Avec l'aide de Dieu (prière et sacrements), sur quoi faire porter nos efforts ?
Une série de pistes pour des résolutions personnelles et familiales.

 Ce temps du Carême est particulièrement approprié pour les exercices spirituels, les liturgies pénitentielles, les pèlerinages en signe de pénitence, les privations volontaires comme le jeûne et l’aumône, le partage fraternel (œuvres caritatives et missionnaires).

(CEC 1438)

D’abord la conversion du cœur, ensuite les œuvres de la pénitence

"Convertissez-vous au Seigneur notre Dieu,
parce qu'il est bon et compatissant, patient et riche en miséricorde" (Jl 2, 13)

Comme déjà chez les prophètes, l’appel de Jésus à la conversion et à la pénitence ne vise pas d’abord des œuvres extérieures, "le sac et la cendre", les jeûnes et les mortifications, mais la conversion du cœur, la pénitence intérieure.
Sans elle, les œuvres de pénitence restent stériles et mensongères ; par contre, la conversion intérieure pousse à l’expression de cette attitude en des signes visibles, des gestes et des œuvres de pénitence. (CEC 1430)

Voir à ce sujet  Les actes pratiques de la pénitence

L’aide de Dieu : prière et sacrements

Reconnaissons notre faiblesse : la foi et l’humilité nous feront compter bien plus sur la force de Dieu, sur sa grâce, que sur nous-mêmes. C’est la prière et le secours des sacrements, l'Eucharistie et le sacrement de Pénitence et de Réconciliation, qui nous obtiendront toutes les forces dont nous avons besoin pour trouver la force de rompre avec nos attaches mauvaises et vivre en plus grande conformité avec la volonté de Dieu.
Autant que cela nous est possible, essayons d'aller à la messe plus souvent en semaine.

Eucharistie et Pénitence

La conversion et la pénitence quotidiennes trouvent leur source et leur nourriture dans l’Eucharistie :
- en elle est rendu présent le sacrifice du Christ qui nous a réconciliés avec Dieu ; - par elle sont nourris et fortifiés ceux qui vivent de la vie du Christ ;
- "elle est l’antidote qui nous libère de nos fautes quotidiennes et nous préserve des péchés mortels". (Concile de Trente)
La lecture de l’Écriture Sainte, la prière de la Liturgie des Heures et du Notre Père, tout acte sincère de culte ou de piété ravive en nous l’esprit de conversion et de pénitence et contribue au pardon de nos péchés. (CEC 1436-1437)

Les "œuvres" de la pénitence : sur quoi faire porter nos efforts ?

Le Carême est le temps des bonnes résolutions… Sachant que la pénitence consiste essentiellement à réformer dans notre vie ce qui demande à l'être, sur quoi allons-nous porter notre choix ?
(Il sera bon, pour cela, de prendre conseil de son père spirituel ou d'un confesseur, si c'est possible)

- la fidélité - ou l'application - au devoir d'état, en premier lieu
- la réforme de son caractère, obéissance, attention aux autres...
- la patience dans les difficultés, contrariétés, souffrances, épreuves...
- la privation de certains plaisirs faciles : friandises, alcools, tabac, télévision, jeux vidéo…
- faire - ou manger - avec le sourire ce qu'on n'aime pas...
- limiter, voire supprimer, les futilités : parfums, maquillage, bijoux, recherche d’élégance...
- remplacer le "temps perdu" : bavardages interminables (téléphoniques ou autres), lèche-vitrines, lectures de revues de mode… par un temps d'étude du catéchisme, par exemple…
- respecter le code de la route, renoncer aux excès de vitesse…
- l’attention aux autres : donner de son temps pour écouter, deviner des détresses cachées...
- la réconciliation avec telle personne... pardon à donner… ou à recevoir…

Cette liste n'est pas exhaustive ! A chacun d'y ajouter ce qui le concerne plus personnellement.

En ce qui concerne la pénitence corporelle, comme le jeûne, rappelons que ce n'est pas un but en soi : ce n'est qu'un moyen. Mais un moyen nécessaire, pour remettre sous la discipline de l'esprit et de la raison le corps qui a si souvent tendance à s'en émanciper par la recherche de la facilité et le péché.

