Le péché consiste à préférer notre volonté à celle de Dieu, exprimée objectivement par ses commandements. Nous en trouvons des images saisissantes dans le récit des guérisons opérées par Jésus.. L'examen de conscience, le sacrement de pénitence et de réconciliation ainsi que la connaissance de soi-même sont indispensables pour faire face à notre condition de pécheurs.

 

On a eu tendance à remplacer certaines attitudes excessives du passé par d'autres excès : 
au lieu de voir le péché partout, on ne le distingue plus nulle part ; 
au lieu de trop mettre l'accent sur la peur des peines éternelles, on prêche un amour de Dieu qui exclurait toute peine méritée par le péché ; 
au lieu de la sévérité avec laquelle on s'efforce de corriger les consciences erronées, on prône un tel respect de la conscience qu'il supprime de devoir de dire la vérité (…).
Rétablir un juste sens du péché, c'est la première façon d'affronter la grave crise spirituelle qui pèse sur l'homme de notre temps.
Mais le sens du péché ne se rétablira que par un recours clair aux principes inaliénables de la raison et de la foi que la doctrine morale de l’Église a toujours soutenus. 
(Jean-Paul II. Réconciliation et Pénitence - 1984 - § 18)

L'enseignement de l'Église

Le cœur de l’homme est fait pour aimer. C'est ainsi que Dieu l’a créé : pour aimer Dieu par-dessus tout et aimer son prochain comme soi-même.
Mais, insidieusement introduit dans le monde par le démon, le péché est venu défigurer cet amour en détournant l’homme de l’amour de Dieu, en lui faisant miroiter un impossible amour de soi-même : 
c’est l’amour-propre, déviation et caricature du véritable Amour. Et donc un faux amour.

C'est “Moi d’abord” : l’amour de soi avant l’Amour de Dieu et du prochain. Recherche de soi-même, amour désordonné qui va même, bien souvent, jusqu’à une contradiction grave avec le véritable Amour.

La réalité du péché

Le péché est présent dans l'histoire de l'homme : il serait vain de tenter de l'ignorer ou de donner à cette obscure réalité d'autres noms.
Pour essayer de comprendre ce qu'est le péché, il faut d'abord reconnaître le lien profond de l'homme avec Dieu car, en dehors de ce rapport, le mal du péché n'est pas démasqué dans sa véritable identité de refus et d'opposition à Dieu, tout en continuant à peser sur la vie de l'homme et sur l'histoire. (CEC 386)

Cette réalité ne s'éclaire qu'à la lumière de la Révélation divine

La réalité du péché, et plus particulièrement du péché des origines, ne s'éclaire qu'à la lumière de la Révélation divine. Sans la connaissance qu'elle nous donne de Dieu, on ne peut clairement reconnaître le péché, et on est tenté de l'expliquer uniquement comme un défaut de croissance, comme une faiblesse psychologique, une erreur, la conséquence nécessaire d'une structure inadéquate, etc. 
C'est seulement dans la connaissance du dessein de Dieu sur l'homme que l'on comprend que le péché est un abus de la liberté que Dieu donne aux personnes créées pour qu'elles puissent L'aimer et s'aimer mutuellement. (CEC 387)

Le péché originel : une vérité essentielle de la foi

La doctrine du péché originel est pour ainsi dire le "revers" de la Bonne Nouvelle que Jésus est le Sauveur de tous les hommes, que tous ont besoin du salut et que le salut est offert à tous grâce au Christ. 
L’Église qui a le sens du Christ sait bien qu'on ne peut pas toucher à la révélation du péché originel sans porter atteinte au mystère du Christ. (CEC 389)

Ses conséquences

Le péché originel entraîne la privation de la sainteté et de la justice originelles, mais la nature humaine n'est pas totalement corrompue : elle est blessée dans ses propres forces naturelles, soumise à l'ignorance, à la souffrance et à l'empire de la mort, et inclinée au péché (cette inclination au mal est appelée concupiscence).
Le Baptême, en donnant la vie de la grâce du Christ, efface le péché originel et retourne l'homme vers Dieu, mais les conséquences pour la nature, affaiblie et inclinée au mal, persistent dans l'homme et l'appellent au combat spirituel. (CEC 405)

Un dur combat

Ignorer que l'homme a une nature blessée, inclinée au mal, donne lieu à de graves erreurs dans le domaine de l'éducation, de la politique, de l'action sociale et des mœurs. (CEC 407)

Nous en savons quelque chose dans un monde redevenu - pour une grand part - païen !

