Désirer et attendre le Sauveur, telle est la spiritualité propre du temps de l'Avent.
Quelques pistes de réflexion pour orienter notre vie intérieure dans cette première phase du cycle liturgique.

 Désirer et attendre le Sauveur, telle est la spiritualité propre au temps de l'Avent. Ce temps liturgique  nous fait revivre tout l'itinéraire de l'Ancien Testament, depuis la chute originelle d'où découlent tous les malheurs de l'humanité. C'est ce long cri d'espérance de l'homme tombé dans le péché, mais qui sait cependant qu'il ne peut se passer de l'amitié divine et de son soutien :

Réveille ta puissance, Seigneur, et viens nous délivrer !
Viens, montre-nous ton visage, et nous serons sauvés ! (Ps 79 3-4)

L'homme pécheur éprouve le besoin
de "rentrer en grâce" avec Dieu

Conscients de leur faiblesse, de leur impuissance à faire le bien, les hommes, éprouvent le besoin de "rentrer en grâce" avec Dieu : ils L'appellent à leur secours, avec la totale confiance que Lui seul pourra les sortir de leur misère :

Dieu de toute force, reviens ! et nous ne nous éloignerons plus de Toi.
Rends-nous la vie, et nous invoquerons ton Nom. (Ps 79, 15)

Dieu a promis aux hommes de leur envoyer un Sauveur

Cette promesse a rendu courage à des générations de croyants, qui ont puisé là toute la force pour vivre dans la fidélité au Seigneur.

Voici que Dieu lui-même viendra et Il vous sauvera. (Is 35, 4)

Le nom de Jésus signifie "DIEU SAUVE" :

"C'est Lui que Dieu, dans sa Miséricorde, a promis aux hommes pour être le Sauveur du genre humain perdu par le péché, pour que sa lumière instruise les ignorants, que sa sainteté justifie les impies, que sa force fortifie les faibles..." (ancienne préface de l'Avent)

Le sens du péché

On ne peut rien comprendre au sens de ce temps de l'Avent si on ne le relie pas au sens du péché : c'est le péché qui nous éloigne – ou, même, nous sépare - de Dieu.

Vraiment, je ne comprends pas ce que je fais : le bien que je veux, je ne le fais pas,
et le mal que je ne veux pas, je le commets… (Rm 7, 15, 24)

et c'est du péché que le Sauveur vient nous délivrer :

Demain la méchanceté de la terre sera effacée, et le Sauveur du monde sera notre Roi.
(Esd 16, 5)

Nous avons besoin de Dieu

Cette intervention de Dieu dans nos vies, nous la désirons, nous savons que nous en avons besoin pour qu'elle nous aide à devenir véritablement "à l'image de Dieu et à sa ressemblance"...
C'est cette action de Dieu en nous qui nous apporte la lumière dont nous avons besoin pour avancer sur le chemin qui nous mène à Lui.

Ta parole est une lampe devant mes pas, une lumière qui éclaire mon chemin… (Ps 118, 105)

Voici que notre Seigneur viendra avec puissance, et illuminera les yeux de ses serviteurs. (Is 40, 10)

Et Jésus dira :

Je suis la lumière du monde. Celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres,
mais il aura la lumière de la vie. (Jn 8, 12)

Puisque voici venir le temps du salut, préparons-nous :

La nuit est avancée, le jour est tout proche.
Rejetons donc les œuvres de ténèbres, et revêtons les armes de lumière... (Rm 13, 12)

"Revêtir les armes", cela veut bien dire qu'il s'agit d'un combat.
Oui, la vie chrétienne ne va jamais sans un combat pour faire prévaloir en nous le bien sur le mal.
Et pour cela, nous avons bien besoin de la lumière et de la grâce de notre Sauveur.

N'est-ce pas là le programme qui nous est proposé pendant ce temps de l'Avent, pour préparer sa venue dans nos cœurs ?

Quitter les ténèbres et venir à la lumière

Lumière, ténèbres... le choix nous est laissé :

La vraie lumière, qui éclaire tout homme, est entrée dans le monde.
Il était dans le monde, et le monde a été fait par lui, et le monde ne l'a pas reconnu.
Il est venu chez les siens, et les siens ne l'ont pas reçu. (Jn 1, 9-11)

La lumière est venue dans le monde,
et les hommes ont préféré les ténèbres à la lumière, parce que leurs œuvres étaient mauvaises. (Jn 3, 19)

"Il est venu chez les siens, et les siens ne l'ont pas reçu"...

