Pour nous introduire dans le mystère divin, le sens du sacré est d'une importance capitale Or, nous pouvons tous, hélas, constater que le monde dans lequel nous vivons est complètement désacralisé. Dans la mesure où nous-mêmes aurons une perception vive et nette de ce qu'est le "sacré", nos enfants s'en imprégneront, eux aussi, à travers nous.

Plan de ce document :
   - Le silence et la tenue.
   - Les gestes.
   - Les mots sacrés : réservés à Dieu.
   - La visite à l'église
   - La participation aux offices liturgiques.

 

Le silence et la tenue

LE SILENCE EST PORTEUR DU SACRÉ. Un instant de recueillement est indispensable avant de commencer la prière : on ne parle pas à Dieu n'importe comment.

Devant Dieu, on est devant le Roi des rois : on se tient bien, sans bouger (c'est essentiellement pour cette raison que la prière des tout-petits doit être très courte).

L'important est dans le caractère recueilli de ce moment de prière. C'est un peu comme si la vie s'arrêtait, pour que soient données à Dieu ces quelques secondes de recueillement. Cette exigence de calme et de tenue est en elle-même un tremplin pour parvenir au sens de la Présence de Dieu.

Les gestes

Puisque nous sommes faits d'un corps et d'une âme, la participation du corps est toujours nécessaire : la liturgie nous en donne d'innombrables exemples. Mais chez l'enfant, cette participation du corps devient indispensable : "l'enfant comprend en bougeant." (Maria Montessori).

C'est par le geste que le mystère pénétrera au cœur de l'enfant. Chaque fois que c'est possible, nous associerons le corps à la prière dans un geste approprié qui exprime le respect, l'adoration : s'agenouiller, se prosterner, s'incliner.

Apprenons-leur tous ces gestes de révérence, à s'agenouiller, ou savoir s'immobiliser quelques instants et garder le silence, pour être "attentifs à Dieu".

"L'exemple des parents a pour les enfants force de loi" (Mgr Chevrot).
Que ce soit pendant la prière, au cours de la messe à la consécration, devant le tabernacle lors d'une visite à l'église, ou devant le Saint-Sacrement exposé, c'est par notre EXEMPLE, par notre tenue, que nos tout-petits percevront le mystère de la Présence divine, et apprendront à L'adorer.

La meilleure des explications (qui n'en est pas une !) c'est notre attitude de foi, d'adoration.
Notre inclination, si elle est faite gravement, c'est le signe de la présence de Jésus…
(J.-M. DINGEON - Père et Mère à l'image de Dieu. p. 89)

Les mots sacrés : réservés à Dieu

On ne saurait trop recommander d'éviter, pour la prière des tout-petits, d'utiliser un "langage bébé" ou des formulations enfantines qu'ils abandonneront nécessairement un jour… au risque, en les rejetant, de rejeter aussi la foi de leur enfance.
Même si l'enfant ne comprend pas encore le sens des mots sacrés, ou s'il les "écorche", il sent dans ces mots le poids de mystère qui est le signe de la parole sacrée. Ces mots, il les aime et les répète avec bonheur… Il les comprendra plus tard. Ces mots seront gravés en lui pour toujours.
Mieux vaut donc introduire nos tout-petits d'emblée dans le langage liturgique, avec quelque belle phrase de psaume ou d'évangile, par exemple, que nous choisirons avec soin.

Quand on s'adresse à Dieu dans la prière, ou quand de façon occasionnelle on parle de Dieu, les mots employés doivent s'éloigner autant que possible du langage vulgaire (entendu au sens : d'usage trop courant). C'est ainsi que se formera chez l'enfant le sens du sacré : le sens de ce qui est réservé à Dieu.
Avant de comprendre la signification d'un mot ou d'une phrase, le tout-petit en pressent le sens profond par un don d'intuition qui lui est tout particulier. (…) Sur le plan religieux, la question du vocabulaire est d'une grande importance : c'est en partie par le vocabulaire religieux que s'édifie le sens de Dieu. …
(J.-M. DINGEON - Père et Mère à l'image de Dieu. p. 35)

Le signe de la Croix, introduction au mystère de la Sainte Trinité

N'hésitons pas (dès 18 mois et même avant) à exercer la foi de nos tout-petits en leur apprenant à faire le signe de croix.
Nous pouvons en faire un véritable acte d'adoration, avec tout le respect, l'application consciente du geste, et l'attention aux paroles, en disant très lentement, après un temps de silence :

"Au nom du Père, ET du Fils, ET du Saint-Esprit."

