Document de synthèse pour vous inciter à réactualiser les grands mystères de notre salut au cours de la Semaine Sainte. Des textes magnifiques, des signes frappants, des offices grandioses... jalonnent cette Semaine où s'opère le grand acte de notre Rédemption.

Nous arrivons aux jours où se consomme le Sacrifice Rédempteur, qui rachète tous les hommes de tous les temps.

Quand vient l'époque sainte où la liturgie nous met sous les yeux les cruelles souffrances de Jésus-Christ, l'Eglise nous invite au Calvaire pour que nous marchions sur les traces du divin Rédempteur, que nous acceptions de porter la croix avec lui, que nous reproduisions en notre âme ses sentiments d'expiation et de satisfaction, et que tous ensemble nous mourions avec lui. (Pie XII - Mediator Dei 1947)

En ce moment où s'opère le grand acte de notre Rédemption, l’Église ne s'occupe plus que d'une chose : regarder, contempler et compatir à toutes les souffrances que Jésus a endurées pour nous sauver.
Nous sommes invités à y participer aussi intensément que possible. Pour cela, puisons dans les trésors de la liturgie : c'est pour nous la manière de revivre ces événements comme si nous avions été à Jérusalem, il y a 2000 ans.

Les textes liturgiques

Il est très souhaitable, autant que possible, de consacrer en ces jours un peu plus de temps que d'habitude à la prière et l'oraison. Une méditation approfondie des textes liturgiques nous permettra de nous associer de plus près à la liturgie : lecture de la Passion du Seigneur selon chacun des évangélistes, lectures de l'Ancien et du Nouveau Testament, nombreuses et très belles prières, uniques dans l'année. Nous n'en aurons jamais épuisé toutes les richesses. Et chaque année nous y fera découvrir de nouvelles merveilles. Ces prières nourriront notre âme et nous obtiendront toutes les grâces particulières de ces jours sacrés.

Si nous prenons le temps de préparer à l'avance chacun des offices de cette Sainte Semaine, nous en comprendrons d'autant mieux le sens profond au cours de la cérémonie. Cela nous permet de participer d'autant mieux à la liturgie.

Et s'il ne nous est pas possible d'y assister, du moins y serez-vous présents par la prière, grâce à ces textes, que vous trouverez dans votre Missel, "Magnificat" ou "Prions en Église".

Nous vous proposons ici quelques-unes de ces admirables prières :

- les prophéties de David (psaume 21) et d'Isaïe, qui décrivent la Passion du Messie dans ses moindres détails,

- le Chant du Vexilla Regis , "l’Étendard du Roi" : l'étendard de la victoire n'est autre que la Croix : c'est l'insigne que le Christ portera, triomphant, à son retour à la fin du monde.

- Le Stabat mater

Des signes de deuil

La liturgie va exprimer par des signes sensibles ses sentiments de douleur et de compassion : déjà, pendant le Carême, temps de pénitence, les ornements sont violets, on supprime à la messe le chant du Gloria, les Alleluia, les fleurs.

Au temps de la Passion, ces signes vont encore s'accentuer : on supprime le Gloire au Père, pour signifier que Jésus cache sa divinité pour mieux souffrir comme homme.
En signe de deuil, on peut, comme cela se faisait autrefois, recouvrir les crucifix et les statues de l'église de voiles violets :

- la croix, parce que, en raison de l'hostilité croissante de ses ennemis, Jésus, dans les derniers temps avant sa mort, cesse de se montrer au peuple en public.

- les statues des saints, parce qu'il convient que les serviteurs s'effacent lorsque le maître disparaît.

Les cérémonies de la Semaine Sainte

En plus de ces signes sensibles, l’Église nous invite à suivre avec foi et amour chacune des cérémonies de la Semaine Sainte.

Une réactualisation des saints mystères de notre salut

En effet, l'évocation de ces événements n'est pas seulement un simple souvenir historique se rapportant à la seule personne de Jésus. Pour nous, membres de l’Église, Corps mystique du Christ, c'est aussi une réalité qui réactualise pour nous le mystère pascal de sa Mort et de sa Résurrection.

