Deux séries de méditations pour prier ces mystères douloureux avec les enfants.

 Première série de méditations

L'Agonie

Notre Seigneur a voulu se soumettre comme nous à cette peur humaine, ce recul devant la souffrance. Mais ce qui l'a fait surtout souffrir, c'est l'horreur du péché qu'il voyait dans toute sa gravité, et dont il devait porter tout le poids et la laideur.
C'est bien souvent ce qui nous manque, ou que nous n'avons pas assez, parce que nous regardons davantage du côté de la terre que vers Dieu.
Mais, plus fort que ce mouvement humain, Jésus nous donne l'exemple d'une volonté toujours parfaitement soumise à la Volonté de son Père :

Père, si tu le veux, éloigne de moi ce calice ;
cependant, que ce ne soit pas ma volonté qui se fasse, mais la tienne. (Lc 22. 42)

Demandons-Lui la grâce d'avoir une vraie connaissance de nous-même, le péché en horreur, le détester, et la volonté de nous en détacher et de rester toujours soumis à Sa Volonté.

La Flagellation

Nous vivons dans une époque où, plus que jamais, "l'esprit de jouissance l'emporte sur l'esprit de sacrifice." Nous ne voyons que trop autour de nous jusqu'à quelles ignominies et monstruosités le culte du plaisir peut entraîner l'humanité (par exemple, l'avortement).

Contemplons le corps ensanglanté de l'Agneau : c'est pour nous qu'Il s'est laissé ainsi déchirer, lacérer.

Demandons-Lui la grâce de la maîtrise de nous-mêmes, le sens du sacrifice, de savoir supporter la douleur pour son amour, et celle de faire aimer la pureté à nos enfants, même au prix de quelques privations.

Le Couronnement d'épines

Pour réparer tous nos orgueils, notre amour-propre, Jésus s'est laissé humilier, bafouer, gifler, moquer. "Voilà l'homme" (Jn 19. 5). C'est l'image de l'homme défiguré par le péché.

Voilà dans quel état nos péchés ont mis "le plus beau des enfants des hommes" : Jésus cache sa majesté divine, retient sa puissance, pour pouvoir souffrir comme homme, pour réparer à notre place l'offense infinie que notre orgueil fait à Dieu en permanence.

Apprenons, à son exemple, et en union avec ses douleurs, à supporter une critique, une remarque désobligeante à notre endroit, plus encore à reconnaître nos torts lorsqu'il y a lieu. Ce n'est qu'avec sa grâce que nous pourrons y parvenir.

Le Chemin de Croix

Celui qui veut venir à ma suite, qu'il se renonce, qu'il porte sa croix et qu'il me suive. (Mt 16. 24)

A sa suite, prenons courageusement la part de croix que Dieu nous a préparée : elle est faite sur mesure pour nous, ne croyons pas qu'une autre serait meilleure : ce ne serait là qu'une tentation.

Mais pour supporter nos petites difficultés quotidiennes avec patience, accompagnons en pensée notre Sauveur qui porte, Lui, tout le poids du monde en son corps endolori.
Ce qui Lui pèse le plus, ce sont tant d'âmes pour qui son sacrifice restera vain, sans effet, parce qu'ils auront refusé leur part de croix.

Soyons, nous, des quelques rares amis de Jésus qui l'ont accompagnés, à la suite de Notre-Dame, jusqu'au Calvaire. Ne le quittons pas, c'est au pied de la Croix que nous puiserons la force d'accepter nos petites ou grandes souffrances de chaque jour.

Le Crucifiement

Contempler la Croix, c'est se laisser imprégner, pénétrer par le mystère de la Croix : mystère d'amour.
C'est une grâce, un don de Dieu, ce n'est pas quelque chose qui puisse se comprendre par la raison humaine. St Paul parle bien de folie :

Le langage de la croix et en effet folie pour ceux qui se perdent,
mais pour ceux qui se sauvent, pour nous, il est puissance de Dieu. (1 Co 1.18)

Se laisser pénétrer du mystère de la Croix, c'est une grâce qu'il faut désirer, demander. Pour l'obtenir, il faut accepter de s'ouvrir, être réceptif.

