Le Carême dure 40 jours (six semaines de six jours + quatre jours avant le 1er dimanche de Carême, car le dimanche n'est pas un jour de pénitence).
L’Église inaugure le temps du Carême par l'imposition des Cendres. Quel est le sens de cette cérémonie ?

 L'Église inaugure le temps du Carême par l'imposition des Cendres. Quel est le sens de cette cérémonie ?

En faisant commencer le Carême par "les Cendres", l'Église nous rappelle que nous ne sommes rien si nous n'acceptons pas la présence de Dieu dans nos vies, si nous refusons sa grâce et si nous préférons les choses périssables aux valeurs impérissables que son Fils nous propose.

La cendre, image du péché et de la fragilité de l'homme

La cendre, ou la poussière, est l'image du péché et de la fragilité de l'homme, de ce qui reste du corps après que s'y soit éteint le souffle de la vie : Tu mangeras ton pain à la sueur de ton front, dit Dieu à Adam en le chassant du Paradis terrestre, après le péché originel, jusqu'à ce que tu retournes à la terre, parce que c'est d'elle que tu a été pris : car tu es poussière et tu retourneras en poussière. (Gn 3, 19)

Les cendres, un geste ancestral

Ce geste, qui nous vient de la tradition juive, fut repris ensuite dès la primitive Église.

Un signe de pénitence

Dans l'Ancien Testament, se couvrir la tête de cendres, revêtir un sac et jeûner sont les signes habituels de pénitence, qui expriment le repentir, comme le firent les Ninivites : pour éviter le châtiment promis par Dieu, ils firent pénitence sous la cendre et le cilice (Jon 3, 6). Ils ont ainsi obtenu d'être épargnés de la destruction dont Dieu les avait menacés.
Par ce signe, donc, l'homme pécheur implore le pardon de Dieu et prend la résolution de convertir son cœur pour aimer Dieu et son prochain.

Un signe d'humilité

C'est aussi un signe d'humilité de l'homme qui reconnaît son néant devant Dieu. Trois exemples :

- Abraham intercède pour les quelques justes pouvant rester dans les villes coupables (Sodome et Gomorrhe) : Voilà que j'ai osé parler au Seigneur, moi qui ne suis que cendre et poussière. (Gn 18, 27)

- Judith, avant de partir pour sa redoutable mission (couper la tête du général Holopherne), implore de Dieu une protection particulière :

Elle entra sans son oratoire et, revêtue d'un cilice, la tête couverte de cendre, elle se prosterna devant le Seigneur et l'invoqua dans sa prière... (Jdt 9, 1)

- La reine Esther, de la même façon, pour sauver son peuple de la destruction dont il était menacé,

quitte ses vêtements somptueux pour prendre des vêtements de détresse et de deuil, se couvre les cheveux de cendre et pendant trois jours supplie le Seigneur dans la prière et le jeûne. (Est 14, 1)

Un désir de conversion

Dans la primitive Eglise, les chrétiens coupables de fautes graves ou scandaleuses devaient se soumettre à la pénitence publique : au début du carême, l'évêque les aspergeait de cendres et les chassait de l'église (à l'image d'Adam chassé du Paradis terrestre) jusqu'au Jeudi-Saint, jour de la réconciliation, où ils recevaient l'absolution, étaient solennellement réintégrés dans la communauté et à nouveau admis à recevoir l'Eucharistie.
Par la suite, de nombreux fidèles vinrent aussi se soumettre à cette imposition des cendres, par humilité et pour exprimer leur véritable désir de conversion.

Laissons-nous conduire par la liturgie

Souviens-toi que tu es poussière, et que tu retourneras en poussière : voilà de quoi rabattre notre orgueil, en nous rappelant la sentence de mort que nous devons subir par suite du péché. Recevoir les cendres, c'est nous reconnaître pécheurs, et implorer le pardon et la miséricorde de Dieu qui ne manque jamais à ceux qui s'humilient du fond de leur cœur.

C'est surtout nous engager à nous détourner de tout mal pour vivre désormais de la vie nouvelle des enfants de Dieu, nous tourner vers Lui avec confiance et Lui soumettre toute notre vie : Convertissez-vous et croyez à l'Évangile.

Seigneur, Tu aimes tout ce qui existe et Tu n'as de répulsion pour aucune de tes œuvres. Tu fermes les yeux sur les péchés des hommes : Tu les invites à la pénitence et Tu leur pardonnes, car Tu es le Seigneur notre Dieu. (Sg 11, 23-26)
(Mercredi des Cendres, antienne d'ouverture ou introït)

Rien ne pourra mieux nous préparer à entrer généreusement dans ce Carême, que de méditer l'ensemble des textes de cette messe du Mercredi des Cendres et nous en imprégner. Cela nous permettra alors d'en faire vivre nos enfants.
On peut en lire l'un ou l'autre passage à la prière du soir, au besoin en adaptant le texte pour que les enfants le comprennent bien. N'hésitons pas à les emmener à cette cérémonie de l'imposition des Cendres, même les plus petits, en leur expliquant auparavant (dès qu'ils sont en âge de le comprendre) la signification de ce rite.

Les Cendres sont un "sacramental"

Le fait de les recevoir avec foi nous obtient les grâces actuelles qui nous aideront à vivre le Carême dans l'esprit de ce temps liturgique : pénitence, conversion du cœur, approfondissement de notre union à Dieu par la soumission à sa volonté.

Qu'est-ce qu'un sacramental ?

A la différence des sacrements, institués par Jésus-Christ Lui-même, les sacramentaux sont des rites symboliques établis et consacrés par L'ÉGLISE pour signifier et produire (comme les sacrements) des effets spirituels.

Les sacramentaux sont des signes sacrés, institués par l'Église, dont le but est de préparer les hommes à recevoir le fruit des sacrements, et de sanctifier les différentes circonstances de la vie. (CEC 1677)

Les principaux sacramentaux sont :

- la prière publique ( liturgie des Heures, le Notre Père, le Confiteor…) ;

- les processions (Rameaux, Fête-Dieu, Rogations…) ;

- l'eau bénite ;

- l'imposition des Cendres ;

- les bénédictions ;

- les objets bénits par les prières de l’Église (cierges, rameaux, chapelets, médailles, etc.) ;

- l'aumône (toutes les œuvres de miséricorde corporelle ou spirituelle)…

Certains sacramentaux sont employés dans l'administration des sacrements ou s'y rattachent :

pour le Baptême : les exorcismes et les onctions du Baptême,

pour l'Eucharistie : les expositions et bénédictions du Saint-Sacrement.

Les sacramentaux comportent toujours une prière, souvent accompagnée d'un signe déterminé, comme l'imposition de la main, le signe de la Croix, l'aspersion d'eau bénite (qui rappelle le Baptême).
Ils ne confèrent pas la grâce de l'Esprit Saint à la manière des sacrements, mais par la prière de l'Eglise, ils préparent à recevoir la grâce et disposent à y coopérer. (CEC 1668 -1670)


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