En ce beau matin du printemps 1916, Jacinte (7 ans) et son frère François (9 ans) courent sur le sentier à la rencontre de Lucie, leur cousine, avec qui ils vont aller garder les moutons

JE SUIS NOTRE DAME DU ROSAIRE


En ce beau matin du printemps 1916, Jacinte (7 ans) et son frère François (9 ans) courent sur le sentier à la rencontre de Lucie, leur cousine, avec qui ils vont aller garder les moutons. C'est une belle journée qui commence dans ce petit hameau d'Aljustrel, au Portugal. Ils sont tout joyeux en s'engageant à la tête de leur petit troupeau sur le chemin pierreux bordé de figuiers et d'oliviers. Comme Lucie est la plus grande, c'est elle qui chaque jour décide de l'endroit où l'on ira. Aujourd'hui, c'est au "Cabeço". Il y a là beaucoup de rochers et, même si ce n'est pas le meilleur endroit pour les moutons (l'herbe y est un peu rare…), les cousins aiment beaucoup y aller, car il y a comme des grottes dans lesquelles on peut se cacher, et aussi s'abriter en cas de mauvais temps.

L'Ange de la Paix

Mais aujourd'hui il fait très beau. François sort de sa poche son inséparable pipeau et les deux filles se mettent à danser sur le chemin. Les journées passent très vite pour les trois enfants, si heureux d'être ensemble ! De leurs petits sacs, ils sortent leur déjeuner : des olives, un morceau de fromage de brebis, quelques figues.

Et après, ils n'oublient pas, chaque jour, comme leurs mamans leur ont bien recommandé, la prière du chapelet. Il y a tant de raisons de prier en ce moment, avec cette terrible guerre dont parlent les grandes personnes : les blessés qui rentrent souvent infirmes, les soldats de la famille qui sont au front et dont on n'a pas de nouvelles...

Après leur chapelet, les enfants sont en train de jouer paisiblement tout en surveillant les moutons quand une forte rafale de vent, étrange alors que l'air est si doux, leur fait lever la tête. Au-dessus des oliviers qui couvrent la pente de la colline, une silhouette légère et lumineuse accourt vers eux : c'est un jeune homme d'une grande beauté que le soleil rend transparent comme s'il était en cristal.

- N'ayez pas peur ! Je suis l'Ange de la Paix. Priez avec moi !

Il tombe à genoux, le front à terre, et répète trois fois :

Mon Dieu, je crois, j'adore, j'espère et je vous aime. Je vous demande pardon pour ceux qui ne croient pas, qui n'adorent pas, qui n'espèrent pas et qui ne vous aiment pas.

D'un même mouvement, Lucie, Jacinte et François se jettent à genoux et répètent les paroles de l'Ange, qui disparaît aussitôt. Les enfants sont tellement saisis qu'ils restent ainsi tous les trois sans bouger, ne pouvant dire autre chose que cette prière, comme baignés dans une atmosphère surnaturelle.
Ce qu'ils ont vécu est si fort que, le soir, ils rentrent à la maison sans se parler. «Le lendemain, dira Lucie, nous nous sentions encore enveloppés dans cette atmosphère qui ne disparut que très lentement. »
Mais ils ne parlent de cela à personne.

Offrez des sacrifices…

Quelques semaines plus tard, alors qu'ils sont en train de jouer dans le jardin de Lucie, près du puits, derrière la maison, l'Ange leur apparaît à nouveau :

- Que faites-vous ? Priez, priez beaucoup ! Les saints Cœurs de Jésus et de Marie ont sur vous des intentions de miséricorde. Offrez sans cesse au Seigneur des prières et des sacrifices.

- Comment faire ? demande Lucie.

- De tout, répond l'Ange, vous pouvez faire des sacrifices. Offrez les au Seigneur en réparation de tant de péchés qui l'offensent et pour la conversion des pécheurs. Surtout acceptez et supportez avec soumission les souffrances que le Seigneur vous enverra.

