Un nouveau-né, chez les Juifs, ne recevait son nom que quelques jours après sa naissance. Le nom que l'on donnait avait une très grande importance. Dans cette perspective, il arrive que Dieu donne ou change lui-même un nom : Adam, Abraham (à la place d'Abram), Jean (le Baptiste), JÉSUS, Pierre (à la place de Simon)…

Quel est le sens du nom « MARIE » ?

Myriam, en hébreu, se traduit en latin par Domina, ce qui signifie « Dame », « Souveraine » : le nom de « Notre-Dame » convient parfaitement à la Mère de Celui que l’on appelle « notre Seigneur Jésus-Christ », le Fils de Dieu.
D’autres significations lui ont été attribués : « Protectrice », « Étoile de la Mer »,

La fête du Saint Nom de Marie a été instituée dans toute l’Église par le Pape Innocent XI en 1683, en reconnaissance de la victoire remportée à Vienne (Autriche) sur les Turcs qui menaçaient, une fois de plus, d’envahir toute l’Europe.

La puissance de Marie était annoncée dans l'Ancien Testament :

Quelle est celle-ci qui s’avance comme l’aurore, belle comme la lune,
éclatante comme le soleil, terrible comme une armée en bataille. (Ct 6, 9)


Saint Bernard a magnifiquement écrit sur ce sujet

"Et le nom de la vierge était Marie" (Lc 1, 27).


Disons quelque chose sur ce nom, qui est interprété : "étoile" de la mer et qui convient à merveille à la mère restée vierge.
Oui, on la compare à un astre, et rien de plus juste : comme l'astre, sans être altéré, émet son rayon, ainsi, sans lésion intime, la Vierge met au monde son Fils. Le rayon n'amoindrit pas la clarté de l'astre, pas plus que le fils ne diminue l'intégrité de la vierge.

Oui, elle est cette noble étoile issue de Jacob dont les rayons illuminent l'univers entier, dont la splendeur étincelle sur la cime et pénètre jusqu'aux ombres profondes, dont la chaleur répandue sur la terre réchauffe les âmes plus que les corps, mûrit les vertus et consume les vices.

Elle est cette brillante et merveilleuse étoile qui se lève, glorieuse et nécessaire au-dessus de cet océan immense, dans la splendeur de ses mérites et de ses exemples.

Dans la tempête, regarde l'étoile, invoque Marie !
O toi, qui que tu sois, qui dans cette marée du monde, te sens emporté à la dérive parmi orages et tempêtes, plutôt que sur la terre ferme, ne quitte pas les feux de cet astre, si tu ne veux pas sombrer dans la bourrasque.

Quand se déchaînent les rafales des tentations, quand tu vas droit sur les récifs de l'adversité, regarde l'étoile, appelle Marie !

Si l'orgueil, l'ambition, la jalousie te roulent dans leurs vagues, regarde l'étoile, crie vers Marie !


Si la colère ou l'avarice, si les sortilèges de la chair secouent la barque de ton âme, regarde vers Marie !

Quand, tourmenté par l'énormité de tes fautes, honteux des souillures de ta conscience, terrorisé par la menace du jugement, tu te laisses happer par le gouffre de la tristesse, par l'abîme du désespoir, pense à Marie.

Dans les dangers, dans les angoisses, dans les situations critiques, pense à Marie, crie vers Marie !

Que son nom ne quitte pas tes lèvres, qu'il ne quitte pas ton cœur, pour obtenir la faveur de ses prières, ne cesse d'imiter sa vie.
Fais ta propre expérience de Marie !


 Dieu a fait un assemblage de toutes les eaux qu'il a nommé la mer ;
Il a fait un assemblage de toutes les grâces, qu'Il a appelé Marie.
(saint Louis-Marie Grignion de Montfort. Traité de la vraie dévotion à la Sainte Vierge § 23)


 Ronsard joué sur l'anagramme MARIE/AIMER. Appliquons le à Notre-Dame !

Marie, qui voudrait votre beau nom tourner,
il trouverait Aimer : aimez-moi donc, Marie.


Origine historique de cette fête

La fête du Saint Nom de Marie fut concédée à la ville de Cuenca, en Espagne, en 1513 et ne fut instituée à Rome qu'en 1683, par le pape Innocent XI, en action de grâce pour la délivrance, le 12 septembre 1683, de Vienne, capitale de l’Autriche-Hongrie.
Depuis le 14 juillet 1683 l’armée turque bloquait Vienne. L'empereur de Hongrie ayant déserté sa ville, le pape Innocent XI voulut former une ligue catholique contre les Turcs, mais ne put compter que sur l'alliance de Jean III Sobieski, roi de Pologne. Le dimanche 12 septembre 1683, Sobieski servit la messe, communia puis se mit à la tête des coalisés et chargea: aujourd'hui, s'écria-t-il, il y va de la délivrance de Vienne, de la conservation de la Pologne et du salut de la chrétienté entière !
Les Ottomans furent battus. Dans Vienne délivrée, Sobieski et son armée vinrent se prosterner devant la statue de Notre-Dame, chantant Te Deum.
Le 25 novembre suivant, le pape institua la fête du Saint Nom de Marie à Rome, puis en 1721, elle fut étendue à toute l’Église. Disparue lors de la réforme du calendrier de1969, elle a laissé place à une messe votive, ratifiée par (le pape) saint Jean-Paul II dans Les messes en l'honneur de la Vierge Marie, publié à Rome le 15 août 1986.


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