La tentation : ce qu'elle est, d'où elle vient... La tentation est inévitable, elle peut nous être salutaire si nous lui résistons... avec la grâce de Dieu. C'est ce que nous demandons chaque fois que nous prions le notre Père.
Document à utiliser spécialement pendant le temps du Carême.

La tentation est une excitation au mal, elle éveille en nous un désir qui, si nous l'écoutons, va nous entraîner au péché : ce désir n'est donc pas bon. C'est le moyen utilisé par le démon, sous une apparence de bien, pour nous pousser au mal. Mais la tentation peut provenir aussi ou du monde, ou de nos propres faiblesses.

Séduit par le Malin dès le début de l'histoire, l'homme a abusé de sa liberté. Il a succombé à la tentation et commis le mal. Il conserve le désir du bien, mais sa nature porte la blessure du péché originel. Il est devenu enclin au mal et sujet à l'erreur. (CEC 1707)

Les esprits mauvais, ça existe…

Les mauvais esprits sont des anges, de purs esprits : ils ont été créés bons par Dieu, mais se sont révoltés contre Dieu par un refus radical et irrévocable. 
Par ce refus de l'amour de Dieu, ils sont définitivement fixés dans un état de haine, contre Dieu et contre les hommes, auxquels ils cherchent toujours à nuire : c'est ce qu'on appelle l'enfer.

C'est en référence à la foi constante de l’Église et à sa source principale, l'enseignement du Christ, que doit être affirmée l'existence d'esprits mauvais. (...)Alors que les bons anges sont associés à l'œuvre du Christ, les esprits mauvais, ou démons, viennent lui faire obstacle. 
Dans le Notre Père, Jésus enseigne à ses disciples à demander au Père de ne pas les exposer à la tentation et de les délivrer du Mauvais (cf. Mt 6, 13). (Catéchisme pour adultes par les Évêques de France. p. 100 )

Connaître notre ennemi, ses ruses, ses manières de s'y prendre

Le diable, comme un lion rugissant, rôde autour de vous, cherchant qui dévorer. (1 P 5, 8)

Il apparaît comme le séducteur perfide et rusé, qui sait s'insinuer en nous par les sens, l'imagination, la concupiscence, la logique utopique, les contacts sociaux désordonnés, pour introduire dans nos actes des déviations aussi nocives qu'apparemment conformes à nos structures physiques ou psychologiques, ou à nos aspirations instinctives et profondes. 
(Paul VI. - 15. 11. 1966)

"L’Écriture nous rappelle aussi que sa puissance est limitée, et que son action est efficacement contrecarrée par la prière et les sacrements, et spécialement par la dévotion à la Sainte Vierge.
Une vraie vie chrétienne est l'antidote le plus assuré contre les tentations du démon. Cependant parents et éducateurs auront constamment à prémunir leurs enfants contre les ruses de l'infâme séducteur, car le démon est un clandestin qui travaille toujours sous le manteau. (…)
Le but qu'il poursuit est toujours le même, inexorablement le même : tuer la vie divine dans l'âme des baptisés, (même des plus jeunes), faire perdre l'état de grâce (union de l'âme à Dieu), conduire l'homme, pour lequel Jésus est mort sur la croix, à la damnation. (…)
Pour séduire les âmes, le démon, qui n'a pas de vrais biens à leur offrir, est contraint de mentir, seul subterfuge pour faire accepter sa fausse monnaie : "il est menteur et père du mensonge" (Jn 8, 44). (…) 
Le démon sait que le plus sûr moyen de découvrir la valeur d'une vertu est de la mettre en pratique. Par suite, il fait tout pour détourner les humains de la pratique des vertus chrétiennes. 
En fait, les deux pires ennemis du démon sont la prière personnelle quotidienne et plus encore la confession."
(P. GILLET. La formation religieuse aux différents âges de l'enfance et de l'adolescence. TEQUI.1984)

"Sentir n'est pas consentir" : la tentation n'est pas le péché

Le démon peut nous exciter au péché par la tentation, mais il ne peut nuire à notre salut éternel sans notre consentement.