Demandons-la par l'intermédiaire de Notre-Dame : si Jésus nous La donne pour Mère juste en cet instant, c'est bien parce que, pour reproduire en nous l'image de son Fils, nous ne pouvons pas nous passer d'Elle. C'est avec Elle que nous pourrons le mieux vivre ces jours douloureux de la Passion : restons en pensée auprès d'Elle, et unissons-nous à ses douleurs.

Deuxième série de méditations

La très Sainte Vierge est venue, en 1871, dans un petit village de France, à Pontmain. S'adressant à de jeunes enfants, elle dit tout simplement : "MAIS PRIEZ MES ENFANTS".
Nous retrouvons cette demande dans le premier mystère douloureux du Rosaire.

Première dizaine : l'agonie au jardin des oliviers

Évangile : saint Matthieu 26, 36-46 - saint Marc 14, 32-42 - saint Luc 22, 39-46.

Jésus, Dieu fait homme, vient d'instituer le plus beau, le plus grand de tous les Sacrements : l'Eucharistie. Puis, Il se retire avec ses apôtres au jardin des Oliviers, où Il avait souvent l'habitude d'aller pour prier.

Maintenant, Jésus avance, seul, dans la nuit au milieu des arbres. Mais, avant de se mettre à l'écart, Il dit aux apôtres : "Priez pour ne pas entrer en tentation".

Puis Il s'écarte, se met à genoux, tremble, souffre. Jésus parle et prie son Père. Au bout d'un moment, Il se lève, retourne auprès des disciples et que voit-Il ? Ses disciples dorment. Jésus est peiné, Il les réveille et leur dit avec insistance : "Qu'avez-vous à dormir ? Levez-vous et priez".

Pourquoi le Christ insiste tant sur la prière ? Parce que la prière est la force et la nourriture de l'âme, comme l'oxygène est l'élément indispensable à notre respiration.
Pendant cette période de pénitence, mettons-nous à côté de Jésus et prions avec Lui.
Nous savons où Le trouver : dans le silence de notre cœur.

PETITE HISTOIRE : Faustino Perez, un jeune espagnol de 16 ans disait, sur son lit de malade, avant de quitter la terre : "Je suis très heureux. Je veux souffrir pour le Christ qui a tant souffert pour moi. Je dois devenir un saint. Par ma vie, je dois donner témoignage du Christ".

PRIÈRE : "Seigneur Jésus, je suis à côté de Toi et je prie avec Toi".

Deuxième dizaine : la flagellation

Évangile : saint Marc 15, 14-15 - saint Luc 22, 63-65 - saint Jean 19, 1

Notre Seigneur Jésus a tout accepté sans dire un mot. Il souffrait et offrait tout en silence pour nous sauver, pour chacun de nous, par Amour pour nous. Quand les soldats, les bourreaux sont fatigués d'avoir frappé Jésus, ils Le laissent là, épuisé, seul, baignant dans son sang : Jésus, le Roi du Ciel et de la terre, est abandonné de tous.
Aimons Jésus et Marie, pas seulement en paroles, mais aussi et surtout en actes. Que notre cœur brûle d'Amour pour Jésus et sa Mère.

PETITE HISTOIRE : Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus disait : "l'amour se prouve par les actes. Nous devons toujours présenter à Jésus les fleurs de nos petits sacrifices".

RÉSOLUTION : Aimer sans se lasser. Aimer et s'oublier.

Troisième mystère douloureux : le couronnement d'épines

Évangile : saint Marc 15, 16-20 - saint Jean 19, 2

Après la Flagellation, les soldats continuent de se moquer de Jésus. Il a dit devant Pilate qu'Il était Roi : Ils vont Lui mettre un vieux manteau rouge, comme ceux des rois.
Mais où trouver la couronne ? Tout près, il y a un buisson de ronces : ils en tirent de longues tiges, en fabriquent une couronne d'épines et l'enfoncent brutalement sur sa tête. Jésus, le Roi du monde, le Roi du Ciel et de la terre, ne dit rien, il ferme les yeux, souffre et prie.

Pas un mot, pas un murmure, pas un gémissement ne sortent de sa bouche. Cette terrible humiliation, Il l'offre pour réparer tous nos orgueils. Son beau visage défiguré, c'est l'image de l'homme défiguré par le péché. Regardons-Le, adorons-Le : Il nous enseignera l'humilité, la douceur, la patience.

