La pénitence est une attitude d'âme nécessaire (pénitence intérieure) pour obtenir le pardon de nos fautes. Le sacrement de pénitence demande la contrition, la confession, la réparation et l'absolution. C'est ainsi que nous sommes réconciliés avec Dieu.

 Le premier acte de la pénitence, c'est de se reconnaître pécheur devant Dieu : c'est l'attitude du publicain de l'Évangile :"O Dieu, aie pitié du pécheur que je suis" (Lc 18,13)

La pénitence vient alors d'un désir de rentrer en grâce avec Dieu dont on s'est éloigné par le péché. Elle se définit comme un REPENTIR DU CŒUR, qui vient de ce que l'on a offensé Dieu : c'est beaucoup plus qu'un simple regret humain, même sincère, du mal qu'on a fait.

"Faire pénitence" vient du verbe latin "paeniteri" : se repentir. On y retrouve la racine "peine", du latin "poena" : rançon, compensation, réparation, punition, peine.

La pénitence est à la fois une attitude d'âme et un sacrement

La pénitence est une ATTITUDE D'ÂME, une vertu, qui a toujours été nécessaire pour obtenir le pardon de nos fautes : c'est la pénitence intérieure.

Et, depuis la venue du Sauveur sur la terre, la Pénitence est aussi un SACREMENT, c'est-à-dire un signe sensible institué par Notre Seigneur Lui-même, destiné à nous accorder le pardon de Dieu pour toutes les fautes commises après le Baptême. C'est la pénitence extérieure.

La vertu de pénitence n'est qu'une partie du Sacrement, qui comprend en plus l'absolution donnée par le prêtre.

Mais la vertu de pénitence peut exister sans le sacrement : c'était le cas de tous les justes de l'Ancien Testament, tandis que le sacrement ne peut pas exister sans la vertu de pénitence, d'où son nom.

La pénitence, une attitude d'âme

Pour exprimer cette attitude d'âme, le mot traditionnellement utilisé par l'Église est "VERTU" (le mot vient du latin "virtus" et signifie "FORCE").

La vertu est une force qui nous pousse vers ce qui est bien, et à faire ce qui est agréable à Dieu.

Il y a des vertus naturelles, comme l'honnêteté, le courage, la bonté, etc.
et des vertus surnaturelles qui nous sont données par Dieu à notre baptême pour nous permettre d'aller jusqu'à Lui.

Parmi ces vertus surnaturelles, il y a
- trois vertus théologales, FOI, ESPÉRANCE ET CHARITÉ,
- et des vertus morales, celles qui règlent notre comportement : les principales sont la PRUDENCE, la JUSTICE, la FORCE et la TEMPÉRANCE.

La pénitence une vertu morale. Elle incline la volonté à rompre avec la vie antérieure, à détester les fautes commises, prendre la résolution d'une vie meilleure, et réparer le mal commis.
En un mot, c'est se détourner intérieurement du péché. Et résolument.

La pénitence intérieure est une réorientation radicale de toute la vie, un retour, une conversion vers Dieu de tout notre cœur, une cessation du péché, une aversion du mal, avec une répugnance envers les mauvaises actions que nous avons commises.
En même temps, elle comporte le désir et la résolution de changer de vie avec l’espérance de la miséricorde divine et la confiance en l’aide de sa grâce.
Cette conversion du cœur est accompagnée d’une douleur et d’une tristesse salutaires que les Pères ont appelée repentir du cœur (la componction).(CEC 1431)

Est-ce que Je veux la mort du pécheur ? dit le Seigneur Dieu.
N'est-ce pas plutôt qu'il se détourne de sa mauvaise voie, et qu'il vive ?
Lorsque l'impie se détournera de son impiété, et qu'il agira selon l'équité et la justice,
alors, il fera vivre son âme, dit le Seigneur Tout-Puissant. (Ez 18, 28)

La notion de pénitence implique donc toujours l'idée de changer de voie (de comportement), et d'un retour. C'est une conversion : "se détourner de sa mauvaise voie, et vivre pour le bien"...

