Chaque année, l'anniversaire des apparitions de Notre-Dame du Rosaire à Fatima (première apparition le 13 mai 1917 au Portugal) est l'occasion d'écouter de qui nous a été demandé et de le mettre en pratique.

En 1917, trois jeunes enfants du Portugal, Lucie (10 ans) et ses deux cousins François (9 ans) et Jacinte (7 ans), ont reçu à Fatima la visite de la Reine du Ciel.

François mourra dès l'âge de 12 ans. Jacinte, sa jeune sœur, mourra quelques jours avant d'avoir 10 ans. Lucie vivra jusqu'en 2005 : sa mort à 97 ans précèdera de quelques semaines celle de Jean-Paul II.

Cette visite avait été précédée l'année précédente (1916) par trois visites de l'Ange du Portugal, qui avait préparé les enfants aux apparitions de la Sainte Vierge et à recevoir d'Elle un message d'une grande importance pour le monde entier.

"Fatima" est-il encore d'actualité ?

On pourrait dire que Fatima est un événement du passé puisque ce que Notre Dame a annoncé s'est effectivement réalisé :

- la danse du soleil le 13 octobre 1917

- la fin de la guerre de 14-18

- l'apparition complémentaire à propos de la communion réparatrice des premiers samedis du mois (à Pontevedra en 1925)

- la guerre de 39-45, annoncée par l'inexplicable aurore boréale du 25 janvier 1938

- l'empoisonnement de nombreuses nations et de la vie internationale par la Russie (de la révolution de 1917 à la chute du mur de Berlin le 9 novembre 1989… à la suite de la consécration, en 1984, qui avait été demandée explicitement par Notre Dame en 1929).

Bien entendu, la situation internationale et la situation dans l'Eglise ont beaucoup évolué depuis 1917.
Et pourtant, une grande partie des demandes exprimées par l'Ange et par Notre-Dame, nous concerne toujours. En effet, il est clair que :

- le péché surabonde dans une culture de mort de plus en plus envahissante

- Dieu, sa Mère et l'Eglise sont ouvertement agressés de bien des manières.

Si le contexte est évidemment différent, les problèmes de fond sont identiques.


Ce qui a été dit et demandé et qui reste d'actualité

L'ensemble du message de Fatima a été formulé en trois étapes 

- les 3 apparitions de l'Ange, en 1916
- les 6 apparitions de Notre-Dame, en 1917
- les 2 apparitions complémentaires à Sœur Lucie, quelques années plus tard.

Dans les messages de l'Ange, en 1916

Première apparition (printemps 1916) au Cabeço

Ne craignez pas ! Je suis l'Ange de la Paix. Priez avec moi :

Mon Dieu, je crois, j'adore, j'espère et je Vous aime. Je Vous demande pardon
pour ceux qui ne croient pas, qui n'adorent pas, qui n'espèrent pas, qui ne Vous aiment pas

Deuxième apparition (été 1916) au puits de l'Arneiro

Que faites-vous ? Priez, priez beaucoup ! Les Saints Cœurs de Jésus et de Marie ont sur vous des desseins de Miséricorde. Offrez sans cesse au Très-Haut des prières et des sacrifices.

De tout ce que vous pourrez, offrez à Dieu un sacrifice en acte de réparation pour les péchés par lesquels Il est offensé, et de supplication pour la conversion des pécheurs…

Troisième apparition (automne 1916) au Cabeço

L'Ange, prosterné, répète six fois cette prière :

Très Sainte Trinité, Père, Fils et Saint-Esprit, je Vous adore profondément
et je Vous offre les très précieux Corps, Sang, Âme et Divinité de Jésus-Christ,
présent dans tous les tabernacles du monde,
en réparation des outrages, sacrilèges et indifférences par lesquels Il est lui-même offensé.
Par les mérites infinis de son très Saint Cœur et du Cœur Immaculé de Marie,
je Vous demande la conversion des pauvres pécheurs.