Vivre comme si Dieu n'existait pas, ou L'effacer de notre vie quotidienne

La perte du sens du péché est une forme ou un résultat de la négation de Dieu : non seulement celle de l’athéisme, mais aussi celle de la sécularisation. 
Si le péché est la rupture du rapport filial avec Dieu pour mener sa vie en dehors de l’obéissance qu’on Lui doit, alors pécher, ce n’est pas seulement nier Dieu ; pécher, c’est aussi vivre comme s’il n’existait pas, c’est L’effacer de sa vie quotidienne…
(Jean-Paul II. Réconciliation et Pénitence. 1984 § 18)

Sans aller jusqu'à cette négation ou cet oubli complet de Dieu, reconnaissons-le : notre vie comporte un grand nombre d'infidélités à son amour.

Le péché est une faute contre la raison, la vérité, la conscience droite 

Le péché est une faute contre la raison, la vérité, la conscience droite ; 
il est un manquement à l'amour véritable, envers Dieu et envers le prochain, à cause d'un attachement pervers à certains biens. 
Il blesse la nature de l'homme et porte atteinte à la solidarité humaine. 
Il a été défini comme : "une parole, un acte ou un désir contraire à la loi éternelle". (saint Augustin - saint Thomas d'Aquin). (CEC 1849)

Le péché est une offense à l'égard de Dieu

Contre Toi, Toi seul, j'ai péché. Ce qui est mal à tes yeux, je l'ai fait. (Ps 50, 6)

Le péché se dresse contre l'amour de Dieu pour nous et en détourne nos cœurs. 
Comme le péché originel, il est une désobéissance, une révolte contre Dieu, par la 
volonté de devenir "comme des dieux", connaissant et déterminant le bien et le mal (Gn. 3, 5). 
Le péché est ainsi "amour de soi jusqu'au mépris de Dieu" (saint Augustin). (CEC 1850)

Le péché consiste donc à préférer notre volonté à celle de Dieu, exprimée par ses commandements. C'est une volonté désordonnée, mal orientée, qui nous fait :

- soit nous éloigner de Dieu, notre Père du Ciel, (faute légère, ou péché véniel),

- soit nous séparer complètement de Lui (faute grave, ou péché mortel), par un acte contraire à sa Volonté.

Reconnaître la règle objective du bien et du mal établie par Dieu

Cet enseignement de Jean-Paul II dans son encyclique Veritatis Splendor (1993) complète utilement celui du Catéchisme sur le péché. Il mérite d'être médité et nous aidera à mieux comprendre ce qu'est le péché, sa place dans notre vie et comment trouver le remède dans la grâce.

Se reconnaître faible et pécheur

La compréhension envers la faiblesse humaine ne signifie jamais que l'on compromet ou que l'on fausse la mesure du bien et du mal pour l'adapter aux circonstances. 

Tandis qu'est humaine l'attitude de l'homme qui, ayant péché, reconnaît sa faiblesse et demande miséricorde pour sa faute, inacceptable est au contraire l'attitude de celui qui fait de sa faiblesse le critère de la vérité sur le bien, de manière à pouvoir se sentir justifié par lui seul, sans même avoir besoin de recourir à Dieu et à sa miséricorde.

Cette dernière attitude corrompt la moralité de toute la société, parce qu'elle enseigne le doute sur l'objectivité de la loi morale en général et le refus du caractère absolu des interdits moraux portant sur des actes humains déterminés. A l'inverse, nous devons recevoir le message qui nous vient de la parabole évangélique du pharisien et du publicain. (Lc 18, 9-14) 

Deux attitudes différentes de la conscience morale

Le publicain pouvait peut-être avoir quelque justification aux péchés qu'il avait commis, de manière à diminuer sa responsabilité. Toutefois, ce n'est pas à ces justifications qu'il s'arrête dans sa prière, mais à son indignité devant l'infinie sainteté de Dieu : "Mon Dieu, aie pitié du pécheur que je suis." (Lc 18, 13) 
Le pharisien, au contraire, s'est justifié par lui-même, trouvant sans doute une excuse à chacun de ses manquements. 
Nous sommes ainsi confrontés à deux attitudes différentes de la conscience morale de l'homme de tous les temps :
Le publicain nous présente une conscience "pénitente" qui se rend pleinement compte de la fragilité de sa nature et qui voit dans ses manquements, quelles qu'en soient les justifications subjectives, une confirmation du fait qu'il a besoin de rédemption.
Le pharisien nous présente une conscience "satisfaite d'elle-même" qui est dans l'illusion de pouvoir observer la loi sans l'aide de la grâce, et a la conviction de ne pas avoir besoin de la miséricorde. 