- "se détourner de sa mauvaise voie" : rectification de notre conduite, rompre avec la vie antérieure, détester les fautes commises

Cherchez-Moi, et vivez, dit le Seigneur ... Cherchez le bien et non le mal, afin que vous viviez,
et qu'ainsi le Seigneur soit avec vous. Haïssez le mal, aimez le bien. (Am 5, 4,14)

- "et vivre pour le bien"... : revenir à Dieu, et fixer en Lui son cœur. Avoir une ferme résolution d'une vie meilleure

Si c'est de tout votre cœur que vous revenez au Seigneur,
ôtez du milieu de vous les dieux étrangers...
Attachez fermement votre cœur au Seigneur,
et servez-Le Lui seul, et Il vous délivrera de vos ennemis. (1 S 7, 3)

"Les dieux étrangers"...
A nous de "transposer" : quelles sont les IDOLES des temps modernes qui nous tiennent en esclavage, si nous y attachons notre cœur ? (mode, télévision, sport, lectures futiles, excès d'alcools, jeux vidéo... ?)
C'est tout ce qui fait obstacle à la vie divine en nous, et que Dieu désire nous voir quitter pour fixer en Lui notre cœur : pour être à Lui.

La pénitence signifie d'abord le changement qui s'opère au plus profond du cœur sous l'influence de la Parole de Dieu et dans la perspective du royaume. (Mt 4, 17 - Mc 1, 14-15)
Mais pénitence veut dire aussi changer la vie en même temps que le cœur.
En ce sens l'action de faire pénitence se complète par celle de produire des fruits qui témoignent de la pénitence (Lc 3, 8) : c'est toute l'existence qui devient pénitentielle, c'est-à-dire tendue dans une progression continuelle vers le mieux.
Cependant, faire pénitence n'est quelque chose d'authentique et d'efficace que si cela se traduit en actes et en gestes de pénitence.
A ce point de vue, pénitence signifie, dans le vocabulaire chrétien, l'ascèse, autrement dit l'effort concret et quotidien de l'homme, soutenu par la grâce de Dieu en vue de :

- perdre sa vie pour le Christ, unique moyen de la gagner (Mt 16, 24-26 - Mc 8, 34-36 - Lc 9, 23)

- se dépouiller du vieil homme et revêtir l'homme nouveau (Ep 4, 23-24) ;

- surmonter en soi ce qui est charnel afin que prévale ce qui est spirituel (1 Co 3, 1-20) ;

- s'élever continuellement des réalités d'ici-bas à celles d'en-Haut, là où se trouve le Christ. (Col 3, 1-2)

La pénitence est donc la conversion qui passe du cœur aux œuvres et par conséquent à toute la vie du chrétien.
En chacune de ces acceptions, la pénitence est étroitement liée à la réconciliation, car se réconcilier avec Dieu, avec soi-même et avec les autres suppose que l'on remporte la victoire sur la rupture radicale qu'est le péché, ce qui se réalise seulement à travers la transformation intérieure ou conversion, qui porte des fruits dans la vie grâce aux actes de pénitence.

(Jean-Paul II Réconciliation et pénitence 1984 - § 4)

Les conditions d'une vraie et bonne pénitence : regretter - réparer - changer

En ces trois mots peut se résumer l'idée fondamentale du mot "pénitence".

- Déjà, dans la vie courante, nous sentons bien ce besoin de réparer ce qui a été cassé, ou mal fait... Par exemple, une chute en vélo (peut-être parce qu'on allait trop vite dans la descente... ?) entraîne :

1) un sentiment de regret, d'autant plus grand que les dégâts sont importants,

2) la nécessité de réparer le vélo, et, éventuellement de soigner le blessé…

3) et, si on est responsable de l'accident, on prend également la ferme résolution de faire plus attention la prochaine fois pour éviter le malheur ...

- Dans notre vie de relation avec Dieu, il en sera de même : nous faisons tous, dans notre vie, le triste constat du mal, du "péché".

Le mot de "pénitence" - et sa mise en pratique - n'a aucun sens s'il n'est pas relié au sens du péché.

Vertu ou sacrement, les conditions sont les mêmes :
pour être vraie, réelle, et nous obtenir le pardon, la pénitence requiert tous ces éléments :

- REGRETTER (contrition)

- RÉPARER (satisfaction)

- et enfin CHANGER de comportement. (résolution)

 

Le sacrement de Pénitence

La Pénitence oblige le pécheur à accepter volontiers tous ces éléments : dans son cœur, la contrition ; dans sa bouche, la confession ; dans son comportement, une totale humilité ou une fructueuse satisfaction (= réparation)
(Catéchisme du Concile de Trente, repris dans CEC 1450)

La contrition

Parmi les actes du pénitent, la contrition vient en premier lieu. Elle est une douleur de l'âme et une détestation du péché commis avec la résolution de ne plus pécher à l'avenir. (CEC 1451)

Aie pitié de moi, ô Dieu, selon ta grande miséricorde,
et selon l'immensité de ta Bonté, effacez mon péché...
car je reconnais mes offenses, et mon péché est toujours devant moi.
Contre Toi seul j'ai péché; ce qui est mal à tes yeux, je l'ai fait ..
Purifie-moi avec l'hysope, et je serai pur, lave-moi, et je serai plus blanc que la neige.
Détourne ton visage de mes péchés, efface toutes mes iniquités. (Ps 50)

Le mot "contrition" signifie "brisement", "broiement". On donne ce nom de "contrition" à la douleur des péchés pour signifier que le cœur du pécheur est comme "broyé" par le regret d'avoir offensé Dieu.