Dans les messages de Notre-Dame, en 1917

Première apparition (13 mai) à la Cova da Iria

Voulez-vous vous offrir à Dieu pour supporter toutes les souffrances qu'Il voudra vous envoyer, en acte de réparation pour les péchés par lesquels Il est offensé, et de supplication pour la conversion des pécheurs ?

Récitez le chapelet tous les jours afin d'obtenir la paix pour le monde et la fin de la guerre.

Deuxième apparition (13 juin 1917) à la Cova da Iria

Je veux (…) que vous disiez le chapelet tous les jours…

Jésus veut établir dans le monde la dévotion à mon Cœur Immaculé. A qui embrassera cette dévotion, je promets le salut ; ces âmes seront chéries de Dieu, comme des fleurs placées par moi pour orner son trône…

Mon Cœur Immaculé sera ton refuge et le chemin qui te conduira jusqu'à Dieu.

Troisième apparition (13 juillet 1917) à la Cova da Iria

Je veux que vous continuiez à réciter le chapelet tous les jours en l'honneur de Notre Dame du Rosaire, pour obtenir la paix du monde… parce qu'Elle seule pourra vous secourir.


Sacrifiez-vous pour les pécheurs et dites souvent à Jésus, spécialement lorsque vous ferez un sacrifice :

"Ô Jésus, c'est par amour pour Vous, pour la conversion des pécheurs, et en réparation des péchés commis contre le Cœur immaculé de Marie"…

A la fin, mon Cœur Immaculé triomphera…

Quand vous réciterez le chapelet, dites après chaque mystère :

"Ô mon Jésus, pardonnez-nous, sauvez-nous du feu de l'enfer, attirez au Ciel toutes les âmes, surtout celles qui en ont le plus besoin."

Quatrième apparition (19 août 1917) aux Valhinhos

Je veux… que vous continuiez à réciter le chapelet tous les jours.

Priez, priez beaucoup et faites des sacrifices pour les pécheurs, car beaucoup d'âmes vont en enfer parce qu"elles n'ont personne qui se sacrifie et prie pour elles.

Cinquième apparition (13 septembre 1917) à la Cova da Iria

Continuez à dire le chapelet afin d'obtenir la fin de la guerre…

Sixième apparition de (13 octobre 1917) à la Cova da Iria

Je suis Notre Dame du Rosaire
Que l'on continue à réciter le chapelet tous les jours.
Que l'on n'offense pas davantage Dieu, Notre-Seigneur, car Il est déjà trop offensé !


Dans les apparitions complémentaires à Sœur Lucie, quelques années plus tard

Apparition à Pontevedra (10 décembre 1925)

Aie compassion du Cœur de ta très Sainte Mère entouré des épines que les hommes ingrats lui enfoncent à tout moment sans qu'il y ait personne pour faire acte de réparation afin de les en retirer.

Pratiquement, pour cet acte de réparation, la Sainte Vierge a demandé les communions réparatrices des premiers samedis du mois.

Apparition à Tuy (13 juin 1929)

Elles sont si nombreuses les âmes que la justice de Dieu condamne pour des péchés commis contre moi que je viens demander réparation. Sacrifie-toi à cette intention et prie.

Les apparitions de Fatima : un éclairage pour notre siècle

En résumé : Dieu veut nous sauver, mais Lui qui "nous a créés sans nous, qui nous a rachetés sans nous, Il ne peut nous sauver sans nous." (Saint Augustin)

Il nous est demandé de participer au salut des âmes, à commencer par la nôtre, par :

- un esprit de réparation des offenses envers Dieu, envers Jésus et envers Marie

- un esprit d'intercession pour sauver les âmes des pécheurs de la mort éternelle (l'enfer) et leur permettre d'accéder à la vie éternelle (le Ciel)

Quels moyens avons-nous pour atteindre ces grands objectifs ? Ceux de l'Evangile. Ils nous sont à nouveau proposés à Fatima, à Pontevedra et à Tuy : prière, conversion et pénitence.