Vigilance et humilité

Une grande vigilance est demandée à tous, afin de ne pas se laisser gagner par l'attitude pharisaïque qui prétend éliminer le sentiment de ses limites et de son péché... 
Au contraire, accepter la "disproportion" entre la loi et les capacités humaines, c'est-à-dire les capacités des seules forces morales de l'homme laissé à lui-même, éveille le désir de la grâce et prédispose à la recevoir. (Jean-Paul II - Veritatis Splendor 104-105)

Soyez sobres et veillez : car votre adversaire, le diable, rôde, comme un lion rugissant, cherchant qui dévorer. Résistez-lui, avec la force de la foi. (1 P 5, 8-9)

Quelques images concrètes du péché

Le péché est la maladie de l'âme

Pour pouvoir approfondir notre idée de ce qu'est le péché - et pour bien le faire comprendre aux enfants sous une forme concrète - nous en trouvons les images appropriées dans le récit des guérisons opérées par Jésus dans l'Évangile. 
La transposition de ces images sur le plan spirituel nous donne l'assurance que Jésus est bien l'unique médecin capable de guérir nos âmes :

Une lèpre

Un lépreux s'étant approché de Jésus, se prosterna en lui disant :"Seigneur, si Tu veux, Tu peux me guérir". Jésus étendit la main et dit :"Je le veux, sois guéri". Et à l'instant sa lèpre fut guérie...(Mt 8, 1-4)

La lèpre, maladie incurable (sauf depuis quelques années...) qui ronge tout le corps de la personne et la défigure, est bien le symbole du péché qui défigure l'âme, et la rend hideuse. Pour éviter la contagion, les lépreux sont systématiquement isolés, "séparés " du reste de la communauté sociale.

Avons-nous le même souci de nous écarter de la contagion du mal, et plus encore d'en protéger nos enfants ?

Une paralysie

On présenta à Jésus un paralytique étendu sur un lit. Jésus, voyant leur foi, dit au paralytique : "Mon fils, aie confiance, tes péchés te sont remis". Aussitôt, quelques scribes dirent en eux-mêmes "Cet homme blasphème".
Jésus, connaissant leurs pensées, leur dit :"Pourquoi pensez-vous le mal dans vos cœurs ?
Lequel est plus aisé de dire : Tes péchés te sont remis, ou de dire : Lève-toi et marche ?
Or, afin que vous sachiez que le Fils de l'homme a sur la terre le pouvoir de remettre les péchés, lève-toi, dit-il au paralytique, prends ton lit, et va dans ta maison "... (Mt 9, 1-8 ; Mc 2, 1-2 ; Lc 5, 17-26)

Voir aussi la guérison du paralytique de la piscine de Béthesda : Jn 5, 5-8.

La paralysie, qui empêche le malade de faire tout mouvement, et plus particulièrement de pouvoir se déplacer par lui-même, n'est-elle pas l'image de l'impossibilité que nous éprouvons à faire le Bien, alors même que nous le voudrions ?

Je fais le mal que je ne veux pas, et je ne fais pas le bien que je veux... (Rm 7, 19)

Une cécité

Deux aveugles, assis au bord du chemin, entendant dire que Jésus passait, se mirent à crier : 
"Seigneur, fils de David, ayez pitié de nous". 
La foule cherchait à les faire taire ; mais ils criaient plus fort : "Seigneur, fils de David, ayez pitié de nous".
Jésus, s'étant arrêté, les appela et dit :"Que voulez-vous que je vous fasse ?
- Seigneur, lui dirent-ils, que nos yeux s'ouvrent.""
Emu de compassion, Jésus toucha leurs yeux, et aussitôt ils recouvrèrent la vue et le suivirent.
(Mt. 20, 30-34)

Autre exemple : la guérison de l'aveugle-né, Jn 9, 1-8.

