lettres à son chat : est-ce que le petit chat va pouvoir apprendre à lire ? Non.

Est-ce que le petit chat peut parler pour dire ce qu'il pense ? – Non. - Pourquoi ?

– Parce que le petit chat n'a pas un esprit comme nous. Les animaux n'ont pas un esprit comme nous. Ils ont seulement un instinct. C'est son instinct qui fait courir le petit chat après la souris pour l'attraper.

Est-ce que le petit chat peut commander à son corps comme nous, nous le pouvons ? – Non. Pourquoi ?
Parce qu'il n'a pas un esprit pour commander à son corps.

Le plus important, c'est l'esprit.

Cette partie est à développer autant que nécessaire pour bien faire comprendre à l'enfant toute la différence qu'il y a entre un humain et un animal.

Dieu est Esprit : je ne peux pas Le voir

Dieu est Esprit, Il n’a pas de corps : c’est pourquoi on ne peut pas le voir.

Dans une autre leçon, en une autre occasion, notamment à propos du mystère de l’Incarnation, et à des enfants plus grands (6 ans), on expliquera que Jésus, c’est “Dieu qui a pris un corps” comme le nôtre, pour qu’on puisse Le voir et L’écouter.

Comment connaître Dieu si on ne Le voit pas ?

Dieu n’a pas de corps, et pourtant, nous pouvons Le connaître, même si nous ne Le voyons pas.

(Rappelons-le : à cet âge, de simples affirmations suffisent… à condition toutefois qu'elles soient fermement étayées sur notre foi personnelle)

Nous pouvons connaître Dieu à travers tout ce qu'Il a fait, puisque c'est Lui qui a créé le monde :
le ciel, la terre, les étoiles, les arbres… (on peut inviter les enfants à énumérer différents éléments de la Création).

Et puis, Dieu s'occupe de nous : Il nous voit et, surtout, Il nous aime, nous le savons bien. C'est Lui qui nous donne tout ce dont nous avons besoin.
Et nous pouvons penser à Lui, Lui dire qu'on L'aime, puisque nous sommes ses enfants.

Attentifs à la Présence de Dieu dans mon cœur

Pour des petits de 4 ou 5 ans, il s'agit surtout d'apprendre à être ATTENTIFS A LA PRÉSENCE DE DIEU en eux, par la grâce de leur Baptême. Puisque je suis enfant de Dieu, et pour Lui plaire, je dois faire ce qui est bien.

Par mon baptême, je suis devenu l’enfant de Dieu : Il est venu habiter dans mon âme.

Il est présent dans mon cœur, Il est toujours avec moi.

Est-ce que je pense quelquefois que Dieu est là, dans mon cœur ?

Je veux Le garder toujours dans mon âme, comme mon plus précieux trésor. Je peux Le prier, Lui parler au-dedans de moi.
Et parce que je suis enfant de Dieu, pour plaire à mon Père, je dois faire ce qui est bien. Ce n’est pas toujours facile, et je n’ai pas toujours envie.

Mais, justement, le Saint Esprit est là pour m’aider.

Le Saint Esprit

Le Saint Esprit, c'est Dieu qui me donne :

- de “bonnes idées dans ma tête”,

- la force et le courage pour le faire.

Nous retrouvons ici l'action du Saint-Esprit sur l'INTELLIGENCE (Lumière) et la VOLONTÉ (Force).

C'est le Saint-Esprit qui me donne la force de choisir d'obéir à Dieu, de faire ce qu’Il veut (et Il me parle par la bouche de mes parents).

Quand j’ai du mal à faire le bien, je penserai à Lui demander de me donner sa force, et Il m’aidera à bien faire :

Je peux tout en Celui qui me rend fort. (Ph 4, 13)

Je T'aime, Seigneur, Toi qui es ma force…
Quand je fais appel au Seigneur, je suis sauvé de tous mes ennemis. (Ps 17, 2. 4)

Ô ma force, vers Toi je regarde.
Oui, mon rempart, c'est Dieu ! Le Dieu de mon amour vient à moi…
Et moi, je chanterai ta force. Au matin, j'acclamerai ton amour.
Tu as été pour moi un rempart, un refuge au temps de ma détresse. (Ps 58, 11. 17)

Le récit de la Pentecôte

VÉRITÉ DE BASE :

Jésus avait promis à ses apôtres de leur envoyer le Saint Esprit, pour qu'ils soient forts
et puissent être ses témoins.

ATTITUDE D'AME :

Nous aussi avons besoin du Saint Esprit pour rester forts sur la route du Ciel.

Toujours repartir de ce que nous connaissons déjà :

Qui est le Saint Esprit ?

Le Saint Esprit est Dieu, Il est la Troisième Personne de la Sainte Trinité : c'est l'amour du Père pour son Fils, et celui du Fils pour son Père.

Un esprit, ça ne se voit pas : le Saint Esprit n'a pas de corps (voir le dessin sur la Sainte Trinité)
Mais, si le Saint Esprit n'a pas de corps, si on ne peut pas Le voir, comment savoir qu'Il est là ?

Pour montrer qu'Il est là, le Saint Esprit s'est fait voir deux fois :

- une fois, sous la forme d'une colombe : qui se rappelle quand ?... - Au baptême de Jésus.

- Et une autre fois, le jour de la Pentecôte, sous la forme de langues de feu.

La Pentecôte

Cet enseignement sur la Pentecôte doit se faire par étapes, en fonction de l'âge des enfants.

1 - Aux plus petits, de 4 à 5 ans, nous raconterons, dans une première leçon, L'ÉVÉNEMENT DE LA PENTECÔTE, simplement : le Saint Esprit est descendu sur les Apôtres. Sa présence sous la forme de langues de feu.