Grâce à ces paroles de l'Ange, les enfants comprennent maintenant l'importance et la valeur du sacrifice. Leur désir devient très grand de s'unir à Jésus dans la prière et ils ne perdent plus une occasion de faire des sacrifices.

Une troisième fois, au début de l'automne, l'Ange revient les trouver, au "Cabeço", comme la première fois. Dans sa main gauche, il tient un calice au-dessus duquel se trouve une hostie d'où sortent des gouttes de sang qui tombent dans le calice. Se mettant à genoux, il leur apprend une prière d'adoration et d'offrande tandis que le calice demeure mystérieusement suspendu en l'air.

Voici cette prière :

Très Sainte Trinité, Père, Fils et Saint-Esprit, je Vous adore profondément et je vous offre les très précieux Corps, Sang, Âme et Divinité de Notre Seigneur Jésus-Christ, présent dans tous les tabernacles de la terre, en réparation des outrages, sacrilèges et indifférences par lesquels il est Lui-même offensé. Par les mérites infinis de son très saint Cœur et du Cœur Immaculé de Marie, je vous demande la conversion des pauvres pécheurs.

Puis il les fait communier et répète la prière avant de disparaître. Longtemps, très longtemps, ce jour-là; les enfants vont rester sur place, sans bouger, perdus dans le silence et la contemplation... Le retour au hameau se fait dans un profond recueillement et, dans la douceur du soir, on n'entend guère que les pas des moutons qui se bousculent sur le petit sentier en agitant leurs clochettes.

En trois visites du Ciel, Lucie, Jacinte et François ont compris bien des choses… Ils sont de plus en plus fervents, sans rien perdre de leur gaieté et de leur entrain et sont prêts maintenant pour les grands événements qui se préparent.

Est-ce que j'irai au Ciel ?

A peu près un an après la première visite de l'Ange, en ce matin tout ensoleillé du 13 mai 1917, ils se mettent tous les trois en route, comme chaque jour, avec leur trentaine de moutons. Aujourd'hui, Lucie a choisi d'aller à la "Cova da Iria". Quelle bonne idée ! Comme partout autour du petit village de Fatima, c'est la garrigue avec des rochers. Mais à cet endroit-là se trouve, en plus, une herbe verte et tendre à point pour les moutons. Et les petits chênes verts dispersés dans le vallon seront bien agréables tout à l'heure pour se reposer après la course aux papillons. Mais d'abord, à midi, on déjeune rapidement et puis, comme chaque jour, on commence la prière du chapelet.

Soudain, une lumière fulgurante fait tressaillir Lucie, Jacinte et François. Avec ce ciel tout bleu, rien ne laisse prévoir un orage. C'est étrange, c'était pourtant bien un éclair… Vite, ils rassemblent les moutons pour rentrer au plus vite, mais un nouvel éclair, plus puissant encore, traverse le ciel. Ils se regardent, anxieux, continuent de pousser les moutons... et ils se trouvent soudain tout entourés d'une lumière éblouissante : là, au-dessus284NDFatimad'un petit chêne vert, une jeune fille d'environ dix-huit ans, toute vêtue de blanc, avec un long voile orné de broderies qui descend jusqu'à terre, leur sourit, un peu tristement. Ses mains sont jointes et un chapelet pend à son bras droit. Il rayonne d'elle une telle lumière que Lucie, Jacinte et Francisco en sont éblouis. Ils ont peur et veulent s'enfuir, mais elle les retient en disant :

- N'ayez pas peur, je ne vous ferai pas de mal !

- D'où êtes-vous, Madame ? demande Lucie.
- Je suis du Ciel.

- Que voulez-vous de nous ?
- Je viens vous demander de venir ici six fois de suite, à cette même heure, le 13 de chaque mois. En octobre, je vous dirai qui je suis et ce que je veux.

