Nombreux conseils pratiques pour vivre, avec les enfants, "la grande semaine".
En complément, voir : le dessin avec les trajets de Jésus et le tableau synoptique des trois jours saints.

 La Semaine Sainte, du dimanche des Rameaux au dimanche de Pâques, est le sommet de l'année liturgique. Elle comprend plusieurs grands évènements dont le centre est le sacrifice du Christ sur la Croix, le Vendredi-Saint, précédé, la veille, de l'Institution de l'Eucharistie.

C'est tout cela que nous aurons à raconter à nos enfants, pour les en faire vivre.

Certains parents hésitent à parler de la Croix à leurs petits de 3 ou 4 ans, parce qu'ils seraient trop jeunes : "on verra plus tard"…
Pour la même raison, ils ne pensent pas qu'il soit possible, en cette période qui est le sommet de l'année liturgique, de les faire participer au mystère de la Passion du Christ.

L'expérience montre pourtant qu'il est très possible – et souhaitable – dès l'âge de 4 ans, d'introduire dans la catéchèse familiale le récit de la Passion, d'ouvrir ainsi le cœur des enfants à toutes les souffrances que Jésus a souffertes pour eux, et de les faire participer dans toute la mesure du possible aux grands offices de la Semaine Sainte.


 

Les conseils du Père Michel Gitton pour la Semaine Sainte

"La Semaine sainte est évidemment un sommet à ne surtout pas manquer.
Qu'elle soit ou non incluse dans le temps des vacances, il faut s'efforcer de rester stable surtout pendant les trois dernier jours et chercher des lieux de célébration où l'on est sûr que le programme liturgique soit à la hauteur du mystère que l'on veut célébrer.

Bien sûr tout commence avec les Rameaux :
on aura eu soin dans les jours précédents (ou au début du Carême, comme cela se fait en Pologne) de récolter les buis de l'année précédente et de les brûler pour ne pas jeter une chose qui a été bénite. La cendre ainsi obtenue peut éventuellement servir de signe de pénitence à une occasion ou une autre.
Le buis bénit au cours de la messe est ramené avec soin et partagé pour qu'un rameau décore toutes les pièces et toutes les images fixes. C'est aussi une tradition de certaines provinces d'en porter au cimetière sur les tombes des défunts de la famille.

Les trois premiers jours de la semaine, qui ne comportent pas de célébration particulière, peuvent donner l'occasion à tous de relire ou d'écouter les récits de la Passion dans les quatre évangiles. On peut y préparer sa confession pascale.

Le Jeudi saint est le jour des contrastes : le blanc de la messe, la cloche, les lumières et bien vite, la nuit.
Le lavement des pieds n'est pas réservé à l'église, il pourrait être significatif que le père de famille le fasse sur tous les membres de sa maison en signe d'humble tendresse : "Où sont amour et charité...".

La prière pour les prêtres prend ce jour là un sens particulier, on peut envoyer une image amicale et respectueuse, signée de tous, à ceux que l'on connaît bien.

Le lendemain (Vendredi), la vie s'arrête. Plus rien ne ressemble à la vie habituelle.
S'il faut prendre quelque chose pour soutenir ses forces, ce doit être si possible debout et comme à la dérobée. La table reste vide, comme après un deuil.
La cloche (si on s'en sert habituellement) a disparu et elle est remplacée par la crécelle.
La prière du soir a lieu autour du crucifix, dont on a retiré les voiles, seule image visible entre deux cierges.

Le lendemain (samedi), on prépare la vigile pascale avec la Sainte Vierge, la récitation du chapelet à tour de rôle aide à garder, toute la journée, la pensée tournée vers Jésus en qui Marie a toujours gardé confiance. Le jeûne reste conseillé.
La maison se prépare : la confection des œufs peints du lendemain, des sucreries, des images, des bougies décorées, met tout le monde en mouvement.

On part pour la veillée après avoir retiré les voiles violets (à moins qu'on n'aime mieux le faire au retour) et après avoir tout disposé pour un bref réveillon après la messe.

Le matin de Pâques est un moment béni, le réveil doit se faire au son des "Alleluia", tandis que la table du petit déjeuner s'orne de lumières et de belles images, si possible personnalisées pour chacun.

On s'efforce de retourner à la messe du jour et bien sûr on fait honneur au repas de midi (l'agneau pascal y est recommandé)".

(1) Le livre du Père Michel Gitton n'a pas été réédité. On peut encore arriver à le trouver par internet.


 

Les principaux évènements de la Semaine Sainte

- L'entrée triomphale de Jésus à Jérusalem, le dimanche des Rameaux,

- l'institution de l'Eucharistie, le Jeudi-Saint, précédée du lavement des pieds.