Le sacrifice agréable à Dieu, c'est un esprit brisé par le repentir ;
ô Dieu, Tu ne dédaignes pas un cœur contrit et humilié. (Ps 50, 19)

La contrition parfaite

Quand elle provient de l'amour de Dieu aimé plus que tout, la contrition est appelée "parfaite" (contrition de charité). Une telle contrition remet les fautes vénielles ; elle obtient aussi le pardon des péchés mortels, si elle comporte la ferme résolution de recourir dès que possible à la confession sacramentelle. (CEC 1452)

La contrition imparfaite

La contrition dite "imparfaite" est elle aussi un don de Dieu, une impulsion du Saint-Esprit. Elle naît de la considération de la laideur du péché, ou de la crainte de la damnation éternelle et des autres peines dont est menacé le pécheur (contrition par crainte)...
La contrition imparfaite n'obtient pas le pardon des péchés graves, mais elle dispose à l'obtenir dans le sacrement de Pénitence.
(CEC 1453)

Si l'on regrette le mal commis pour un motif simplement humain -. par exemple, ressentir un dépit personnel d'avoir mal agi, de ne pas avoir été "bien", on est surtout vexé de sa faiblesse - il ne s'agit pas là d'un motif surnaturel : il n'y a pas là "contrition" véritable !

Le regret du mal commis doit procéder d'un acte d'amour de Dieu :
le vrai, le bon motif de la contrition, c'est d'avoir offensé Dieu qui est si bon, et de Lui avoir été infidèle. C'est un motif "surnaturel" : le triste constat de notre faiblesse donne à l'âme une douleur d'autant plus grande qu'elle aime davantage Dieu.

Ses péchés, ses nombreux péchés, lui sont pardonnés parce qu'elle a beaucoup aimé.
Celui à qui on pardonne moins aime moins. (Lc 7, 47)

La confession

C'est l'aveu, ou l'accusation des péchés : il ne s'agit pas d'en faire un récit indifférent : elle doit être la manifestation vraie et repentante de nos péchés. Il faut accuser ses péchés avec humilité, franchise, simplicité, sans détails inutiles.

La confession des péchés, (l'aveu), même d'un point de vue simplement humain, nous libère et facilite notre réconciliation avec les autres. Par l'aveu, l'homme regarde en face les péchés dont il s'est rendu coupable…(CEC 1455)

L'aveu au prêtre constitue la partie essentielle du sacrement. (CEC 1456)

Confession des péchés mortels

Les pénitents doivent, dans la confession, énumérer tous les péchés mortels dont ils ont conscience après s'être examinés sérieusement, même si ces péchés sont très secrets et s'ils ont été commis seulement contre les deux derniers préceptes du Décalogue, car parfois ces péchés blessent plus grièvement l'âme et sont plus dangereux que ceux qui ont été commis au su de tous.
(Catéchisme du Concile de Trente, repris dans CEC 1456)

Confession des péchés véniels

Sans être strictement nécessaire, la confession des fautes quotidiennes (péché véniels) est néanmoins recommandée par l'Eglise. En effet, la confession régulière de nos péchés véniels nous aide à former notre conscience, à lutter contre nos penchants mauvais, à nous laisser guérir par le Christ, à progresser dans la vie de l'Esprit… (CEC 1458)

Notons encore, au passage, à propos des enfants :

Les enfants doivent accéder au sacrement de la Pénitence avant de recevoir pour la première fois la Sainte communion. (CEC 1457)

La réparation

Beaucoup de péchés causent du tort au prochain. Il faut faire le possible pour le réparer (par exemple : vol => restitution). La simple justice l'exige.
Mais en plus, le péché blesse et affaiblit le pécheur lui-même, ainsi que ses relations avec Dieu et avec le prochain. L'absolution enlève le péché, mais elle ne remédie pas à tous les désordres que le péché a causés.
Relevé du péché, le pécheur doit encore recouvrer la pleine santé spirituelle. Il doit donc faire quelque chose de plus pour réparer ses péchés : il doit "satisfaire" de manière appropriée ou "expier" ses péchés. Cette satisfaction s'appelle aussi "pénitence". (CEC 1459)