Le point essentiel : l'appel à la conversion et à la prière

"Ce qui a conduit l'Église à accueillir le message de Fatima, c'est, par-dessus tout, la constatation de sa conformité à l'enseignement de l'Évangile.
Le point essentiel du message de Fatima est l'appel à la conversion et à la prière, ce qui constitue justement l'invitation pressante du Christ dans l'Évangile.

Les apparitions de la Très Sainte Vierge à Fatima, appuyées de signes extraordinaires, survenues en 1917, forment comme un point de référence et d'éclairage pour notre siècle.

Marie, notre Mère céleste, est venue :
- pour réveiller les consciences, pour éclairer le sens vrai et authentique de la vie,
- pour stimuler à la conversion du péché et à la ferveur spirituelle,
- pour enflammer nos âmes d'amour de Dieu et de charité envers le prochain.

Marie est venue à notre secours, parce que beaucoup, malheureusement, ne veulent pas accueillir l'invitation du Fils à rejoindre la maison du Père.

De son sanctuaire de Fatima, Marie renouvelle encore aujourd'hui sa maternelle requête :
- la conversion à la Vérité et à la grâce,
- la vie des sacrements, notamment de la Pénitence et de l'Eucharistie
- et la dévotion à son Coeur Immaculé, accompagnée d'esprit de sacrifice.

Entendons la voix de la Mère du Ciel !
Que toute l'Église l'entende ! Que toute l'humanité l'entende, parce que Marie Très Sainte veut seulement le salut éternel des hommes, selon le dessein de la divine Providence".

(Message du pape Jean Paul Il (extraits) le 26 juillet 1987 à Castel Gandolfo)

Prier avec le chapelet

Six fois Marie le demande : "Récitez le chapelet tous les jours…"

"A chacune de ses six apparitions, "notre Mère du Ciel" a tenu à répéter sa demande toujours dans les mêmes termes, avec la même insistance : "RÉCITEZ LE CHAPELET TOUS LES JOURS !" .
C'est dire à quel point cette belle prière, tellement traditionnelle dans l'Église, plaît souverainement à son Cœur de Mère.

Loin d'être une dévotion tout à fait secondaire et facultative, la Vierge de Fatima vient nous révéler que le chapelet est la condition la plus ordinaire pour obtenir infailliblement toutes les grâces que nous lui demandons.
Oui, elle est la Médiatrice de toutes grâces, de par le bon plaisir de son Fils.

Mais ce torrent de faveurs qu'elle retient dans son Coeur, elle ne veut le déverser sur chacune de nos âmes, de nos familles, de nos patries et sur le monde, qu'en réponse à l'imploration humble et suppliante de nos innombrables chapelets.

Si, de même qu'à Lourdes, elle voulut apparaître à la Cova da Iria tenant à la main cet instrument béni, guide de notre prière, c'était pour nous montrer qu'il était le plus sûr moyen, parce que le plus facile, le plus humble, pour gagner son Coeur et obtenir ses grâces.

Tel est bien l'esprit du message de Fatima, qui, sur ce point, ne fait que reprendre et développer celui de Lourdes, mais avec plus de vigueur encore."

(Frère Michel de la Sainte Trinité. Toute la vérité sur Fatima, tome I)

Le manque de prière, cause de la décadence actuelle

"La décadence qui existe dans le monde est sans nul doute la conséquence du manque de prière. Ce fut en prévision de cette désorientation que la Vierge a recommandé avec tant d'insistance la récitation du chapelet.
Et comme le chapelet est, après la sainte liturgie eucharistique, la prière la plus propre à conserver la foi dans les âmes, le démon a déchaîné sa lutte contre lui.

Malheureusement, nous voyons les désastres qu'il a causés. (...) Nous ne pouvons et nous ne devons pas nous arrêter ni laisser, comme dit Notre Seigneur, les fils des ténèbres être plus avisés que les fils de la Lumière.