- le Vendredi-Saint, Jésus souffre et donne sa vie en sacrifice pour nous sauver.

- le Samedi-Saint, Jésus est au tombeau, dans un grand silence.
Nous restons unis par le cœur à la Sainte Vierge qui malgré sa si grande souffrance, garde l'espérance. Elle sait que Jésus ressuscitera, car Il l'a annoncé.

- Enfin, on ne termine jamais le récit de la Passion sans l'ouvrir sur la lumière de la Résurrection, au matin de Pâques.

Pour vous aider à faire tous ces récits, vous les trouverez, bien adaptés à de jeunes enfants, dans :

- "Jésus est Dieu, le Pain des petits" (Éditions TÉQUI), épisode par épisode, une image accompagnant chaque scène. Pour des enfants de 4 à 6 ans

- la Miche de Pain (Éditions ÉLOR), épisode par épisode, une image accompagnant chaque scène. Même âge

- La Bible d'une Grand'Mère (Ctesse de Ségur) en fait également un très bon récit, mais sans illustrations.

Nous ferons ces récits de manière plus ou moins détaillée selon l'âge des enfants. Mais ils doivent toujours rester très sobres, le plus près possible du texte de l'évangile.

Importance du ton de voix : très doux, recueilli, "intérieur".
Votre récit sera ponctué de quelques silences qui permettront la méditation.

Le meilleur récit sera toujours celui que nous aurons préalablement contemplé dans notre oraison personnelle. Ensuite, prions l'Esprit Saint de nous inspirer la meilleure manière de le formuler selon l'âge des enfants.

Un seul récit à la fois : plus l'enfant est petit, plus il importe de fractionner les épisodes, sans quoi il mélangera tout et ne retiendra rien.

L'entrée à Jérusalem, le dimanche des Rameaux

La foule acclame Jésus comme Roi. (Lc 19, 29-47 – Jn 6, 68-70). Ce récit est facile à faire, mais nous attendrons 5 ou 6 ans. Nous montrerons comment Jésus attirait les foules et suscitait l'admiration et l'enthousiasme.
Nous aussi avons toujours à proclamer que Jésus est bien notre Roi, le Roi de notre cœur. Ce qui veut dire que nous devons toujours L'aimer et bien Lui obéir.

Le Jeudi-Saint

Pour l'institution de l'Eucharistie le récit se fera, évidemment, de manière plus simple à 4 ans, plus détaillée à 6 ou 7 ans.
Mais, dans tous les cas, ce qui importe, c'est d'établir dans le cœur de l'enfant la foi dans le mystère eucharistique, centré sur les paroles "Ceci est mon Corps, ceci est mon sang".

Vers 6 ans, il faudra faire le lien entre cette scène capitale de l'institution de l'Eucharistie et le sacrifice du Christ sur la Croix, le lendemain : montrer qu'il s'agit du même sacrifice, sous un mode différent, sacrifice qui se renouvelle encore chaque jour, chaque fois qu'une messe est célébrée pour notre salut.

Ce même jour du Jeudi-Saint est aussi un grand jour pour les prêtres : "Faites ceci en mémoire de Moi". C'est en effet au cours de ce même repas qu'a été institué le sacerdoce.
Nous ne détaillerons cette partie, en "leçon", que vers 7 ans. Mais c'est beaucoup plus tôt que, dans la vie pratique, on formera les plus petits au sens du respect et de l'affection pour les prêtres qu'ils rencontrent.

On réservera l'histoire de la trahison de Judas à partir de 7 ans.

La Passion du Sauveur

Nous raconterons ainsi aux enfants, successivement :

l'agonie, la trahison de Judas, les cordes et le cachot, les soufflets, les insultes, les crachats,

les tribunaux, la flagellation, le couronnement d'épines,

la voie douloureuse et le portement de Croix, la rencontre avec Marie,

mais aussi Simon de Cyrène et Véronique, les chutes, l'arrivée au Calvaire et le dépouillement de ses vêtements, le crucifiement ...

Les livres cités plus haut vous seront une aide précieuse.

Vous pouvez aussi vous aider de belles gravures (reproductions de tableaux d'art) sur les différents épisodes de la Passion. Ce catéchisme en images est le meilleur à cet âge. Encore faut-il que ces images soient belles, reflètent le "sacré", et nous invitent (nous et les enfants) à la prière et à la méditation.

Vous pouvez ainsi mettre au coin-prière une belle Pietà, qui suscitera notre compassion, un Christ aux outrages, une descente de Croix...