Il s'agit là de la "pénitence" que nous donnera le confesseur : le plus souvent, une prière à réciter après la confession. Mais ce peut être un pèlerinage, un jeûne, une privation, une réparation concrète…
Ce sera toujours une bien petite peine et compensation par rapport à l'infinie réparation qui a été payée pour nous par Jésus-Christ notre Sauveur :

Car c'est Lui seul qui sur la Croix a payé la dette de nos péchés, et a satisfait surabondamment à la justice de Dieu pour nous. Cette satisfaction est donc pleine et complète, et c'est elle seule qui donne du prix et du mérite à nos actions devant Dieu.
(Catéchisme du Concile de Trente)

L'absolution

"CONTRITION", "CONFESSION", "RÉPARATION" sont les "actes" du pénitent.

Le sacrement de Pénitence, sacrement du pardon, comporte un quatrième élément indispensable, "l'acte" du prêtre, qui est de nous donner L'ABSOLUTION, le pardon de Dieu (du verbe latin : absolvere, absoudre = détacher, délier, dégager, acquitter)

Plus précisément encore : c'est Dieu (par la personne du prêtre) qui nous pardonne nos péchés, nous acquitte de notre dette, nous délie - nous dégage - des liens du péché.

Non seulement nous recevons le pardon de Dieu pour nos péchés, mais le sacrement de Pénitence nous procure un autre bienfait infiniment précieux : c'est de nous donner toutes les grâces dont nous avons besoin pour nous corriger de ces défauts dont nous nous sommes accusés, nous fortifier dans nos faiblesses, et ainsi grandir dans l'amour de Dieu.

Ceux qui s'approchent du sacrement de Pénitence y reçoivent de la miséricorde de Dieu le pardon de l'offense qu'ils Lui ont faite et, du même coup, sont réconciliés avec l'Eglise que leur péché a blessée et qui, par la charité, l'exemple, les prières, travaille à leur conversion. (CEC 1422)

Le sacrement de Pénitence… et de Réconciliation

Ce sacrement est appelé sacrement de conversion puisqu'il réalise sacramentellement l'appel de Jésus à la conversion, la démarche de revenir au Père dont on s'est éloigné par le péché.
Il est appelé sacrement de Pénitence puisqu'il consacre une démarche personnelle et ecclésiale de conversion, de repentir et de satisfaction du chrétien pécheur.
Il est appelé sacrement de la confession puisque l'aveu, la confession des péchés devant le prêtre est aussi une "confession", reconnaissance et louange de la sainteté de Dieu et de sa miséricorde envers l'homme pécheur.
Il est appelé sacrement du pardon puisque par l'absolution sacramentelle du prêtre, Dieu accorde au pénitent "le pardon et la paix".
Il est appelé sacrement de la Réconciliation car il donne au pécheur l'amour de Dieu qui réconcilie : "Laissez-vous réconcilier avec Dieu" (2 Co 5, 20). Celui qui vit de l'amour miséricordieux de Dieu est prêt à répondre à l'appel du Seigneur : "Va d'abord te réconcilier avec ton frère" (Mt 5, 24). (CEC 1423-1424)

Précisons, tout d'abord, que la "réconciliation" avec Dieu ne peut se comparer avec celle que l'on demande à deux frères qui viennent de se disputer : on ne traite pas avec Dieu d'égal à égal...

La réconciliation vient de Dieu, pas de nous ; elle ne peut venir que de Dieu. Ce qui la rend possible, c'est la Bonté de Dieu et son infinie Miséricorde.

Tandis que la pénitence vient du pécheur (même si elle lui est suggérée par la grâce) : c'est au travers de la pénitence que Dieu accorde la réconciliation.

Cette réconciliation, qui passe par le Sacrement, nous est assurée par Dieu :

- d'abord en vertu du sacrifice du Rédempteur,

- et secondairement selon les bonnes dispositions du pécheur.

Du fond de ma misère, je crie vers Toi, Seigneur. Seigneur, écoute ma voix.
Que tes oreilles se fassent attentives à ma supplication.
Si Tu tiens un compte rigoureux de nos iniquités, Seigneur,
Seigneur, qui pourra tenir devant Toi ?
Mais auprès de Toi se trouve le pardon, et à cause de ta loi, j'espère en Toi, Seigneur.
Mon âme attend, confiante en ta parole ; mon âme a mis son espoir dans le Seigneur.
Car auprès du Seigneur est la miséricorde, auprès de Lui, une surabondante délivrance.
C'est Lui qui rachètera Israël de toutes ses iniquités. (Ps 129 - De profundis)


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