Un événement prodigieux : l'Incarnation !

La fête de l'Annonciation célèbre l'événement le plus prodigieux, le plus grand de toute l'histoire : l'Incarnation du Verbe de Dieu dans le sein de la Bienheureuse Vierge Marie.

Voici que tu concevras et enfanteras un fils, et tu lui donneras le nom de Jésus.
Il sera grand et on l'appellera le Fils du Très-Haut ;
le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père,
et il régnera éternellement sur la maison de Jacob et son règne n'aura pas de fin. (Lc 1,32-33)

Cette fête de l'Annonciation comporte deux "volets", l'un "visible", l'autre "invisible" :

- son aspect "visible" (si l'on peut dire ! …), c'est la visite de l'Ange à Marie : un aspect historique qui situe l'événement dans un temps et un lieu donnés. Dieu sait si cette scène a inspiré peintres et artistes…

- son aspect "invisible", c'est le mystère insondable de l'Incarnation du Fils de Dieu, le Verbe fait chair, qui apporte le salut à tous les hommes.

Le nom de Jésus ("Dieu sauve") signifie que le nom même de Dieu est présent en la personne de son Fils fait homme pour la rédemption universelle et définitive des péchés.
Il est le nom divin qui seul apporte le salut (cf.Jn 3, 5 - Ac 2, 21) et il peut désormais être invoqué de tous, car Il s'est uni à tous les hommes par l'Incarnation de telle sorte qu'il n'est pas sous le ciel d'autre nom donné aux hommes par lequel nous puissions être sauvés (Ac 4, 12). (CEC 432)

Pour se faire homme, le Fils de Dieu a besoin d'une mère humaine.
De toute éternité, Dieu a choisi Marie. Au temps voulu, Il lui envoie son Ange…

L'Ange du Seigneur a porté l'annonce à Marie…

C'est par cette phrase, reprise de l'évangile de l'Annonciation, que commence l'Angélus,
cette belle prière qui rappelle cette visite de l'Ange à la Vierge Marie pour lui annoncer qu'elle va être la mère du Sauveur, et pour lui demander son consentement.

Dieu a envoyé son Fils (Ga 4, 4), mais, pour Lui "façonner un corps" (cf. He 10, 5), Il a voulu la libre coopération d'une créature. Pour cela, de toute éternité, Dieu a choisi, pour être la Mère de son Fils, une fille d'Israël, une jeune juive de Nazareth en Galilée, "une vierge fiancée à un homme du nom de Joseph, de la maison de David, et le nom de la vierge était Marie". (Lc 1, 26-27)

Le Père des miséricordes a voulu que l'Incarnation fût précédée par une acceptation de la part de cette Mère prédestinée, en sorte que, une femme ayant contribué à l'œuvre de mort, de même une femme contribuât aussi à la vie. (LG 56 - CEC 488)

Ce grand événement de l'Annonciation se célèbre le 25 mars : neuf mois exactement avant le 25 décembre, où nous fêtons la naissance du Fils de Dieu fait homme.

Mais il est intéressant de noter que c'est aussi un 25 mars, (en 1858), au jour de l'Annonciation, que la Sainte Vierge a révélé son nom à la petite Bernadette, dans la grotte de Massabielle : "Je suis l'IMMACULÉE CONCEPTION" (fête que nous célébrons, rappelons-le, le 8 décembre).

La bienheureuse Vierge Marie a été, au premier instant de sa conception, par une grâce et une faveur singulière du Dieu Tout-Puissant, en vue des mérites de Jésus-Christ Sauveur du genre humain, préservée intacte de toute souillure du péché originel.
(Pie IX, proclamation du dogme de l'Immaculée Conception - 1854)

Le rapprochement de ces deux dates montre clairement que c'est bien en vue de l'Incarnation que Dieu a permis que Marie soit, dès le tout premier instant de sa vie, "pleine de grâce".

Je suis la servante du Seigneur…

Pour être la Mère du Sauveur, Marie fut pourvue par Dieu de dons à la mesure d'une si grande tâche. L'Ange Gabriel, au moment de l'Annonciation, la salue comme pleine de grâce (Lc 1, 28). En effet, pour pouvoir donner l'assentiment libre de sa foi à l'annonce de sa vocation, il fallait qu'elle fût portée par la grâce de Dieu. (CEC 490)

La foi de Marie

A l'annonce qu'elle enfantera le Fils du Très-Haut sans connaître d'homme, par la vertu de l'Esprit Saint, Marie a répondu par l'obéissance de la foi (Rm 1, 5), certaine que rien n'est impossible à Dieu : "Je suis la servante du Seigneur, qu'il me soit fait selon ta parole" (Lc 1, 37-38)… (CEC 494)

Admirons cette foi de Marie, sa confiance inébranlable en Dieu en toutes circonstances, sa parfaite humilité : Je suis la servante du Seigneur, qu’il me soit fait selon ta parole.
Courte phrase qui exprime encore une totale obéissance, qui ne se démentira jamais, même aux heures les plus douloureuses…

Du "Fiat" de l'Annonciation au "Fiat" du Calvaire…

… Ainsi, donnant à la parole de Dieu son consentement, Marie devint Mère de Jésus et, épousant à plein cœur, sans que nul péché la retienne, la volonté divine de salut, se livra elle-même intégralement à la personne et à l'œuvre de son Fils, pour servir, dans sa dépendance et avec Lui, par la grâce de Dieu, au mystère de la Rédemption. (CEC 494)

Ce consentement sans réserve de Marie à la volonté divine lui a mérité le titre de "co-rédemptrice" :

La Vierge Marie a "coopéré au salut des hommes avec sa foi et son obéissance libres" (LG 56). Elle a prononcé son OUI "au nom de toute la nature humaine" (Saint Thomas d'Aquin). Par son obéissance, elle est devenue la nouvelle `Ève, mère des vivants. (CEC 511)

Et le Verbe s'est fait chair…

Qu'est-ce que l'Incarnation ?