Aussi longtemps que vous sentez l'enfant recueilli, restez là, en silence.
Puis il va pousser un profond soupir (détente), et commencer à vous poser quelques questions (c'est sa forme de méditation) : vous y répondrez doucement, toujours sur ce ton très recueilli.
Nous sommes ensemble devant un très grand MYSTÈRE.

Le Chemin de Croix

Vous trouverez sur ce site un chemin de Croix spécialement préparé pour des enfants à partir de 4 ou 5 ans.

Le texte de ce chemin de croix existe en livret En chemin vers Pâques avec de très belles illustrations en quadrichromie.

Pour les plus petits (3-4 ans) :

Le chemin de Croix du petit Colin.

Album n° 2 COLIN et COLINETTE Collection JOIE NOTRE-DAME.
à commander directement aux Ateliers de l'Abbaye 77640 JOUARRE. Tél 01 60 22 06 11

Commentez-leur chaque station en adaptant cette méditation en fonction de leur âge...

Montrez-leur que ce ne sont pas seulement les "méchants" du temps passé qui ont fait mal à Jésus… Mais nous-mêmes encore, chaque fois que nous nous laissons aller à notre égoïsme, nos colères, des paroles ou des gestes de méchanceté aux autres..., c'est comme si nous le faisions à Jésus.

Chaque fois que nous sommes orgueilleux, c'est une épine de plus qui s'enfonce dans son front ;
à chacune de nos méchancetés, il a été frappé d'un coup de fouet supplémentaire...

Mais bien préciser, cependant, que les souffrances de Jésus sont passées, terminées à tout jamais, que maintenant Il ne peut plus souffrir dans son corps : désormais Il est dans la gloire.

C'est POUR NOUS que Jésus a souffert tout cela.
Cela frappe beaucoup les enfants, et les aidera à faire les efforts nécessaires d'obéissance, de gentillesse, pour rendre service...

Renoncer à ses caprices pour ne pas rajouter aux souffrances de Jésus comme les "méchants" : des tout-petits de 3 ans comprennent cela très bien : "Quand je suis méchant, quand je fais une colère, je fais pleurer Jésus ..." (un petit de 3 ans).

Faire participer nos enfants à la liturgie

C'est bien par la LITURGIE que vous ferez le mieux participer vos enfants à ce grand mystère de notre Rédemption. Il est souhaitable que vous puissiez les emmener aux très beaux offices de la Semaine Sainte (255).

S'ils sont vraiment trop petits, vous les y associerez en les emmenant faire un temps d'adoration du Saint-Sacrement au REPOSOIR du Jeudi-Saint, et/ou par le CHEMIN DE CROIX le Vendredi.

Mais de toutes façons, certains enfants, dès 5 ans, sont tout à fait capables de bien suivre ces offices à condition, bien sûr, d'être placés devant pour bien voir, et que vous leur expliquiez au fur et à mesure le déroulement de la cérémonie.
Certaines parties, comme la lecture de l'Evangile de la Passion, sont un peu longues : vous soutiendrez leur attention par quelques gravures bien choisies sur le thème du récit. C'est l'une des raisons d'être des belles illustrations en couleur du livret "Pour bien préparer Pâques" (voir plus haut).

Éveiller le cœur de nos petits au sens de la réparation

Tant d'outrages des méchants à l'égard de Jésus ne peuvent laisser indifférents ceux qui L'aiment.

Nous pouvons inviter nos petits à RÉPARER à leur manière, mais avec tout leur cœur, en témoignant de leur amour à Jésus dans leur prière et en offrant leurs petits malheurs en union avec les souffrances de Jésus. Nous les inviterons à s'associer aux gestes de délicatesse de Véronique, à l'assistance du Cyrénéen, à la douleur de Notre-Dame.

Les enfants de Fatima, une Anne de Guigné, en sont d'admirables exemples.

C'est là le plus sûr moyen de les fortifier dans la voie de l'effort quotidien et des petits sacrifices de chaque jour. Ils sont très capables de mettre tout leur cœur à bien faire, pour faire comme Jésus.

A cet âge, l'enfant est très généreux, mais il oublie vite : il faudra souvent lui rappeler les bonnes résolutions qu'il a prises, et l'encourager dans ses efforts, mais toujours avec discrétion.

La Résurrection

On ne termine jamais un enseignement sur la Passion sans au moins évoquer la Résurrection : la Croix débouche sur la Joie.

S'il nous est possible d'emmener certains de nos enfants, au moins les plus grands, à la VEILLÉE PASCALE, ce sera le plus bel enseignement pour les introduire à la joie pascale et les en faire vivre.


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