Les apparitions du Christ à ses apôtres après sa Résurrection, notamment celles du Cénacle, "toutes portes closes", posent le problème des propriétés du corps glorieux du Christ.

 Les apparitions du Christ à ses apôtres après sa Résurrection, notamment celles du Cénacle, "toutes portes closes", posent le problème des propriétés du corps glorieux du Christ :

Jésus ressuscité établit avec ses disciples des rapports directs, à travers le toucher et le partage du repas. Il les invite par là à reconnaître qu'Il n'est pas un esprit, mais surtout que le corps ressuscité avec lequel Il se présente à eux EST LE MÊME qui a été martyrisé et crucifié puisqu'Il porte encore les traces de sa passion.
Ce corps authentique et réel possède pourtant en même temps les propriétés nouvelles d'un corps glorieux : Il n'est plus situé dans l'espace et le temps, mais peut se rendre présent à sa guise où et quand Il veut, car son humanité ne peut plus être retenue sur terre et n'appartient plus qu'au domaine divin du Père.
Pour cette raison aussi, Jésus ressuscité est souverainement libre d'apparaître comme Il veut : sous l'apparence d'un jardinier (Jn 20, 14-15) ou "sous d'autres traits" (Mc 16, 12) que ceux qui étaient familiers aux disciples, afin précisément de susciter leur foi.
(CEC 645)

Quelles sont donc ces propriétés nouvelles ?

1 - Jésus ne peut plus souffrir : c'est l'impassibilité.
2 - Son corps rayonne, reflète, toute la gloire de son âme : c'est la clarté.
3 - Il peut se déplacer instantanément d'un point à un autre avec la rapidité de la pensée : c'est l'agilité.
4 - Il peut passer à travers les obstacles sans éprouver la moindre résistance : c'est la subtilité.

C'est ainsi qu'Il sortit du tombeau à travers la pierre scellée (Mc 16, 3-8 ; Lc 24, 2-3 ; Jn 20, 1-10), et qu'Il entra au Cénacle "toutes portes closes". (Jn 20, 19)

La Résurrection du Christ ne fut pas un retour à la vie terrestre, comme ce fut le cas pour les résurrections qu'Il avait accomplies avant Pâques : la fille de Jaïre, le jeune homme de Naïm, Lazare… A un certain moment, ils mourront de nouveau.
La Résurrection du Christ est essentiellement différente. Dans son corps ressuscité, Il passe de l'état de mort à une autre vie au-delà du temps et de l'espace.
Le corps de Jésus est, dans la Résurrection, rempli de la puissance du Saint-Esprit ; Il participe à la vie divine dans l'état de sa gloire, si bien que saint Paul peut dire du Christ qu'Il est "l'homme céleste" (1 Co 15, 35-50) (CEC 646)

Un corps glorieux ?

C'est bien un corps réel

Le corps du Christ a été restauré par sa Résurrection : il s'agit bien d'un vrai corps, et non d'une apparence de corps.
Notre Seigneur en donne la preuve en montrant ses plaies à ses apôtres, en invitant Thomas l'incrédule à les toucher, en leur demandant quelque chose à manger, non pas qu'il ait eu faim, mais pour les convaincre qu'il n'était pas un fantôme.

Mais ce corps n'est plus soumis aux contraintes physiques

…comme le sont les nôtres actuellement.
Jésus n'a pas besoin d'ouvrir la porte du Cénacle pour entrer, tout comme il est sorti du tombeau malgré la très grande pierre qui en bouchait l'entrée :

ce n'est qu'ensuite que cette pierre a été déplacée par les Anges, pour montrer le tombeau vide aux gardes, aux adversaires du Christ, et aux saintes femmes. (Mt 28, 2-8)

Un corps glorieux possède des perfections stables

Ces perfections sont le fruit des mérites du Christ et seront appliquées à tous ceux qui auront suivi fidèlement le Christ au cours de leur vie terrestre. Ce sont :

L'impassibilité :

Il ressuscite dans l'incorruptibilité (1 Co 15, 43), en étant préservé de toute espèce de mal, de douleur, de fatigue, de souffrance.

La clarté :

Il ressuscite dans la gloire (1 Co 15, 43), et rayonne d'un éclat lumineux par rejaillissement de la béatitude de l'âme sur le corps : nous en avons un "avant-goût" dans le récit de la Transfiguration, où Jésus, avant sa Passion, a montré quelques instants à ses apôtres la gloire qu'il cachait habituellement. (Mt 17, 1-9)

L'agilité :

Il ressuscite dans la force (1 Co 15, 43) : le corps est apte à se mouvoir sans effort au gré de l'âme, sans tenir compte des distances ou des obstacles. Il est aussi agile que la pensée.

La subtilité :

Il ressuscite spirituel (1 Co 15, 44) : le corps est pleinement soumis à l'âme, toujours prêt à la servir et à lui obéir, c'est-à-dire toujours prêt à se tourner vers les choses de Dieu. C'est pourquoi cette propriété est dite encore "qualité de spiritualité".

Ces qualités sont propres aux corps glorieux et sont destinées à tous ceux qui, à la suite et à la ressemblance de Jésus, ressusciteront pour la gloire du Ciel.

Cet état du Christ ressuscité préfigure
la condition des corps des bienheureux dans le ciel

Nous sommes appelés à posséder dans l’éternité un corps glorieux semblable à celui de Jésus après sa Résurrection :

Le Seigneur transformera notre corps de misère en un corps semblable à son corps de gloire....
(Ph 3, .20)

Dès le début, la foi chrétienne en la résurrection a rencontré incompréhension et opposition. "Sur aucun point de la foi chrétienne ne rencontre plus de contradiction que sur la résurrection de la chair". (saint Augustin)
Il est très communément accepté qu'après la mort, la vie de la personne humaine continue d'une façon spirituelle. Mais comment croire que ce corps si manifestement mortel puisse ressusciter à la vie éternelle ? (CEC 996)

(Au sujet de la résurrection des morts, voir tout le chapitre 15 de la 1ère épître aux Corinthiens)

Qui ressuscitera ? Tous les hommes qui sont morts : Ceux qui auront fait le bien ressusciteront pour la vie, ceux qui auront fait le mal, pour la damnation. (Jn 5, 29 – cf Dn 12, 2)
Comment ? Le Christ est ressuscité avec son propre corps : Regardez mes mains et mes pieds, c'est bien Moi (Lc 24, 39) ; mais Il n'est pas revenu à une vie terrestre.
De même, en Lui, tous ressusciteront avec leur propre corps, qu'ils ont maintenant, mais ce corps sera transfiguré en corps de gloire (Ph 3, 21), en corps spirituel (1 Co 15, 44)…
Ce "comment" dépasse notre imagination et notre entendement : il n'est accessible que dans la foi. Mais notre participation à l'Eucharistie nous donne déjà un avant-goût de la transfiguration de notre corps par le Christ. (CEC 998-1000)

Rendons grâces à Dieu le Père, qui nous a rendus dignes d'avoir part,
dans la lumière, à l'héritage du peuple saint.
Il nous a arrachés au pouvoir des ténèbres,
et transférés dans le royaume de son Fils bien-aimé. (Col 1, 12-14)


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