Nous allons vivre avec nos enfants le Temps Pascal, puis celui de l'Ascension et de la Pentecôte. Comment le faire vivre aux plus jeunes d'entre eux ?

Nous allons vivre avec nos enfants le Temps Pascal, puis celui de l'Ascension et de la Pentecôte. Comment le faire vivre aux plus jeunes d'entre eux ?

Raconter les différentes apparitions de Jésus

Ces récits ont une grande importance pour ancrer dans le cœur de nos petits la foi en la Résurrection.

A cet âge (avant 7 ans), l'enfant a seulement besoin, pour croire, de "simples affirmations" : encore faut-il qu'on leur fasse connaître, au temps voulu - le temps pascal - ces merveilleux épisodes de la vie de Jésus !

Mais ces affirmations, soyons-en certains, c'est dans notre propre foi qu'elles vont trouver leur fondement, leur solidité, et c'est cela qui permettra à l'enfant d'y adhérer sans hésitation.
C'est de cette manière que la foi se transmet (d'où l'importance, pour nous-mêmes, de fortifier et nourrir notre foi dans l'étude et l'oraison).

Parents, pendant toute cette semaine de Pâques, prenez donc le temps de raconter à vos enfants les apparitions de Jésus après sa Résurrection.

Les moments favorables : au moment de la prière du soir (avant ou après), juste avant d'aller dormir. Nous insistons sur le fait qu'il faut toujours ne raconter qu'un seul récit a la fois : sinon, les petits embrouilleraient tout.
Mais, avant d'en commencer un nouveau, il sera bon, à l'aide de quelques questions, de faire rappeler aux enfants le récit précédent, ce qui permet l'enchaînement avec le suivant.

Pour le récit proprement dit, voici seulement ici la trame pédagogique qui vous aidera à tirer l'essentiel de chacune des apparitions. Ce sont les évangiles des différents jours de la semaine de Pâques : vous les trouverez donc sans peine dans votre missel.

Si vous cherchez un texte plus "adapté" à des petits, voici quelques titres :

- "Jésus est Dieu, le Pain des petits" (Ed Tequi),

- La Bible à raconter au fil des fêtes, de Cécile Loupan. (Ed. Presses de la Renaissance)

- La Miche de pain (Ed. Elor),

- L'Évangile d'une Grand'Mère, de la Ctesse de Ségur. (Ed DMM)

A chaque fois, nous inviterons les enfants à s'associer aux attitudes d'âme des personnages dont il est question. Ce que nous avons à faire passer dans ces récits, c'est :

- notre joie du triomphe de Jésus, notre triomphe aussi,

- notre certitude qu'Il ne nous a pas laissés seuls,

- et l'assurance que notre place est marquée au ciel et qu'il ne faut pas la perdre.

Nous pourrons noter aussi qu'à chacune de ses apparitions, Jésus apporte avec Lui la Paix.
A plusieurs reprises, Il commence la rencontre par ce mot : "la Paix soit avec vous".
Et même sans le dire, sa présence apporte toujours une immense paix et la joie à ceux qui L'aiment.

Les saintes femmes au tombeau

Vérité de base :
Jésus est sorti vivant du tombeau. Il est ressuscité : sa Divinité éclate à nos yeux.

Attitude d'âme :
Joie de savoir Jésus ressuscité.
Acte de foi en sa toute-puissance.
Espérance dans le bonheur du Ciel qui nous est maintenant ouvert.

Apparition à sainte Marie-Madeleine

Vérité de base :
le Seigneur Jésus s'est montré à Marie-Madeleine qui Le cherchait.

Attitude d'âme :
nous croyons qu'au Ciel nous verrons Jésus. En attendant, nous savons que, même si nous ne Le voyons pas, nous pouvons Le trouver à l'église, au tabernacle.

Les disciples d'Emmaüs

Vérité de base :
Jésus s'est montré à deux autres de ses disciples : à leur demande, parce qu'Il est bon, Il a accepté de rester avec eux.

Attitude d'âme :
Comme les disciples qui cherchaient Jésus, nous aussi, nous le cherchons, nous désirons Le connaître, et surtout nous voudrions toujours rester avec Lui.

Apparition le soir, au Cénacle, aux apôtres réunis

Vérité de base :
Jésus vient fortifier la foi de ses apôtres en leur expliquant le sens des Écritures.
Il leur donne le pouvoir de pardonner les péchés en son Nom.

Attitude d'âme :
Comme les apôtres, si heureux de Le retrouver, nous aussi, demandons-Lui de toujours croire en Lui.
Remercions-Le d'avoir donné aux prêtres le pouvoir de pardonner nos péchés. N'hésitons pas à aller en toute confiance nous confesser chaque fois que nous en avons besoin.

Apparition à Thomas

Vérité de base : lorsque Jésus disait :"Heureux ceux qui croient sans avoir vu" (Jn 20, 29), Il pensait à nous, à chacun de nous qui croyons sans Le voir.