2 - Puis, à la leçon suivante, nous montrerons l'ACTION DU SAINT ESPRIT dans l'âme des Apôtres : de peureux, ils sont devenus courageux. Et nous raconterons les miracles qu'Il a opérés par eux.

Avant d'avoir reçu le Saint Esprit, les Apôtres n'avaient pas de courage.
Après avoir reçu le Saint Esprit, les Apôtres n'ont plus eu peur de personne ; le Saint Esprit a donné aux Apôtres le courage de souffrir et de mourir pour Dieu.

Le "dosage" de cet enseignement dépend de l'âge des enfants, de ce qu'ils connaissent déjà, et aussi de la forme de l'enseignement (en famille, un peu tous les soirs, ou au catéchisme, une seule fois pas semaine).

3 - L'année suivante, nous pourrons regrouper cet ensemble en une seule leçon, centrée sur l'idée que c'est le Saint-Esprit qui nous donne de bonnes idées et du courage.

Nous aussi, nous avons besoin du Saint Esprit pour rester forts sur la route du Ciel.
C'est Lui qui nous donne de bonne idées, et du courage pour être bons : et ainsi, à partir de 7 ou 8 ans, nous pourrons introduire les premières notions sur le sacrement de CONFIRMATION.

Le récit

Vous vous rappelez qu'avant de remonter au ciel, Jésus avait promis à ses Apôtres "d'être tous les jours avec eux jusqu'à la fin du monde." (Mt 28, 20)

Comment cela ? Jésus est maintenant remonté au Ciel, comment peut-Il être encore avec nous ?
Quel moyen a-t-Il trouvé pour rester toujours avec nous, même après être remonté au ciel auprès de son Père ?

Où est-ce que Jésus reste toujours près de nous ? Dans l'Hostie. C'est la Sainte Eucharistie :
Il s'est donné Lui-même à nous pour nourrir nos âmes, et c'est un très, très beau cadeau.

Mais Jésus a voulu faire encore un autre très beau cadeau à ses Apôtres : avant de remonter au ciel, Il leur promet de leur envoyer le SAINT ESPRIT. Les Apôtres ont entendu cette promesse ; que vont-ils faire ?

Comment cela va-t-il arriver ? Ils ne le savent pas, mais ils savent bien que tout ce que dit Jésus, cela arrive toujours : ils ont la foi. Ils ont vu Jésus ressuscité, ils croient en Lui, ils savent qu'Il est Dieu et qu'Il peut tout faire.

Alors, ils se réunissent tous ensemble avec la Sainte Vierge pour prier, pour parler au Bon Dieu.

Mais ils ONT PEUR des chefs juifs, ceux qui avaient tué Jésus, ils ont peur qu'ils ne viennent les prendre et les fassent mourir, eux aussi, parce qu'ils sont les amis de Jésus.
Ils s'enferment, ils ne sont pas courageux. Pendant 10 jours, ils sont restés là, à prier, les Apôtres et la Sainte Vierge, tous ensemble dans une grande salle.

Et, tout à coup, pendant qu'ils priaient, il y a eu un bruit extraordinaire, avec un grand vent dans la maison, un vent si fort que toute la maison a tremblé.
Au plafond de la salle, ils ont vu comme des langues de feu, qui ne brûlaient rien, parce que ce n'était pas un feu de la terre : C'ÉTAIT LE SAINT ESPRIT, l'Amour de Dieu, qui se montrait de cette manière.

Ces langues de feu, c'était pour faire comprendre aux Apôtres que Dieu allait rendre leur cœur chaud et courageux et aussi qu'Il mettrait dans leur tête toutes sortes de bonnes idées pour continuer le travail de Jésus et conduire beaucoup d'âmes au ciel.
Ces sortes de langues de feu se partageaient et se posaient sur chacun d'eux : ainsi tous pouvaient voir qu'ils recevaient le Saint Esprit.

Et savez-vous ce qui est arrivé quand les Apôtres ont reçu le Saint Esprit ? Quand toutes les petites flammes se sont posées sur leurs têtes ?

Eh bien, ils ont senti tout d'un coup qu'ils n'avaient plus peur, que le Bon Dieu était en eux.

Ils se sentent forts. Ils ouvrent alors les portes de la maison où ils se trouvaient, ils sortent, ils ont besoin de parler de Jésus, de dire à tout le monde que Jésus est Dieu, qu'Il est ressuscité, qu'il faut croire en Lui et se faire baptiser pour être sauvé.

Et ils ont tellement bien parlé de Jésus à tous ceux qui étaient là que beaucoup de gens ont voulu devenir chrétiens, devenir les amis de Jésus. Ils ont demandé le baptême.

Seulement, les ennemis de Jésus n'étaient pas du tout contents de voir tant de monde croire en Jésus. Ils ont mis les Apôtres en prison, ils ont voulu les obliger à se taire.

Mais les Apôtres n'avaient plus peur d'eux, plus peur du tout, ils n'avaient plus peur de la prison, et même ils ont accepté de mourir plutôt que de se taire, ou de dire qu'ils n'aimaient plus Jésus.

Est-ce que n'est pas un miracle, cela ?
QUI leur a donné le courage de souffrir et de mourir pour l'amour de Jésus ? à eux qui auparavant étaient si peureux ? C'est le Saint Esprit.
C'est Lui qui a mis dans leur cœur une force qui dépasse le courage ordinaire des hommes, c'est une force qui vient de Dieu et qui soutient tous ceux qui veulent, coûte que coûte, rester fidèles à Dieu.

Ceux qui ont accepté de mourir pour l'amour de Jésus, on les appelle des MARTYRS.


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