Le Rosaire est l'arme la plus puissante pour nous défendre sur le champ de bataille."

(Lettre de soeur Lucie à un prêtre 26-11-1970)

Les papes nous parlent du Chapelet

"Si j'avais une armée qui dise le chapelet, je ferai la conquête du monde !" (Pie IX)

"De toutes les prières, le Rosaire est la plus belle et la plus riche en grâces. Elle est, de toutes, la plus agréable à Marie, la Vierge très Sainte. Aimez donc le Rosaire et récitez-le chaque jour avec dévotion. C'est le testament que je vous laisse." (saint Pie X)

"Le Rosaire est la meilleure école de vie chrétienne.
Cette prière porte remède aux trois grands maux des temps présents :

- l'aversion pour la vie humble et laborieuse,

- l'horreur de tout ce qui fait souffrir,

- l'oubli des biens futurs." (Léon XIII)

La conversion et la pénitence : retrouver le sens de Dieu et du péché

"Le péché de ce siècle est la perte du sens du péché", disait déjà Pie XII (26 octobre 1946).

Le pape Jean-Paul II reprend ce sujet de façon très détaillée, claire et explicite dans sa lettre "Réconciliation et Pénitence" § 18 (2. 12. 1984) :

Ce sens du péché a sa racine dans la conscience de l'homme et en est l'instrument de mesure. Il est lié au sens de Dieu, puisqu'il provient du rapport conscient de l'homme avec Dieu comme son Créateur, son Seigneur et Père.

(...) L'homme contemporain ne vit-il pas sous la menace d'une éclipse de la conscience, une déformation, un engourdissement, une "anesthésie" des consciences ?
(Jean-Paul II Réconciliation et pénitence RP § 18)

Oui, nous vivons dans un monde qui a complètement perdu le sens du péché. Parce qu'on a perdu le sens de Dieu. Le naturalisme ambiant porte à se "déculpabiliser", à amenuiser sa responsabilité morale. Et le conformisme fait le reste !

"L'esprit de jouissance a remplacé l'esprit de sacrifice" dans tout le monde moderne.

Et, simultanément, une certaine catéchèse a supprimé de ses programmes l'enfer... et le péché.

Voici 90 ans que la Sainte Vierge a tiré la sonnette d'alarme.
Mais bien peu l'ont écoutée, peu s'en sont fait l'écho… Et nous, dans notre vie personnelle ?

Toute la vie de sœur Lucie a été consacrée à cela :

"Je crois que Dieu a voulu seulement se servir de moi pour rappeler au monde la nécessité qu'il y a d'éviter le péché, de réparer les offenses envers Dieu par la prière et par la pénitence."

Les enfants de Fatima et le sens du sacrifice


Nous savons tous l'importance qu'il faut donner au sacrifice dans la vie chrétienne et dans l'éducation des enfants. Les enfants de Fatima nous donnent, sur ce point, un exemple tout à fait remarquable dont nous avons tous à faire notre profit. Encore faut-il avoir bien compris la signification spirituelle du sacrifice et, située dans cette perspective, la valeur de "nos" sacrifices et renoncements quotidiens.

Le texte ci-dessous, tiré du livre "Lucie raconte Fatima" (annexe A, p. 193), peut nous y aider.

L'idée de "sacrifice" est inséparable de toute religion (...).
Dans l'Écriture Sainte, le sacrifice est la reconnaissance par l'homme que tout lui vient de Dieu. C'est donc premièrement un acte d'adoration et de culte.
Ainsi, tout premier-né appartient à Yahvé; pour le garder, on lui substituera une victime animale, plus tard, un don en argent (Ex 13,2,12 - Nb 18, 15).