PETITE HISTOIRE En l'honneur du couronnement d'épines, où Jésus paraît devant la foule tout défiguré, sainte Thérèse de l'Enfant Jésus a voulu rajouter à son nom de religieuse "... et de la Sainte Face". Fidèle à son modèle, elle offrait toutes ses souffrances en silence.

PRIÈRE : "Jésus, doux et humble de cœur, rendez mon cœur semblable au Vôtre".

Quatrième mystère douloureux : Le portement de croix

Évangile : saint Marc 15, 20-21 - saint Luc 23, 26-32 - saint Jean 19, 17

Jésus est maintenant sur le chemin qui monte au Calvaire, en portant sa Croix, au milieu d'une foule haineuse. La très Sainte Vierge suit son Fils de loin, mais elle s'arrange pour se trouver sur son chemin et Le rencontrer. Elle Le voit avancer péniblement : Il est méconnaissable. Elle est bouleversée. Qu'avons-nous fait de son Fils ? Trois fois, Jésus tombe ; à chaque fois Il se relève et repart avec courage.
Le Cœur de Marie est déchiré par la douleur, mais elle va jusqu'au bout avec Jésus, jusqu'à la Croix.
La Croix, il nous faut bien la prendre, nous aussi : nous ne pouvons pas l'éviter. Il nous faut suivre Notre Seigneur avec nos petites croix de chaque jour.

"La croix est l'école de l'Amour" (Saint Maximilien Kolbe). N'ayons pas peur de mettre nos pas dans les pas de Jésus et avec Marie : nous aurons toujours la force d'accomplir la Volonté de Dieu.

PETITE HISTOIRE : Un grand malade de 13 ans, Taïssir Tatios, offrait toutes ses souffrances en silence : c'est ainsi qu'il restait uni à Dieu qu'il aimait comme un Père. Il regardait souvent l'image de la Sainte Vierge Marie qui était près de lui... Il priait pour lui-même et pour les siens.

PRIÈRE : "Jésus et Marie, donnez-nous, à votre exemple, le courage de supporter nos souffrances avec patience."

Cinquième mystère douloureux : la mort de Jésus sur la Croix

Évangile : saint Matthieu 27, 39-50 - saint Marc 15, 33-42 - saint Luc 23, 33-47 - saint Jean 19, 18-31

Marie, la Mère de Jésus, est au pied de la Croix : sa douleur est "grande comme la mer..." (Lam 2, 13)
La souffrance d'une mère est toujours très grande quand elle regarde son enfant souffrir. Mais elle sait que toutes ces souffrances de son Fils, c'est pour sauver le monde : elle accepte tout, et toute sa douleur à elle, elle l'offre aussi à Dieu pour le salut du monde, en union avec le sacrifice de son Fils.

Avec Marie, regardons Jésus sur la Croix, adorons-Le : Il est notre SAUVEUR. C'est parce qu'Il nous aime qu'Il est mort pour nous, pour réparer nos péchés, pour que nous puissions devenir bons et aller au Ciel : promettons-Lui de nous corriger de nos défauts, pour ne plus Le faire souffrir.

C'est en restant près de Marie et en regardant Jésus avec amour, que nous trouverons la force de "mourir", nous aussi, à nos péchés : c'est la seule chose qui pourra consoler Marie, notre maman du Ciel.

Et, comme Marie, unissons-nous, nous aussi, au grand Sacrifice de Jésus par nos prières, par nos efforts, par nos sacrifices, pour les pécheurs, tous ceux qui ne connaissent pas Dieu, ou qui ne L'aiment pas, pour que tous soient sauvés par la Croix de Jésus. C'est comme cela que nous aimerons vraiment Jésus.

PETITE HISTOIRE : Une amie de Pauline Jaricot lui demande un jour comment elle fait pour accepter tant de souffrances. Pauline répond en montrant Jésus sur la Croix : "Je L'ai regardé, je L'ai aimé, je L'ai compris, c'est pourquoi je pardonne tout".

PRIÈRE : "Que votre Croix soit ma Lumière."


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