L'Esprit Saint nous fait discerner (…) entre "être tenté" et "consentir" à la tentation. Le discernement démasque le mensonge de la tentation : apparemment son objet est bon, séduisant à voir, désirable (Gn 3, 6) alors que, en réalité, son fruit est la mort. (CEC 2847)

La tentation ne devient péché que si notre volonté y consent

Autrement dit, si on lui cède : nos péchés sont les fruits du consentement à la tentation. (CEC 2846)

Chacun est tenté par sa propre convoitise qui l'entraîne et le séduit : 
puis la convoitise, ayant conçu, enfante le péché, 
et le péché une fois consommé donne naissance à la mort. (Jc 1, 14-16)

Nous ne pouvons résister à la tentation qu'avec le secours de la force divine : la grâce

Contre le mal, ne nous croyons pas forts par nous-mêmes, appelons Dieu à l'aide : Mon Dieu, viens à mon aide, hâte-Toi de me secourir (Ps 69, 1). On ne résiste au démon que :

1 - par la prière et une totale confiance en Dieu : Je puis tout en Celui qui me fortifie. (Ph 4, 13)

Le combat et la victoire contre le démon ne sont possibles que dans la prière. 
C'est par sa prière que Jésus est vainqueur du Tentateur, dès le début, au désert, et dans l'ultime combat de son agonie. (CEC 2849)

2 - et par les vérités éternelles que Jésus nous enseigne par sa Parole et son exemple, qui nourrissent notre foi et dont le démon cherchera toujours à nous détourner :

Voici ce que signifie la parabole du Semeur : ce que sème le semeur, c'est la Parole de Dieu. 
Ceux qui sont au bord du chemin sont ceux qui ont entendu, 
puis vient le diable qui enlève la Parole de leur cœur, 
de peur qu'ils ne croient et ne soient sauvés. (Lc 8, 12)

La tentation est inévitable

Si Jésus Lui-même s'y est soumis, qui, parmi nous, pourrait y échapper ici-bas ?

La vie de l'homme, sur la terre, est une guerre continuelle. (Jb 7, 1)

En effet, la tentation, excitation au mal, peut venir :

soit du démon, notre ennemi, qui ne dort jamais, ne désarme jamais.

soit du monde : nous aurons toujours à nous arracher à la corruption que la convoitise fait régner dans le monde (2 P 1, 4) :

N'aimez pas le monde, ni rien de ce qui est dans le monde car tout ce qui est du monde est concupiscence de la chair, ou concupiscence des yeux ou orgueil de la vie. (1 Jn 2, 15-16)

Détaillons :
la concupiscence de la chair : gourmandise, luxure, voluptés, tous les plaisirs des sens…
la concupiscence des yeux : richesses, esclavage de la mode, certains spectacles, T.V. etc...
l'orgueil de la vie : honneurs, volonté de puissance, mondanités...

soit de notre propre concupiscence, c'est-à-dire de nous-mêmes

Les sentiments et les pensées du cœur de l'homme sont inclinés au mal dès sa jeunesse. (Gn 8, 21)

Car nous portons en nous la concupiscence, le germe des tentations :

Je le sais : ce n'est pas le bien qui habite en moi, c'est-à-dire en ma chair... 
Le bien que je veux, je ne le fais pas, et le mal que je ne veux pas, je le commets... (Rm 7, 18-19)

La tentation nous est salutaire

Elle nous aide à mieux nous connaître, à nous tenir dans l'humilité et la défiance de nous-mêmes, et à ne mettre notre confiance qu'en Dieu seul.
Pour celui qui est tenté, quand il résiste à la tentation, la tentation est au contraire une occasion de mérite et, avec la grâce de Dieu, de se fortifier dans le Bien.