Cette offrande, une fois donnée à Dieu, lui appartiendra plus spécialement, elle sera sanctifiée (c'est-à-dire "mise à part", relevant désormais du domaine du Sacré), consacrée à Dieu.
C'est tout cela qu'évoque l'étymologie du mot lui-même: sacrifice, sacrum facere. En consommant cette offrande, c'est donc à Dieu même que l'on s'unira; cette communion nourrit notre Alliance avec Lui.

Le christianisme ne supprime pas ces droits de Dieu, puisque Jésus Lui-même est ainsi "racheté", lors de sa Présentation au Temple, par "un couple de tourterelles ou deux jeunes colombes" (Lc 2, 22-24).
Seulement, le Christ se substituera aux victimes de l'Ancienne Alliance et deviendra la VICTIME par excellence - c'est le thème central de l'épître aux Hébreux - au Calvaire d'abord, puis sous les espèces du pain et du vin, dans toutes les Messes célébrées à l'image de la dernière Cène.

Dans la mesure où le chrétien participe au Christ, il doit, lui aussi, se sacrifier (Ph 2, 17), non seulement dans ses biens (Ph 4, 18), mais jusque dans son corps même, "offert en victime vivante, sainte agréable à Dieu : tel est le culte qui nous est demandé comme juste et bon" (Rom 12,1).

C'est le fond même du christianisme, comme imitation et union au Christ, serviteur sacrifié :
"Si quelqu'un veut venir derrière moi, qu'il se renonce, qu'il se charge de sa croix et qu'il me suive. Qui perd sa vie à cause de moi la trouvera" (Mt 16,24).

(Lucie raconte Fatima. Présentation de Dom J. NESMY - Ed DDB - FATIMA Éd. - RESIAC)

Place du sacrifice dans la vie des enfants de Fatima

Dans l'histoire des apparitions, nous pouvons distinguer très nettement deux étapes dans la formation de ces enfants au sens du sacrifice.

1 - la recommandation de l'Ange : faire des sacrifices en esprit de réparation

"...Priez, priez beaucoup ! Les saints Cœurs de Jésus et de Marie ont sur vous des intentions de miséricorde. Offrez sans cesse au Seigneur des prières et des sacrifices."

- Comment ferons-nous des sacrifices ? demande Lucie.

- "De tout, répond l'Ange, vous pouvez faire des sacrifices. Offrez-les .au Seigneur en réparation de tant de péchés qui l'offensent, et pour la conversion des pécheurs. (...)
Surtout, acceptez et supportez avec soumission les souffrances que le Seigneur vous enverra."

Ces paroles de l'Ange aident les enfants à comprendre l'importance et la valeur du sacrifice ; leur désir devient très grand de s'unir à Jésus dans la prière et ils ne perdent plus aucune occasion de faire des sacrifices.

Un peu plus tard, un prêtre leur enseignera comment offrir à Jésus d'innombrables petits sacrifices :

"Si vous avez envie de manger quelque chose, laissez-le et, à la place, mangez autre chose et offrez à Dieu ce sacrifice... Si on vous interroge et si nous ne pouvez pas vous dérober, c'est Dieu qui le veut ainsi, vous lui offrirez encore ce sacrifice."
(Lucie raconte Fatima…)

2 - la demande de la Sainte Vierge : s'offrir soi-même en esprit de réparation

"Voulez-vous vous offrir à Dieu pour supporter toutes les souffrances qu'Il voudra vous envoyer, en réparation des péchés par lesquels Il est offensé, et en supplication pour la conversion des pécheurs ?

- Oui, nous le voulons.

- Vous allez donc avoir beaucoup à souffrir, mais la grâce de Dieu sera votre réconfort."

Étape infiniment plus élevée, où il n'est demandé aux enfants rien moins que de s'offrir eux-mêmes.

Instinctivement, les enfants décidèrent de ne parler de cela à personne.
Ce n'est que beaucoup plus tard, en 1927 puis en 1941, et par obéissance à ses supérieurs, que Lucie écrira tous ses souvenirs sur les Apparitions et révélé ce qui était resté jusque-là le "secret" personnel des trois enfants (différent du "grand secret" de Fatima, qui ne sera révélé que beaucoup plus tard).