Certaines résolutions à prendre en famille…

Il sera bon, dans bien des cas, surtout lorsque les enfants grandissent, de prendre aussi certaines résolutions en famille, que tous les membres de la famille s'entraideront à tenir.
Résolution de prière qu'on intensifiera pendant cette période, toute la famille la choisit ensemble.
Choix d'une privation commune : le vendredi soir, un repas plus "spartiate" - laisser le téléviseur fermé pendant tout le Carême (conseil maintes fois répété par le Pape). Mais cela doit faire l'objet d'un choix préalable et librement consenti.
Choix d'un effort qui pourrait être commun à toute la famille. Par exemple le silence sous toutes ses formes : les portes, les pieds dans l'escalier, parler doucement…Ou encore… la bonne humeur !
Pourquoi ne pas tenir un petit conseil de famille, le dimanche avant le commencement du carême où, à la prière du soir, sous le regard de Dieu, nous déciderons tous ensemble de nos efforts de carême.
Voici quelques pistes à explorer :

La bonne entente en famille

Supportez-vous les uns les autres ;
et pardonnez-vous si vous avez entre vous quelque sujet de plainte.
Comme le Seigneur vous a pardonné, vous aussi, pardonnez. (Col 3, 13)

Avant de commencer ta prière, si tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi,
va d'abord te réconcilier avec ton frère, et ensuite, Dieu acceptera ta prière. (Mt 5, 23-24)

Seul un grand esprit de sacrifice permet de sauvegarder et de perfectionner la communion familiale. Elle exige en effet une ouverture généreuse et prompte de tous et de chacun à la compréhension, à la tolérance, au pardon, à la réconciliation. Aucune famille n'ignore combien l'égoïsme, les dissensions, les tensions, les conflits font violence à la communion familiale et peuvent même l'anéantir...
Chaque famille est invitée par le Dieu de paix à faire l'expérience joyeuse et rénovatrice de la "réconciliation", c'est-à-dire de la communion restaurée et de l'unité retrouvée.
(Jean-Paul II. Familiaris consortio 21)

Prendre de la distance par rapport à la "société de consommation" ...

Les parents doivent avec confiance et courage former leurs enfants au sens des valeurs essentielles de la vie humaine.
Les enfants doivent grandir dans une juste liberté devant les biens matériels, en adoptant un style de vie simple et austère, bien convaincus que l'homme vaut plus par ce qu'il est que par ce qu'il a. (Jean-Paul II. Familiaris consortio 37)

Dans ce domaine, nous avons tous besoin d'être attentifs au gaspillage sous toutes ses formes et de le limiter au maximum.

Lutter contre la facilité

Il ne peut y avoir de véritable vie chrétienne sans lutte, sans accepter cette lutte quotidienne contre tout ce qui, en nous ou autour de nous, s'oppose à la vie de notre âme, cette vie "selon l'Esprit-Saint". Ce n'est pas toujours facile !... Mais Jésus nous a prévenus : Entrez par la porte étroite...

Large et spacieuse est la voie qui mène à la perdition, et beaucoup s'y engagent ;
étroite est la porte, et resserrée la route qui mène à la vie, et il en est peu qui la trouvent.
(Mt 7, 13-14)

Saint Paul fait la comparaison entre les sportifs et notre vie spirituelle.

Pour une "couronne" périssable, (aujourd'hui, nous dirions plutôt une "coupe") les premiers n'hésitent pas à s'imposer une discipline de vie très stricte : se coucher tôt, pas d'alcool, pas de cigarettes, un entraînement physique quotidien et très rigoureux...
Et nous ? Pour une couronne impérissable, la vie éternelle, savons-nous toujours nous imposer une discipline équivalente et renoncer à tout ce qui peut porter tort à notre vie spirituelle, ou à notre vie morale… ?

Je combats, mais non pas en battant l'air. Je traite durement mon corps et je le tiens en servitude, de peur qu'après avoir prêché aux autres, je ne sois moi-même disqualifié.
(1 Co 9, 24-27)

"Ceux qui ne s'occupent que d'eux-mêmes sont toujours battus par ceux qui sont capables de sacrifices et luttent pour quelque chose qui les dépasse." (John SENIOR. Restauration de la culture chrétienne. Éd DMM.)

Unir nos efforts et sacrifices au sacrifice de la Croix

Tous ces efforts et "sacrifices" de Carême, tous les exercices de mortification que nous choisirons, nous et nos enfants, n'auront de valeur que si nous les décidons en vue d'apporter notre petite contribution à cette grande œuvre de notre salut opéré pour nous par notre Rédempteur (= Celui qui "rachète").
Si ces "sacrifices" auxquels nous inviterons nos enfants ne sont pas reliés au sacrifice de la Croix, s'ils ne sont pas faits par amour, quel en sera le mérite ? En outre, la générosité sera beaucoup moins "motivée"...


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