Tout en célébrant les mystères de la Rédemption, l’Église ouvre aux fidèles les richesses des vertus et des mérites de son Seigneur ; de la sorte, ces mystères sont en quelque manière rendus présents tout au long des temps, les fidèles sont mis en contact avec eux et remplis par la grâce du salut. (Constitution Sacrosanctum Concilium - 1963 § 102)

Par sa connexion intime avec le mystère pascal, la liturgie de la Passion a pour but de nous rappeler notre baptême où notre âme a été lavée dans le sang de Jésus.
Et, par la confession et la communion pascales, nous nous unissons au Christ dans le mystère de sa Mort et de sa Résurrection.

(Rappelons ici que la confession annuelle et la communion pascale sont deux commandements de l'Eglise : voir CEC 2041)

La procession des Rameaux

Ce jour-là, nous faisons avant la messe une grande procession en l'honneur de Jésus, avec des bran-ches d'arbres, du buis, des palmes ou de l'olivier. (suivant les arbres que l'on trouve dans chaque région)

Que signifie cette procession ?
- Elle rappelle l'entrée de Jésus dans Jérusalem, cinq jours avant sa mort, assis sur un petit âne. La foule lui fait un accueil triomphal, étendant des vêtements sur le chemin comme un beau tapis, comme on le fait pour les rois ; d'autres coupent des branches d'arbres et en jonchent le chemin. Et tous ceux qui marchent devant Jésus et ceux qui le suivent crient à pleine voix :

Hosannah au Fils de David ! Béni soit Celui qui vient au nom du Seigneur ! Hosannah au plus haut des cieux !

Jérusalem (nom qui signifie : ville de la Paix) représente le Ciel.

L'entrée triomphale de Jésus à Jérusalem annonce à l'avance la victoire qu'll va remporter sur le démon, sur la mort et sur le péché pour rouvrir aux hommes l'entrée du Ciel. C'est pour cela que les foules L'acclament comme leur ROI et leur SAUVEUR.

Dans quelques jours, le Vendredi-Saint, Jésus va engager, pour nous, un combat terrible avec les forces du mal : Il veut nous sauver, nous arracher au démon qui nous tient prisonniers. Jésus est déjà sûr de sa victoire, mais c'est par le SACRIFICE DE SA VIE qu'Il va la gagner et nous rouvrir le Ciel.

En participant à cette procession, sachons Lui dire notre reconnaissance et L'acclamer comme notre Sauveur.
Les rameaux d'olivier et de palmier ont une signification :

- l'olivier est le signe de la grâce et de la paix : c'est Jésus qui, par le sacrifice de sa vie, nous a donné la Grâce, c'est-à-dire l'état d'amitié et de paix avec Dieu.

- le palmier est le signe du courage et de la victoire : c'est Jésus qui a gagné cette victoire. Cela signifie que les victoires que nous remportons sur nous-mêmes (sur nos défauts, notre égoïsme, notre orgueil…), c'est à Jésus que nous les devons, par le secours de sa grâce.
Nous n'avons pas à nous attribuer à nous-mêmes le bien que nous avons pu faire.

Le Jeudi-Saint

L’Église célèbre ce jour-là une double fête : l'institution de l'Eucharistie et celle du sacerdoce. Elle retrouve alors une liturgie grandiose : ornements blancs, fleurs et musique rehaussent l'éclat de la cérémonie.
La Croix est recouverte non plus du voile violet, mais d'un voile blanc, en l'honneur de l'Eucharistie. Mais déjà, l'antienne d'ouverture annonce le drame qui se prépare :

Que notre seule fierté soit la croix de notre Seigneur Jésus-Christ. En Lui, nous avons le salut, la vie et la résurrection. Par Lui, nous sommes sauvés et délivrés. (Ga 6, 14)

La particularité de cette célébration est le LAVEMENT DES PIEDS, pendant lequel on chante Ubi caritas et amor, "Où sont amour et charité, Dieu est présent".