Ce "oui" décidé que Lucie prononça à cet instant, au nom de tous les trois, n'était rien moins qu'une oblation à Dieu en victime d'amour. D'amour de Dieu pour réparer le péché, pour consoler son Cœur blessé. D'amour des âmes pour en obtenir, à tout pris, la conversion.

"Vous allez avoir beaucoup à souffrir" : c'est la loi du sacrifice : il n'y a pas d'oblation agréée de Dieu sans immolation.

Mais la Sainte Vierge avait annoncé : "la grâce de Dieu sera votre réconfort" : sans attendre, elle les a alors comblés d'une faveur mystique incomparable, d'une sorte de vision de Dieu qui, seule, pourrait leur procurer la force de supporter les dures souffrances qui les attendaient. De même que Jésus avait conduit ses trois disciples préférés au Thabor, pour les préparer au Calvaire.

(Toute la vérité sur Fatima. Tome I Frère Michel de la Sainte Trinité. Ed CRC)

A ces appels de l'Ange et de Notre Dame, ces enfants répondirent avec une générosité héroïque. Leur exemple dépasse tout ce que notre génération, habituée à tant de confort, peut imaginer...

Ils se privaient de leur repas de midi, qu'ils donnèrent d'abord à leurs brebis, puis à des enfants plus pauvres qu'eux.
Ils se privaient de manger des figues ou des raisins appétissants qu'on leur avait donnés.

"Nous avions l'habitude, raconte Soeur Lucie, d'offrir à Dieu le sacrifice de passer neuf jours, ou un mois, sans boire.
Une fois, nous fîmes ce sacrifice en plein mois d'août, alors que la chaleur était suffocante".

Ils se frappaient les jambes avec des orties... et même, sous leurs vêtements, ils se mettaient une ceinture de corde enroulée à même la peau : c'est la Sainte Vierge elle-même qui a dû leur dire de la retirer la nuit !

Ils ont eu, surtout Lucie, à subir de nombreux mauvais traitements. Lucie, traitée de menteuse par sa mère à propos des apparitions, fut souvent battue.
Le sous-préfet les a emmenés en prison, menacés de les plonger dans l'huile bouillante ... Ils ont dû supporter les innombrables dérangements occasionnés par les visiteurs curieux de les rencontrer.

François et Jacinte, à qui la Sainte Vierge avait annoncé leur mort prochaine, ont eu aussi à souffrir de la maladie ; surtout Jacinte, partie loin des siens à l'hôpital, où elle est morte toute seule... à 10 ans ! Mais avec des visites de la Sainte Vierge pour la soutenir.

De toutes ces souffrances, pas une n'était perdue: la plus petite comme la plus grande des contrariétés, tout était offert avec amour "pour la conversion des pécheurs", toujours dans le désir de plaire à Jésus et à Marie.

Un message de confiance et d'espérance

Les demandes de la Reine du Ciel sont-elles vraiment si difficiles qu'on ne puisse les satisfaire ?
Notre Mère connaît bien ses enfants, elle sait ce qui leur convient.

Si notre monde répond si peu et si mal à ses demandes, n'est-ce pas plutôt par manque de générosité ? Nous, du moins, soyons de ceux qui l'écoutent et veulent l'honorer.

Quelques jours avant de partir à l'hôpital (où elle devait mourir), Jacinte (10 ans à peine) donnait à Lucie ses dernières recommandations :

"Dis à tout le monde que Dieu nous accorde ses grâces par le moyen du Cœur Immaculé de Marie ; que c'est à elle qu'il faut les demander ; que le Cœur de Jésus veut qu'on vénère avec Lui le Cœur Immaculé de Marie ; que l'on demande la paix au Cœur Immaculé de Marie, car c'est à elle que Dieu l'a confiée."

"Mais à la fin, mon Coeur Immaculé triomphera." (13 juillet 1917)


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