Reprenant l'expression de saint Jean Le Verbe s'est fait chair (Jn 1, 14), l'Eglise appelle "Incarnation" le fait que le Fils de Dieu ait assumé une nature humaine pour accomplir en elle notre salut. (CEC 461)

La foi en l'Incarnation véritable du Fils de Dieu est le signe distinctif de la foi chrétienne : "A ceci reconnaissez l'esprit de Dieu : Tout esprit qui confesse Jésus-Christ venu dans la chair est de Dieu". (1 Jn 4, 2)

Telle est la joyeuse conviction de l'Église dès son commencement, lorsqu'elle chante le grand mystère de la piété : Il a été manifesté dans la chair (1 Tm 3, 16). (CEC 463)

Rappel : le mystère de l'Incarnation, c'est le fait que Jésus soit tout à la fois "vrai Dieu et vrai homme".

Marie, Mère de Dieu

Le mystère de l'Incarnation mérite à Marie son plus beau titre, celui de MÈRE DE DIEU :

"Le Fils du Père et le fils de la Vierge deviennent naturellement un seul et même fils". (St Anselme)

Cette vérité a été proclamée en 431 par le Concile d'Ephèse, pour combattre l'hérésie nestorienne qui voyait dans le Christ deux natures, l'une divine, l'autre humaine. (cf. CEC 466)

Celui qu'elle a conçu, comme homme, du Saint-Esprit et qui est devenu vraiment son Fils selon la chair, n'est autre que le Fils éternel du Père, la deuxième Personne de la Sainte Trinité. L'Eglise confesse que Marie est vraiment MÈRE DE DIEU (Theotokos). (CEC 495)

La Sainte Vierge est légitimement honorée par l'Eglise d'un culte spécial. Depuis les temps les plus reculés, la bienheureuse Vierge est honorée sous le titre de "Mère de Dieu". Les fidèles se réfugient sous sa protection, l'implorant dans tous leurs dangers et leurs besoins.
Ce culte, (…) bien que présentant un caractère absolument unique, (…) n'en est pas moins essentiellement différent du culte d'adoration qui est rendu au Verbe incarné ainsi qu'au Père et à l'Esprit Saint ; il est éminemment apte à le servir".(LG 66)

Il trouve son expression dans les fêtes liturgiques dédiées à la Père de Dieu et dans la prière mariale, telle de Saint Rosaire, abrégé de tout l'Évangile. (CEC 971)

Marie, notre Reine, notre Mère, notre modèle

Marie, notre Reine

Dès lors Marie est devenue la Reine du genre humain et tous doivent la vénérer : Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs...

"La piété de l'Eglise envers la Sainte Vierge est intrinsèque au culte chrétien". (Marialis Cultus 56)

C'est une grâce à demander que de comprendre l'infinie grandeur de Marie. Nous ne pouvons le comprendre que dans la prière, et notamment à travers les dizaines de notre chapelet.

N'hésitons pas à recourir à cette grande Reine si puissante sur le cœur de Dieu, avec la plus grande confiance, dans tous nos besoins. C'est elle qui intercédera pour nous : nous sommes assurés d'être exaucés.

Marie, notre Mère

LE RÔLE DE MARIE est de NOUS CONDUIRE A JÉSUS, en formant en nous la ressemblance à son divin Fils.

Demandons-lui de nous obtenir, à son exemple, une parfaite PURETÉ et une profonde HUMILITÉ. En bonne Mère, elle est là aussi pour nous protéger de tous les dangers, de l'âme et du corps. Elle est le rempart invincible contre tous les pièges ou les assauts du démon : il nous suffit de nous laisser conduire par une si bonne Mère.

Apprenons surtout à nos enfants, très tôt, à voir en Elle leur Maman du Ciel, à l'aimer tendrement, à se confier à Elle dans leurs peines, leurs difficultés, à vivre avec Elle, avec la certitude qu'Elle les protégera toujours contre tous les dangers de l'âme et du corps, et qu'Elle les conduira à Jésus.

Marie, notre modèle

De notre contemplation de ce beau mystère de l'Annonciation, nous avons quelques grandes leçons à tirer pour notre vie spirituelle. Nous avons vu sa foi, sa confiance, son obéissance, son humilité…

Elle est là pour nous aider. A son exemple, c'est par l'obéissance, notre "OUI" de chaque jour à la volonté de Dieu en toutes circonstances, que nous pouvons collaborer à l'action rédemptrice du Christ, en unissant nos souffrances aux siennes, pour notre salut et celui de nos frères.

C'est par cette obéissance que grandira en nous la ressemblance à Jésus notre Sauveur, selon la si belle parole de saint Jean :

Si quelqu'un m'aime, il gardera ma parole et mon Père l'aimera,
et nous viendrons à lui et nous ferons en lui notre demeure. (Jn 14, 23)

Deux beaux textes sur l'Incarnation

Prière de consécration à Marie

A chacune de ses fêtes, la Sainte Vierge peut nous obtenir de son Fils de nombreuses grâces.
Nous pouvons dire chaque jour cette courte prière de consécration :

Ô ma Souveraine, ô ma Mère, je m'offre tout à vous.
Et pour vous prouver mon dévouement, je vous consacre aujourd'hui
mes yeux, ma bouche, mon cœur et tout moi-même.
Puisque je vous appartiens, ô ma bonne Mère,
gardez-moi et défendez-moi comme votre bien et votre propriété. Amen.


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