Attitude d'âme :
la foi est un don. Il faut la demander : pour croire, nous avons besoin de l'aide du Seigneur.

Apparition au bord du lac de Tibériade

Vérité de base : Jésus permet à ses amis de faire une pêche miraculeuse. Et lorsqu'ils reviennent au rivage, Jésus leur avait préparé un repas avec du poisson grillé et du pain, pour qu'ils reprennent des forces après avoir travaillé toute la nuit.

Attitude d'âme : Pour avoir une âme forte, il faut aller à Jésus, Le recevoir dans la Communion où Il nourrira notre âme, Il lui donnera toutes les forces dont elle a besoin pour faire le bien.

Après un récit, gardons quelques instants de silence

Que chacun imagine intérieurement, avec les "yeux de son âme" (c'est contempler) la scène qu'il vient d'entendre raconter :

qu'il voie Jésus

consoler Marie-Madeleine ou les Sainte Femmes,
marcher avec les pèlerins d'Emmaüs,
préparer pour ses amis un poisson grillé au bord du lac de Tibériade...

qu'il s'identifie à Saint Thomas : "Mon Seigneur et mon Dieu !"

Faire grandir dans l'âme de nos enfants la foi en la Divinité de Jésus

C'est là le grand intérêt de ces récits : la Résurrection de Jésus est le plus grand de tous les miracles, jamais un homme n'a pu se ressusciter lui-même.

Seul, Jésus a pu se ressusciter, parce qu'Il est Dieu, et que Dieu peut tout faire.

Dieu a voulu ce grand miracle de la Résurrection pour bien montrer au monde que son Fils n'était pas un homme comme les autres, mais que, aussi, Il est Dieu et c'est parce qu'Il est Dieu qu'Il a pu sauver le monde, ouvrir le Ciel.

Attachons-nous à faire grandir en nos enfants la foi en la divinité de Jésus, à développer leur amour pour Lui. L'exemple de foi et de charité des Apôtres et des Saintes Femmes leur montrera :

- comment on aime Jésus,

- comment on Le cherche,

- comment on Le trouve.

C'est tout ce que nous avons aussi à faire, à notre tour : car Jésus aime qu'on Le cherche, qu'on aille à Lui, comme a fait Marie-Madeleine. Nous cultiverons ainsi en eux :

- leur amour et leur foi en Jésus-Dieu,

- la vie intérieure, cette vie avec le Christ.

- et leur vie d'enfants de Dieu dans l'Église, développant ainsi la fierté et la joie de leur titre de "chrétiens".

Développer en eux la vie intérieure

Comment développer en eux cette vie avec le Christ ?

- Jésus est toujours dans nos vies si nous L'appelons, si nous Lui parlons.

- Il est toujours vivant : on peut toujours Le trouver à l'église, au tabernacle.

- Apprenons à partager avec Lui nos joies et nos peines.

Proposons-leur, ensuite, un acte de foi et d'amour :

"Nous allons dire à Jésus de tout notre cœur que nous croyons en Lui, que nous savons bien qu'il est le Fils de Dieu, mais qu'Il est aussi présent dans notre vie et que nous L'aimons de tout notre cœur".

Une catéchiste chevronnée nous fait partager son expérience sur ce point :

"Tous les récits du temps pascal montrent que Jésus est toujours là, veillant sur nous, prêt à répondre à notre appel. Il faut que nos enfants sentent cela, qu'ils réalisent comment l'on vit avec Jésus. La vie des Apôtres, des saintes femmes après la Résurrection, cherchant Jésus, n'est-ce pas la nôtre ?...

Madeleine, la première, a vu Jésus. Pourquoi ? Parce qu'elle L'aimait beaucoup.
Elle s'était levée de grand matin pour aller au tombeau, et, n'ayant pas trouvé Jésus, elle n'était pas repartie, elle L'appelait, elle Le voulait : "Mon Jésus,où êtes-Vous ? Je Vous veux, je ne peux rien faire sans Vous." Et Jésus s'est montré à Madeleine.

C'est toujours ainsi quand nous appelons Jésus, nous sommes sûrs qu'Il est là.
(Notre foi affirmative doit passer en l'âme de nos enfants).

- Voulez-vous, mes enfants, que nous fassions comme Madeleine ? Moi, je vais faire comme elle, je vais dire : "Mon Jésus, je Vous veux", parce que j'aime beaucoup Jésus.

J'étais debout, je suis restée debout, j'ai fermé les yeux. Tous mes petits, 6 et 7 ans, étaient en prière. Il m'a fallu attendre (les enfants ont toujours une prière plus longue que la nôtre).
Quand ils eurent fini, je leur dis :"J'ai appelé Jésus".
Des enfants heureux, encore recueillis, ont murmuré : "Moi aussi, moi aussi."

- "Eh bien ! Jésus est là, nous en sommes sûrs".