Il faut que vous soyez affligés par diverses tentations, afin que votre foi ainsi éprouvée se trouve digne de louange, d'honneur et de gloire, au jour de l'avènement glorieux de Jésus-Christ. (1 P 1, 6-7)

Dans la tentation, appuyons-nous sur deux idées-forces

- Ce temps d'épreuve est passager, et l'épreuve elle-même nous grandit, nous fortifie :

Après les épreuves de son âme, il verra la lumière et sera comblé. (Is 53,11)

- Dieu, qui est fidèle, ne permettra pas que nous soyons tentés au-delà de nos forces :

Aucune tentation ne vous est survenue qui n'ait été humaine ; 
et Dieu, qui est fidèle, ne permettra pas que vous soyez tentés au-delà de vos forces ; 
mais à côté de la tentation, il placera les moyens qui vous permettront de résister. (1 Co 10, 12-13)

Discerner entre "épreuve" et "tentation"

L'Esprit nous fait discerner entre l'épreuve, nécessaire à la croissance de l'homme intérieur (cf. Lc 8, 13-15) en vue d'une vertu éprouvée (Rm 5, 3-5), et la tentation qui conduit au péché et à la mort (cf Jc 1, 14-15). (CEC 2847)

Devant une épreuve, nous avons deux attitudes possibles : soit la révolte, soit la soumission à la volonté de Dieu qui se manifeste par cette épreuve.

Certaines épreuves sont particulièrement douloureuses et lourdes à porter : la perte d'un être cher, une grave maladie, un handicap, une perte d'emploi... La tentation, ici, se trouve dans la révolte, toujours possible devant une souffrance qui semble insupportable.

La soumission est basée sur une attitude de confiance en Dieu, d'abandon. 
La révolte vient de ce que l'on compte principalement sur soi, sur ses propres forces.

Maudit soit l'homme qui met sa confiance en l'homme… 
Béni soit l'homme qui met sa confiance dans le Seigneur, dont le Seigneur est l'espoir... (Jr 17, 5-8)

L'expérience montre que la soumission conduit à la paix de l'âme… sans pour autant supprimer la douleur. Mais le Seigneur Lui-même adoucit la peine et nous aide à porter le fardeau.
La révolte, au contraire, durcit le cœur qui s'éloigne toujours davantage de Dieu : le fardeau se fait alors toujours plus lourd, et la douleur plus grande encore.

Venez à Moi, vous tous qui peinez et ployez sous le fardeau, et Je vous soulagerai… (Mt 11, 28)

Ne nous 'soumets' pas à la tentation

Nos péchés sont les fruits du consentement à la tentation. Nous demandons à notre Père de ne pas nous y "soumettre".
Traduire en un seul mot le terme grec est difficile : il signifie "ne permets pas d'entrer dans", "ne nous laisse pas succomber à la tentation". Dieu n'éprouve pas le mal, Il n'éprouve non plus personne (Jc 1, 13), Il veut au contraire nous en libérer. 
Nous Lui demandons de ne pas nous laisser prendre le chemin qui conduit au péché. 
Nous sommes engagés dans le combat "entre la chair et l'Esprit". 
Cette demande implore l'Esprit de discernement et de force. (CEC 2846)

Vigilance : rester sur nos gardes

Persévérez dans la prière, qu'elle vous garde vigilants dans l'action de grâces. (Col 4, 2)

Se savoir vulnérable (humilité), rester sur ses gardes (vigilance) et chercher la force dans la prière, c'est bien là le plus sûr moyen de ne pas céder à la tentation :

Dans ce combat contre le démon, la vigilance du cœur est rappelée avec insistance, en communion à celle du Christ (au désert et à son agonie) (…) L'Esprit Saint cherche à nous éveiller sans cesse à cette vigilance. (CEC 2849)

Soyez sobres, veillez ! votre adversaire, le diable, tel un lion rugissant, est là qui rôde, cherchant qui dévorer. (1 P 5, 8)

Veillez, demeurez fermes dans la foi… Soyez forts. (1 Co 16, 13)


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