Cet enseignement de Jean-Paul II met bien en lumière la nécessité pour l'homme "d'être sauvé". Il précise clairement et fermement la doctrine du mystère pascal de mort et de résurrection.

 

Un enseignement du pape Jean-Paul II

Ces pages mettent bien en lumière la nécessité pour l'homme "d'être sauvé" ;
elles précisent clairement et fermement la doctrine du mystère pascal de Mort et de Résurrection.

Dieu sauve l'homme par le Christ : par sa Croix et sa Résurrection

Quand l'ange Gabriel annonce à la Vierge de Nazareth la naissance du Fils en révélant que "son Règne n'aura pas de fin" (Luc 1, 33), il est certes difficile de prévoir que ces paroles annoncent de tels évènements (le jugement et la mort de Jésus sur la Croix) ; que le Règne de Dieu dans le monde s'établira à un tel prix ; qu'à partir de ce moment, l'histoire du salut de l'humanité tout entière devra suivre le chemin de la Croix. (...)

Ce qui est arrivé sur le Golgotha est un fait historique. Mais il n'est pas limité dans l'espace et dans le temps. Il remonte dans le passé jusqu'à l'origine du monde et il ouvre l'avenir jusqu'à la fin de l'Histoire. Il récapitule toute l'humanité de tous les lieux et de toutes les époques.
Le Christ est ce que l'humanité attend et en même temps Il en est l'achèvement :

"Et son Nom, donné aux hommes, est le seul qui puisse nous sauver.". (Ac 4, 12)

Le christianisme est une religion du salut. Cette doctrine du salut est contenue dans le Mystère pascal.
Pour espérer être sauvé en Dieu, l'homme doit s'arrêter au pied de la Croix du Christ.
Ensuite, le dimanche qui suit le Samedi Saint, il doit se trouver devant le tombeau vide et entendre ce qui a été dit aux femmes de Jérusalem : "Il n'est pas ici, car Il est ressuscité". (Mt 28, 6)
De la Croix à la Résurrection, se fait jour la certitude que Dieu sauve l'homme, qu'Il le sauve par le Christ, par sa Croix et sa Résurrection.

Mais que veut dire "être sauvé" ?

Sauver veut dire délivrer du mal. Il ne s'agit pas seulement des maux de nature sociale... ni seulement des maladies, des catastrophes, (...) de tout ce qui dans l'histoire de l'humanité est considéré comme un malheur.

Sauver veut dire délivrer du mal radical et irréversible. Même la mort n'est plus un mal irrémédiable, puisqu'elle est suivie par la Résurrection. La Résurrection est l'œuvre du Christ. Par Lui et en Lui, la mort cesse d'être un mal sans recours : elle est vaincue par la puissance de la Vie !

Le monde ne détient pas de puissance semblable. Le monde peut perfectionner ses techniques thérapeutiques en différents domaines, mais il demeure finalement impuissant à délivrer l'homme de la mort. Pour cette raison, le monde ne peut en aucune façon être conçu ou présenté comme la source du salut pour l'homme.

Seul Dieu sauve. Il sauve toute l'humanité dans le Christ.
Le nom même de Jésus, "Dieu qui sauve", proclame notre salut. (...)

Sauver veut dire délivrer du mal absolu.
Le mal n'est pas seulement le déclin progressif de l'homme au fur et à mesure que le temps s'écoule et avec l'écroulement final dans l'abîme de la mort.
Car le mal plus radical encore, c'est le rejet de l'homme par Dieu, c'est-à-dire la damnation éternelle,
conséquence du rejet de Dieu par l'homme. La damnation est l'envers du salut.

Mais damnation et salut sont liés au fait que l'homme est appelé à la vie éternelle.
L'une et l'autre présupposent l'immortalité de l'être humain.
La mort temporelle ne peut pas faire que l'homme ne soit plus destiné à la vie éternelle.

Qu'est-ce que la vie éternelle ?

C'est le bonheur qui provient de l'union avec Dieu. Le Christ affirme :

La vie éternelle, c'est qu'ils Te connaissent, Toi, le seul vrai Dieu,
et de connaître Celui que Tu as envoyé, Jésus-Christ. (Jn 17, 3)

L'union avec Dieu se réalise dans la vision de l'Être divin "face à face" (1 Co 13, 12) ...
Seule la vision de Dieu face à face permet à l'homme de jouir de toute la plénitude de la Vérité. C'est de cette façon seulement que peut être satisfait définitivement le désir de l'homme : contempler la Vérité.

Mais le salut va plus loin encore.