Et nous affirmons notre foi :

"- Pourquoi ne Le voyons-nous pas ?...
- Où est-il dans son corps ? - Au ciel ! Au tabernacle !
- Eh oui ! et ici, Il est sans son corps, c'est pourquoi nous ne Le voyons pas.
- Quand Le verrons-nous ? - Au ciel. - On sera content de Le voir ?...

Et notre conversation part dans le ciel.

Soulignons l'importance, dans cette première formation, de la culture de la vie intérieure.
Nous avons des âmes pures qui appellent cette vie, c'est donc le moment de créer chez l'enfant l'habitude de rentrer en lui-même pour y trouver Dieu, pour vivre avec Lui.

(Mme DAMEZ. Comment faire jaillir la vie. 1943. TEQUI)

Prier pour ceux qui n'ont pas la foi ou qui ne connaissent pas Dieu

En tant qu'enfants de Dieu, dans l'Église, nous prierons aussi, en ce temps de Pâques, pour tous ceux qui ne connaissent pas Jésus, et qui ne vont jamais à l'église : "Mon Dieu, ramenez tous les hommes à l'Eglise."

Pour des enfants un peu plus grands : la visite de Jésus aux "Limbes"

"Est descendu aux enfers...", chantons-nous dans le Credo (cf. CEC § 631-635) :

A partir de 6 ou 7 ans (cela dépend des enfants), on pourra commencer les récits de la Résurrection par la visite de Jésus aux "Limbes".

Ce mot n'est plus très utilisé, il vient du latin et signifie "lisière", "bordure", "région mal définie".
Au pluriel, il désigne ce que la Sainte Écriture appelle aussi "l'Hadès" ou "le Shéol", ou encore "les enfers" : ces "régions inférieures de la terre" où se trouvaient les âmes des justes avant la Rédemption (CEC 633). Voir aussi

Il sera donc nécessaire de bien préciser la différence entre "les enfers" - ou "limbes" - et "l'enfer" où sont les démons et tous les méchants. Voici ce qu'en dit le Catéchisme :

Jésus n'est pas descendu aux enfers pour y délivrer les damnés ni pour détruire l'enfer de la damnation, mais pour libérer les justes qui L'avaient précédé. (CEC 633)

Ce récit permet de faire la jonction avec le péché originel et ses conséquences. Nous rappellerons que les hommes ne pouvaient plus entrer au ciel : c'est Jésus qui nous en a rouvert la porte en mourant pour nous sur la croix, pour demander pardon à Dieu à notre place pour nos péchés.

Tandis que le corps de Jésus était déposé dans le tombeau, son âme est "descendue aux enfers" pour visiter les âmes de tous les "justes" morts depuis le début du monde. Document complémentaire : "Est descendu aux enfers..."


Les justes, ce sont tous ceux qui avaient été bons, qui avaient été les amis de Dieu : lorsqu'ils sont morts, ont-ils pu entrer au Ciel ?

- Non, puisque le Ciel était fermé depuis le péché d'Adam et Ève.

Où donc étaient-ils ?

- Ils ne pouvaient pas être en enfer, puisqu'ils avaient été bons.
Ils étaient dans un lieu qu'on appelle "les enfers" (ce qui veut dire "sous la terre"), ou les limbes.

Cherchons ensemble qui pouvait être là ?...

Adam et Ève, qui avaient demandé pardon et avaient fait pénitence ;
Abel, leur fils, qui avait offert à Dieu son plus bel agneau, tout ce qu'il avait de plus beau ;
et puis Abraham, (Isaac, Jacob, Joseph, Moïse, David... (ne citer que ceux que les enfants connaissent)

Et puis ? ... Depuis beaucoup moins longtemps ? ... Les saints Innocents, saint Joseph…
Les parents de la Sainte Vierge (les grands-parents de Jésus) : sainte Anne et saint Joachim,
Et puis encore ? saint Jean-Baptiste (le roi Hérode lui avait fait couper la tête).
Et encore qui ?... le dernier venu ?... le bon larron !

Là, dans les limbes, ils attendaient tous avec patience la venue du Sauveur qui leur ouvrirait le Ciel.

Ce fut donc une grande joie pour eux de voir le Sauveur.
Tous se réjouirent d'une très grande joie, et L'adorèrent avec amour et reconnaissance.
Jésus leur a donné une grande consolation et leur a promis de les emmener bientôt avec Lui au Ciel, lorsqu'Il y montera Lui-même le jour de l'Ascension.

Cette scène a inspiré beaucoup d'artistes : icônes ou grandes fresques murales.
Elle est toujours très spectaculaire : on y voit les "portes de l'enfer" renversées, avec le démon écrasé et grimaçant au-dessous et, au-dessus, le Christ vainqueur tirant de l'obscurité Adam et Eve et tous ceux qui les ont suivis…
Si l'on peut trouver une reproduction de ce genre, notre récit en sera d'autant plus facilité et parlant !


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