Acclamation du judaïsme, conservée par la liturgie, l'alléluia a traversé vingt siècles de christianisme.

Quel beau mot que ce mot "Alléluia" !
C’est un terme hébreu composé du mot Hallelû, qui signifie « louez », et de la syllabe Iah, abréviation du nom sacré de Yahweh. 
C’est une acclamation du judaïsme, conservée par la liturgie chrétienne.

Les juifs le chantent fréquemment dans les synagogues. Un certain nombre de psaumes commencent par "Alléluia !" (psaumes 105 à 107) et forment ce qu’on appelle le Hallel ou louange, chanté aux fêtes de Pâques, Pentecôte, Tabernacle. 
On se servait de l’Alléluia même dans la vie privée, pour marquer sa joie : « on chantera Alléluia dans les rues », dit Tobie, en parlant de Jérusalem. (Tob. 13, 17)

Il est probable qu’à la dernière Cène, Jésus récita les psaumes de la série appelée Hallel (psaumes 113 à 118 ) que les juifs récitaient pour le repas pascal.

L’Apocalypse (19, 1-7) témoigne de l’emploi de l’Alléluia dans les assemblées chrétiennes : "J’entendis dans le ciel comme une grand voix d’une foule immense qui disait Alléluia".

Saint Augustin cite souvent le mot Alléluia comme un chant de joie et de louange : 
il faut le dire sur la terre "autant que nous pouvons afin de mériter de le dire toujours. Ici, Alléluia est notre nourriture, Alléluia est notre boisson. Alléluia est la formule de notre repos, Alléluia sera toute joie, c’est-à-dire la louange de Dieu". (saint Augustin)

Le martyrologe romain rapporte que, au cours de la persécution vandale en Afrique (V° siècle), un lecteur reçut une flèche dans la gorge alors qu’il le chantait à l’ambon : l’Alléluia était donc devenu une mélodie d’un genre particulier qu’on chantait probablement à la messe.

Saint Jérôme nous apprend que l’Alléluia retentit partout dans les champs, que les rameurs le disent pour aller en cadence, qu’il sert d’oraison jaculatoire, de signal pour appeler les moines à l’office, qu’il fait partie de la liturgie des défunts, qu’on répond Alléluia quand on frappe à la porte, comme nous répondons : entrez.

A Rome, on ne chanta d’abord l’Alléluia que le jour de Pâques, tandis qu’en Afrique, on le chantait pendant tout le temps pascal. Il est possible que ce soit saint Jérôme qui ait suggéré au pape Damase de le faire chanter jusqu’à Pentecôte.

Saint Grégoire l’aurait introduit tous les dimanches de l’année.

A l’office, saint Benoît, dont la liturgie ressemble beaucoup à celle de Rome, ne supprima l'Alléluia que pendant le Carême.

Au Moyen Age, avant le commencement du Carême, on faisait ses adieux à l’Alléluia comme à un ami qu’on ne doit plus revoir de longtemps.

L’Alléluia de la liturgie eucharistique fut d’abord exécuté sur une mélodie peu ornée qui s’allongea peu à peu. 
Saint Grégoire aurait ajouté les versets, le plus souvent tirés d’un psaume. La dernière lettre de l’Alléluia, reprise après le verset s’orna d’un très long neume, appelé aussi jubilus, pour mieux traduire la joie qu’on éprouve à le chanter. Ensuite, on voulut exprimer l’inexprimable contenu dans l’Alléluia : ce fut l’origine des proses ou séquences.

Aujourd’hui, à la messe, le soliste chante l’Alléluia qui est repris par l’assemblée, entrecoupé d’un verset alléluiatique.

Que le jour de Pâques, et tout le temps pascal vécu comme un "grand dimanche" (St Athanase) nous donne de chanter l’Alléluia pascal avec une réelle joie pour célébrer la Résurrection du Christ.

(Père Jean PHILIBERT - Diocèse d'Avignon)


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