Cette jeune dame est si belle et douce que Lucie s'enhardit et demande :

- Et moi aussi, est-ce que j'irai au Ciel ?
- Oui, tu iras.

- Et Jacinte ?
- Aussi.

- Et François ?
- Aussi, mais il devra dire beaucoup de chapelets.

La Dame continue :

- Voulez-vous vous offrir à Dieu pour supporter toutes les souffrances qu'Il voudra vous envoyer, en réparation des péchés et pour la conversion des pécheurs ?
- Oui, nous le voulons.
- Vous allez donc avoir beaucoup à souffrir, mais la grâce de Dieu vous assistera et vous soutiendra toujours.

Pendant ces paroles, Lucie, Jacinte et François ont l'impression de recevoir de la Dame une lumière qui pénètre en eux et, tombant à genoux, ils redisent avec ferveur la prière apprise par l'Ange. La Dame ajoute ces derniers mots :

- Récitez le chapelet tous les jours, afin d'obtenir la paix pour le monde et la fin de la guerre.

Puis elle s'élève doucement dans le ciel, jusqu'à disparaître dans l'immensité de la lumière de midi. Elle est restée environ dix minutes avec eux. Tous les trois l'ont vue et contemplée, mais François, lui, n'entendait pas ce qu'elle disait. Il se fait tout raconter par Lucie, tandis que Jacinte ne cesse de répéter : «Comme elle est belle, cette dame ! ah, quelle belle dame !".
Tout l'après-midi, les enfants restent sous l'effet de la surprise et de l'émerveillement. Ils ne disent rien (sauf Jacinte qui, de temps à autre, rompt ce bienheureux silence en s'écriant avec enthousiasme « Ah, quelle belle dame! ) et ils en oublient de jouer…

"Dites le chapelet tous les jours"

Lucie a demandé à ses cousins de garder le secret sur cette Dame… mais ce sera trop dur pour Jacinte qui, le soir même, racontera tout à ses parents. Le lendemain, elle dira : « Il y avait là dans mon cœur quelque chose qui m'empêchait de me taire... » Les parents de Jacinte et François sont surpris, mais ils ne voient pas de raison de douter de la sincérité de leurs enfants.
Par contre, la mère de Lucie est très en colère et se met même à battre sa fille quand elle apprend ce qu'on raconte et ce que les paysans d'AIjustrel commencent à répéter. Les uns sont pour, les autres sont contre. Finalement, ne sachant plus que faire, la mère de Lucie n'ose l'empêcher, ce 13 juin, d'aller au rendez-vous de la Dame.

Il y a déjà une cinquantaine de personnes pour cette deuxième apparition à la "Cova da Iria". Lucie, Jacinte et François récitent leur chapelet, puis soudain Lucie s'écrie :

- Voilà l'éclair, la Dame arrive !

Et en effet, comme la première fois, éblouissante, la Dame est bien là.

- Que voulez-vous de moi ? demande Lucie.

- Je veux que vous veniez ici le 13 du mois prochain, que vous disiez le chapelet tous les jours et que vous appreniez à lire. Ensuite je vous dirai ce que je veux !

Lucie ajoute :
- Je voudrais vous demander de nous emmener au Ciel.

0- Oui, répond la Dame, Jacinte et François, je les emmènerai bientôt. Mais toi, tu resteras ici pendant un certain temps, Jésus veut se servir de toi afin de me faire connaître et aimer, et établir dans le monde la dévotion à mon Cœur Immaculé. Ne te décourage pas, mon Cœur Immaculé sera ton refuge et le chemin qui te conduira à Dieu.

Jacinte et François ont compris qu'ils ne vivraient plus longtemps et s'exclament tout joyeux :

- J'irai au Ciel bientôt, au Ciel !

Mais ils aiment trop leurs parents pour le leur dire et, cette fois, Jacinte saura se taire... Lucie, elle, souffre beaucoup de l'incompréhension de sa mère qui se moque d'elle en disant qu'elle est «une petite sainte de bois vermoulu ». Sa vie à la maison devient de plus en plus pénible.