N'est-ce pas cela qui s'est passé dans la nuit de Noël, à l'arrivée de Joseph et Marie à Bethléem ?

"Il n'y avait pas de place pour eux à l'hôtellerie" (Lc 2, 7)

Si les gens de Bethléem - et plus encore, par la suite, la plupart des contemporains de Jésus - ne l'ont pas "reconnu", c'est parce qu'ils ont fermé leur cœur à son enseignement, ils n'ont pas voulu Le recevoir. Mais pourquoi ?

Le souci du monde et la séduction de la richesse étouffent la Parole, qui devient stérile.
(Mt 13, 22 - Évangile du Semeur)

Ceci, hélas, n'est pas seulement un tableau du temps passé... Depuis, combien refusent de Le recevoir, et pour les mêmes raisons ?
Mais, à l'inverse, d'autres accueillent avec joie sa Parole...

"Mais à tous ceux qui l'ont reçu, il a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu"… (Jn 1, 12)

Si quelqu'un m'aime, il gardera ma parole, et mon Père l'aimera,
et nous viendrons en lui, et nous ferons en lui notre demeure. (Jn 14, 23)

Celui qui accueille la Parole de Dieu, c'est celui qui "fait la volonté de Dieu" : celui-là sera aimé de Dieu, et aura la joie de recevoir en lui la Présence divine, par l'état de grâce.

"Nous ferons en lui notre demeure" : accueillir Jésus en nous ? mais c'est là la vraie JOIE de NOËL !

Cette Présence est infiniment précieuse, aussi faut-il la conserver avec le plus grand soin.

Pour rester attentifs à la Présence de Dieu

Le silence intérieur

Mais attention ! Si grande et forte qu'elle soit, cette Présence de Dieu dans l'âme est fragile : elle demande que, par le silence, le recueillement, nous restions plus attentifs à Dieu qu'à tout autre chose, et surtout à tout ce qui se passe au dehors.

Il est bon d'attendre dans le silence le salut de Dieu. (Lm 3, 26)

La Présence de Dieu dans l'âme n'aime pas le bruit du dehors, ni l'agitation du "monde"...
Et Dieu sait quelle agitation le monde déploie chaque année à l'approche de la fête de Noël ! Aussi bien, n'est-ce pas là le "vrai" Noël.

Se préparer à la fête de Noël dans une famille chrétienne, c'est bien autre chose que ce que nous proposent, au dehors, les vitrines, les guirlandes, les publicités de toutes sorte pour réveillonner...

''N'aimez pas le monde, ni rien de ce qui est dans le monde.
Si quelqu'un aime le monde, l'amour du Père n'est pas en lui.
Car rien de ce qui est dans le monde - convoitise de la chair, convoitise des yeux, ostentation de la richesse - ne vient du Père ; cela vient du monde.
Or, le monde passe, avec sa convoitise ;
mais celui qui fait la volonté de Dieu demeure éternellement." (1 Jn 2, 15-17)

En arrivant à Bethléem, Joseph et Marie n'ont pas été accueillis : au tapage de l'hôtellerie bruyante, l'Enfant-Jésus a préféré venir au monde "incognito", dans le silence de la crèche.

Ce silence ne convenait-il pas mieux au MYSTÈRE de la Nativité d'un Dieu qui se fait homme ?

De même, maintenant, la vraie joie de Noël est aussi discrète, silencieuse, et détachée des choses matérielles que le monde est agité, tapageur, centré seulement sur les plaisirs matériels... Cela ne veut pas dire que nous allons devoir supprimer ces joies temporelles, mais seulement les tenir à leur juste place.

Ne vous conformez pas au monde présent... (Rm 12, 2)

La fidélité au devoir d'état

Ce qui nous est demandé aussi, pour conserver précieusement en nous cette Présence, c'est de nous appliquer bien faire toutes choses, sous le regard de Dieu : ce qui revient à dire "garder la Parole de Dieu" ou encore : faire sa volonté. C'est cela qui nous guidera dans les choix que nous avons continuellement à faire dans la vie pratique.

…mais transformez-vous par le renouvellement de votre esprit,
afin de pouvoir discerner quelle est la volonté de Dieu,
ce qui est bon, ce qui Lui est agréable, ce qui est parfait. (Rm 12, 2)

C'est ainsi que cette Présence divine pourra grandir en nous… et que nous aurons quelque chose à offrir à l'Enfant Jésus de la Crèche.

Que vous mangiez, que vous buviez et quoi que vous fassiez,
faites tout pour la gloire de Dieu ! (1 Co 10, 31)


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