Ce n'est qu'en Dieu, avec une âme purifiée par la Grâce (par le Sacrement de Pénitence), que nous pouvons voir, des yeux de l'âme, les réalités divines. 
Éclairés par cette lumière, nous pouvons alors voir clair en nous-mêmes, nous connaître "en vérité". Ce sont nos péchés qui nous aveuglent sur nous-mêmes, nous empêchent de voir en nous le mal dont nous ne voulons ou ne pouvons plus nous détacher, ou le bien à faire que nous ne faisons pas.

Une surdité, un mutisme

On amena à Jésus un sourd-muet, et on le pria de lui imposer les mains. Jésus, le tirant à part hors de la foule, lui mit les doigts dans les oreilles, et de sa salive sur la langue ; puis, levant les yeux au ciel, il poussa un soupir et lui dit "Ephpheta", c'est-à-dire "Ouvre-toi".
Et aussitôt les oreilles de cet homme s'ouvrirent, sa langue se délia, et il parlait distinctement. Et les gens disaient "Tout ce qu'il fait est merveilleux : il fait entendre les sourds et parler les muets". 
(Mc 7, 32-37)
Encore une conséquence du péché : l'incapacité d'entendre, de comprendre et de goûter le sens intérieur de la Parole divine... Il nous faut vraiment la Grâce pour cela, et pour nous donner le goût et le désir de chanter dignement la louange de Dieu.
A noter que ce mot "Ephpheta" est repris dans la liturgie du Baptême, précisément pour indiquer que la grâce du sacrement ouvre l'âme pour la rendre capable d'entendre la Parole de Dieu, de la recueillir au fond de son cœur pour qu'elle y porte du fruit, et de la proclamer.

Une fièvre

Jésus étant entré dans la maison de Pierre, y trouva sa belle-mère qui était au lit, tourmentée par la fièvre. Il lui toucha la main, et la fièvre la quitta ; aussitôt elle se leva, et se mit à les servir. (Mt 8, 14-15)

Le péché provoque bien aussi une agitation de l'âme, opposée au "calme" d'une âme soumise à Dieu.

Une mort

- La résurrection de la fille de Jaïre : Mt 9, 18-26.

- Celle du fils de la veuve de Naïm : 

Les porteurs s'étant arrêtés, il s'approcha, toucha le cercueil ; puis il dit :"Jeune homme, je te l'ordonne, lève-toi ". Aussitôt le mort se leva sur son séant et se mit à parler, et Jésus le rendit à sa mère. (Lc 5, 17-26)

- La résurrection de Lazare : Jn 11, 41-44.

Dans les cas les plus graves, le péché mortel entraîne la mort de l'âme. Lorsque nous avons le malheur de choisir délibérément une chose contraire à la volonté de Dieu exprimée dans les Commandements, l'âme alors se sépare totalement de Dieu. Elle est "morte".

Rappelons les trois conditions pour qu'un péché soit mortel :

- que ce soit une chose grave, que Dieu a défendue (matière grave),

- qu'on le sache (pleine connaissance),

- qu'on décide de le faire quand même (plein consentement)

On peut encore comparer le péché à :

Une pauvreté

C'est l'histoire de l'enfant prodigue : Lc 15, 14

Il nous faut toujours une épreuve pour nous faire revoir nos "valeurs" sous un tout autre jour, et nous faire revenir vers "Notre Père".

Une tempête

d'où nous appelons au secours : Mt 4, 35-41.

Une prison

d'où nous appelons à la délivrance : Ps 143, 3 - Ps 119, 2 - Ps 38, 9 - Mt 6, 13 - Lc 1, 68-79 - Lc 4, 18 - Is 61, 1-2 - 2 Tm 4,18

Applications personnelles

Il ne suffit pas de comprendre l'analogie du péché avec la maladie ou avec des situations douloureuses, si nous n'en faisons pas une application personnelle, pour nous permettre ensuite de prendre les moyens d'une vraie guérison. Tous, nous pouvons (...nous devons !) nous reconnaître dans ces malades qui accouraient auprès de Jésus pour se faire guérir...
Mais bien souvent, nous ne voulons pas voir notre réalité intérieure, ni constater qu'effectivement nous sommes malades ... parce que nous n'avons pas vraiment envie de la changer.

Un exercice très salutaire pour guérir ces maladies de notre âme, c'est l'examen de conscience. Trop souvent négligé, il est la cause de l'absence de progrès dans notre vie spirituelle : bien se connaître, se connaître vraiment, "en vérité", sous le regard de Dieu... tels que Dieu nous voit.