Après la célébration, on dépouille l'autel, qui reste nu. Et l'on part en procession à l'autel du REPOSOIR pour y déposer le Saint Sacrement jusqu'à la communion de lendemain. (il n'y a pas de consécration au jour de la crucifixion)

Pendant cette procession, on peut chanter l'hymne Pange lingua, "Chant, ô ma langue…"

Nous aurons à cœur d'aller passer quelques moments d'adoration devant le Saint-Sacrement exposé au reposoir. Et d'y emmener nos enfants, au moins quelques instants. (suivant leur âge)

Le Vendredi-Saint

La liturgie de ce jour est centrée sur la CROIX. Ô Croix, notre unique espérance...

Très dépouillée, elle reflète les sentiments de deuil de l’Église tout entière. La Croix est l'objet non seulement de notre vénération mais, plus encore, de notre ADORATION : c'est par elle que se réalise notre salut.

L'adoration de la Croix
A nouveau voilée de violet, elle sera dévoilée en grande cérémonie. Trois fois, le prêtre chante, en la dévoilant progressivement : Voici le bois de la Croix, sur lequel a été suspendu le salut du monde.

Et, trois fois, nous nous prosternons en répondant : "Venez, adorons", avant de nous avancer en procession pour adorer la Croix et baiser les pieds du crucifix.

Les chants proposés pour ce jour sont : Ô Croix, dressée sur le monde, le Stabat mater.

Au soir du Vendredi-Saint, après l'office, sur l'autel complètement nu, le tabernacle reste ouvert, vide : un grand crucifix est placé, debout, devant son ouverture.

Le Samedi-Saint

Notre Seigneur repose au tombeau. L’Église est en deuil. La vie s'arrête.
Jésus est mort : on ne peut célébrer l'Eucharistie.

Seule reste la prière de l’Église dans la liturgie des Heures, toute pénétrée de sentiments de deuil. Les apôtres se sont dispersés, désespérés, et Notre-Dame revit dans son cœur le drame de la veille.

Seule Marie conserve la foi : elle sait que son Fils ne restera pas au tombeau.
En elle seule demeure toute la foi de l’Église. Par notre chapelet, nous pouvons rester à ses côtés et nous unir à sa douleur.

L’Église, pourtant, se prépare pour la célébration de la veillée pascale, ce soir, à la nuit tombée.
Dans nos familles, nous préparons la journée du lendemain, la grande fête de la Résurrection.

L'annonce de la Résurrection

Car la liturgie des jours saints ne s'arrête pas à la mort de Jésus, notre Rédempteur : cette mort débouche sur la Résurrection.

"Je livre ma vie pour la reprendre.
Personne ne me l'enlève : c'est par ma propre volonté que je l'abandonne.
J'ai le pouvoir de la livrer et j'ai le pouvoir de la reprendre.
Tel est l'ordre que j'ai reçu de mon Père." (Jn 10, 18)

"Quatorze fois, au cours de ses prédications, Jésus avait annoncé qu'après sa Passion et sa mort, il ressusciterait le troisième jour, et il présentait d'avance cette résurrection comme le signe évident et définitif auquel, non seulement les Apôtres mais les Juifs infidèles eux-mêmes, pourraient reconnaître qu'il était le Fils de Dieu, égal à Dieu son Père." (Ctesse de Ségur. Évangile d'une Grand'Mère)

C'est le mystère pascal, "Mort et Résurrection", que l'Eglise ne sépare jamais. La liturgie de la nuit pascale sera traitée dans un autre document, avec le temps pascal.

Autres documents à consulter

Le signe de la Croix
Les mystères douloureux du Rosaire
Un conte sur la compassion : le chemin des épines.
(Ce très beau conte n'est pas pour de jeunes enfants, mais pour des grands ou des adultes)


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