Ces mots, inintelligibles pour l'instant pour un tout-petit, se graveront cependant dans son cœur, et c'est là l'essentiel. L'important, c'est que les enfants apprennent à faire leur signe de croix toujours avec un grand respect.

La visite à l'église

En dehors de l'heure de la messe du dimanche, ayons à cœur d'amener nos petits à l'église de temps en temps, en semaine, si cela est possible (l'église est-elle ouverte ?), pour une courte visite : "nous allons voir Jésus ?"

L'église, c'est la maison de Dieu : c'est pour cela qu'on s'y tient bien, qu'on respecte le silence. On ne court pas dans l'église, on marche doucement, on ne crie pas. Quelqu'un est là, JÉSUS EST LA : simple affirmation, mais prononcée sur un ton recueilli, intérieur, plein d'un immense respect ; pas d'explications, ou le moins possible. Pour un petit de 2 ans… ou même moins, cela suffit.

L'enfant aime ces petites visites : nous sommes seuls dans l'église, dans le silence et la pénombre.

Le tabernacle
Nous allons tout droit à l'autel du Saint-Sacrement, et nous faisons devant le tabernacle une belle génuflexion. En silence. Puis quelques paroles, à mi-voix : "Jésus est là, au tabernacle. Jésus, je sais que Vous êtes là, je Vous adore".
Un beau salut, quelques instants de silence. Puis, à nouveau, on s'incline, on se relève et on repart.

Pour désigner le tabernacle, surtout évitons les mots profanes comme "petite maison", "armoire" : non, c'est "le TABERNACLE". Ce mot est réservé à la demeure de Jésus-Hostie, et sa Présence est signalée par la petite lampe rouge allumée.

Les vitraux, les statues
Lorsque l'enfant a un peu grandi, à partir de 4 ans, nous pouvons faire le tour de l'église, regarder les statues, les vitraux, raconter tout ce qu'on y voit… Cela peut nous entraîner à raconter l'histoire des saints qu'on voit représentés : ce sont "les amis de Jésus, ceux qui L'ont beaucoup aimé et qui maintenant sont près de Lui dans le ciel".

Les objets
Au cours de la messe, l'enfant, vers 5 ou 6 ans, va aussi s'intéresser à tous les objets dont le prêtre se sert : calice, patène, hostie, burettes, etc. : mais toujours, donnons d'emblée leur vrai nom à ces objets du culte.

La participation aux offices liturgiques

Au sujet de la présence des petits à la messe du dimanche (sans parler ici des problèmes que cela pose souvent aux parents !), disons seulement qu'on ne peut leur demander de bien se tenir et de se taire, s'ils ne voient pas ce qui se passe à l'autel.
En soi, la présence des petits à la messe est un excellent élément de la formation au sens du sacré …à condition bien sûr d'avoir une belle liturgie, digne de ce nom.

En dehors de ce cas, un petit de 4 ou 5 ans est tout à fait capable d'adorer Jésus au Saint-Sacrement du reposoir du Jeudi-Saint, ou de suivre l'Adoration de la Croix.

LES PROCESSIONS LITURGIQUES de la Chandeleur, des Rameaux, de la Fête-Dieu, sont aussi un enseignement très parlant, à la portée des plus petits : revenus à la maison, vous les entendrez continuer à chanter, comme dans l'Évangile : "Hosannah, Hosannah, Hosannah au Fils de David !"

C'est en voyant de belles cérémonies que l'enfant sentira, d'instinct, la grandeur de Dieu, la nécessité de se faire petit devant Lui et de L'adorer.
Leur retour cyclique, d'année en année, établit dans le cœur de l'enfant, avec la certitude de la transcendance divine, une imprégnation qui lui donnera, de façon indélébile, le sens du sacré.


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