Il nous faut pour cela l'humilité et l'honnêteté de reconnaître notre misère profonde et incurable sans le secours de la Grâce. Livrés à nos seules forces, nous ne pouvons rien, nos efforts resteront stériles sans la grâce de Dieu et si notre volonté n'est pas d'abord abandon et soumission à la Volonté divine. 

Comment guérir du péché ? - Le sacrement de Pénitence

C'est Jésus, et Lui seul, qui peut nous guérir, par sa grâce, par le don qu'Il nous fait de Lui-même : c'est pour cela, pour nous "sauver", qu'Il est venu sur terre et qu'Il a donné sa vie pour nous.

Notre remède au péché, c'est au pied de la croix qu'il faut aller le recueillir : du Cœur transpercé jaillit la source d'Eau Vive, la source des sacrements. 

Après le Baptême qui d'abord nous a lavés du péché originel, c'est le sacrement de la Pénitence qui maintenant vient à notre secours, chaque fois que nous avons besoin d'être purifiés : c'est le sacrement de la guérison de l'âme. 

Sans être strictement nécessaire, la confession des fautes quotidiennes (péché véniels) est néanmoins recommandée par l’Église. En effet, la confession régulière de nos péchés véniels nous aide à former notre conscience, à lutter contre nos penchants mauvais, à nous laisser guérir par le Christ, à progresser dans la vie de l'Esprit… (CEC 1458)

En venant demander pardon à Dieu par la confession de nos péchés, nous venons auprès du seul médecin qui puisse guérir notre âme :

Qu'est-ce donc que la confession des péchés, sinon une certaine éruption des blessures ? Car par la confession, le venin du péché s'échappe pour le salut, alors qu'il restait caché dans l'âme pour sa perte. 
En effet, les blessures de la peau entraînent à la surface les humeurs purulentes. 
Et que faisons-nous, en confessant nos péchés, sinon ouvrir une issue au mal qui était caché en nous ? (Saint Grégoire)

Si nous voulons vraiment nous guérir de nos mauvaises tendances, il existe un exercice indispensable dans la vie spirituelle : l'examen de conscience quotidien.

La connaissance de soi-même

Les conseils de saint Bonaventure

Pour vous aider à arriver plus intimement à cette connaissance, souvenez-vous que toutes nos fautes ont leur principe dans notre négligence, notre concupiscence ou notre perversité.

Examinez s'il n'y a aucune négligence en vous : 

voyez comment vous gardez votre cœur, si vous avez employé votre temps avec humilité, si dans vos actions vous ne vous êtes proposé aucune fin mauvaise. 

Il faut apporter une attention souveraine à ces trois choses : la garde du cœur, l'utile emploi du temps, la poursuite en toute œuvre d'une fin bonne. Chacune de ces trois choses est insuffisante sans le concours des deux autres.

Regardez ensuite si vous n'avez eu aucune négligence dans vos prières, dans vos lectures, dans vos diverses occupations.

Considérez ensuite où vous en êtes par rapport à la triple concupiscence, savoir : la volupté, la curiosité, la vanité.

La première se manifeste par la recherche déréglée du plaisir.

La seconde par le désir de connaître ce qui est caché, voir des choses magnifiques, posséder des objets rares. 

La troisième, quand on ambitionne les faveurs des hommes, les louanges de la terre, les honneurs mondains.

La perversité : examinez enfin s'il n'y a en vous ni colère, ni jalousie, ni paresse.

L'homme est esclave de la colère quand, dans son esprit, dans son cœur, dans ses affections, il éprouve de l'indignation, si faible qu'elle soit ; quand il la laisse paraître par des signes, par l'altération de ses traits, par des paroles ou des cris, et qu'il témoigne ainsi à son prochain l'irritation de son cœur.

Il est sujet à l'envie quand il se réjouit du malheur des autres et s'attriste de leur bonheur ... 

Il est sous l'empire de la paresse quand il est tiède, enclin au sommeil, oisif, sans réserve dans les conversations, sans dévotion à la messe, triste en tout son extérieur.

Si donc vous voulez vous connaître parfaitement et ne rien ignorer de ce qui vous concerne, revenez à vous-même, descendez jusque dans les profondeurs de votre cœur, et apprenez à sonder entièrement votre esprit.


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