En connaissant Dieu face à face, l'homme rencontre la plénitude absolue du Bien. (...)
Puisqu'Il est plénitude du Bien, Dieu est plénitude de vie. La vie est en Lui et vient de Lui.
Cette vie n'a pas de limites dans l'espace et le temps.

La vie éternelle consiste à participer à la vie de Dieu Lui-même, dans la communion du Père, du Fils et du Saint-Esprit. (...) Dieu veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la Vérité. (1 Tm 2, 4)

Le bonheur dont nous sommes comblés par la connaissance de la Vérité, par la vision de Dieu face à face, la communion à sa Vie, ce bonheur répond si profondément à l'aspiration inscrite dans l'être même de l'homme que cette citation de saint Paul ne peut laisser subsister aucun doute : Dieu veut que tous les hommes soient sauvés.

Le christianisme est une religion du salut

Cette doctrine du salut est celle de la Croix et de la Résurrection. Dieu veut que "l'homme vive".
Par la mort du Fils, Il se fait proche de chaque homme, afin de lui révéler la Vie à laquelle Il l'appelle.
Tout homme qui désire être sauvé, et pas seulement le chrétien, doit s'arrêter devant la Croix du Christ...

Mais cet homme-là saura-t-il accepter la vérité du Mystère pascal ? Saura-t-il croire ?
C'est déjà une autre question, car le Mystère du salut est un fait désormais accompli. Par la Croix et la Résurrection de son Fils, Dieu prend dans ses bras tous les hommes de tous les temps. Il les embrasse tous dans la vie qui est manifestée par la Croix et la Résurrection et qui ne cesse d'en jaillir.

Le Mystère pascal est désormais greffé à l'histoire de l'humanité comme à l'histoire particulière de tout homme. L'allégorie de la vigne et des sarments dans l'Évangile selon saint Jean nous aide à le comprendre (Jn 15, 1-5)

Ce salut est rendu possible par l'Amour et dans l'Amour

La doctrine chrétienne du salut proclame que c'est la plénitude de vie qui sauve.
Il ne s'agit pas seulement d'un salut rendu accessible par la découverte de la vérité dans la Révélation, mais plutôt d'un salut rendu possible par l'Amour et dans l'Amour.
On pourrait dire que la doctrine chrétienne repose avant tout sur l'Amour divin. (…)

Cette doctrine du salut s'exprime dans la vie sacramentelle de l'Eglise

Le Christ, venu pour que les hommes aient la vie, pour qu'ils l'aient en abondance, (Jn 10, 10), nous ouvre les sources de cette vie.
Il nous y donne accès essentiellement dans son Mystère pascal de mort et de Résurrection.

A ce Mystère sont liés le Baptême et l'Eucharistie, ces sacrements qui déposent en l'homme les germes de la vie éternelle. Dans le Mystère pascal, le Christ a également établi la puissance régénératrice du sacrement de la réconciliation. (...)

La doctrine du salut s'exprime encore dans le culte. Au centre de tout "l'opus laudis" (l'œuvre de louange), se trouve la célébration de la Résurrection et de la Vie. (...)

Le culte de la Croix du Christ a modelé l'histoire de la prière chrétienne

Il a inspiré les plus grands saints que l'Eglise a engendrés au cours des siècles.
Tous, à commencer par saint Paul, ont vénéré la Croix du Christ.

Pour moi, puissé-je ne me glorifier que dans la Croix de Notre Seigneur Jésus-Christ
par laquelle le monde est à jamais crucifié pour moi et moi pour le monde.(Ga 6, 14)

Parmi eux, saint François d'Assise occupe une place éminente, mais il n'y a pas que lui.
Il n'est pas de sainteté chrétienne sans dévotion à la Passion, comme il n'est pas sainteté sans que soit reconnu le primat du Mystère pascal.

Cette action salvatrice est toujours orientée vers l'éternité

Ainsi s'est développée, pendant deux mille ans, cette grande synthèse de vie et de sainteté dont le Christ est toujours le centre.
Cependant, tout en étant orienté vers la vie éternelle, vers le bonheur qui se trouve en Dieu, le christianisme et en particulier le christianisme occidental, n'est jamais devenu une religion indifférente au monde. Il a toujours été ouvert au monde, à ses questions, ses inquiétudes, ses attentes. (…)

Cette action salvatrice, sans cesse adaptée à la "figure de ce monde qui passe", est orientée en permanence vers l'éternité, vers la plénitude de la vie.
L'Eglise ne perd jamais de vue cette plénitude définitive à laquelle le Christ nous conduit.

(Jean-Paul II. Entrez dans l'Espérance. 1994. Ed MAME-PLON. p. 114-126)


Ensemble pour la Semaine Sainte - Page d'accueil - Index général

Ensemble pour le Vendredi Saint