Le grand secret

A la troisième apparition, le 13 juillet 1917, la route est bien encombrée pour aller jusqu'à la "Cova da Iria". La nouvelle des apparitions se répand si vite d'un village à l'autre que plus de 4000 personnes sont rassemblées ! A midi, l'éclair annonce la visite tant attendue... La Dame répète ses demandes et, particulièrement, la prière du chapelet chaque jour :

- Dites-le pour obtenir la paix du monde et la fin de la guerre, car seule l'intercession de la Sainte Vierge peut obtenir cette grâce.

Lucie, qui souffre tant d'être prise pour une menteuse, ajoute :

- Je vous en supplie, Madame, dites-nous qui vous êtes et faites un miracle pour que tous croient que vous nous apparaissez.

- Revenez ici chaque mois, répond la Dame. En octobre, je vous dirai qui je suis et ce que je veux et je ferai un grand miracle pour que tout le monde puisse vous croire. Offrez des sacrifices pour la conversion des pécheurs en disant :

"Ô Jésus, c'est par amour pour Vous, pour la conversion des pécheurs et en réparation des péchés commis contre le Cœur Immaculé de Marie".

Elle écarte ensuite les mains et la lumière qui en sort semble ouvrir la terre. Lucie, Jacinte et François voient alors comme une mer de feu où s'agitent des démons et des formes humaines qui hurlent de douleur.
Ils sont terrifiés. La Dame leur dit :

- Vous avez vu l'enfer, où vont les âmes des pauvres pécheurs. Afin de les sauver, Dieu veut établir dans le monde la dévotion à mon Cœur Immaculé. Si l'on fait ce que je dirai, beaucoup d'âmes seront sauvées et l'on aura la paix. La guerre va finir.
Mais si on ne cesse d'offenser Dieu, il en commencera une autre pire. Quand vous verrez une nuit éclairée par une lumière inconnue, sachez que c'est le grand signe que Dieu vous donne qu'Il va punir le monde de ses crimes par le moyen de la guerre, de la famine et de persécutions contre l’Église et le Saint-Père.
Pour empêcher cela, je viendrai demander la consécration du monde à mon Cœur Immaculé et la communion réparatrice des premiers samedis. Si l'on écoute mes demandes, la Russie se convertira et on aura la paix. Sinon, elle répandra ses erreurs dans le monde, provoquant des guerres et des persécutions contre l’Église.
Les bons seront martyrisés, le Saint-Père aura beaucoup à souffrir, plusieurs nations seront anéanties… mais, à la fin, mon Cœur Immaculé triomphera. Le Saint-Père me consacrera la Russie, qui se convertira, et un certain temps de paix sera donné au monde. Au Portugal se conservera toujours le dogme de la foi... (à cet endroit du message, il y a un secret seulement pour le pape). Ne dites cela à personne ; à François vous pouvez le dire. (François continuait à voir la Sainte Vierge, mais sans l'entendre).

Avant de partir, elle ajoute encore :

- A la fin de chaque dizaine du chapelet, dites :

"Ô mon Jésus, pardonnez-nous nos péchés, préservez-nous du feu de l'enfer et attirez vers le Ciel toutes les âmes, surtout celles qui ont le plus besoin de votre miséricorde".

La nuit éclairée par une lumière inconnue, ce sera la nuit du 25 au 26 janvier 1938. Une aurore boréale extraordinaire a éclairé le ciel de toute l'Europe occidentale, comme en témoignent les journaux de l'époque. Lucie comprit tout de suite la signification de ce phénomène et l'écrivit aussitôt à l'évêque de Leiria.

«Ô Jésus, c'est par amour pour Vous... »

Cette troisième visite de la Dame, où elle a donné aux trois enfants ce secret, les a bouleversés profondément. Lucie est rassurée puisque la Dame a promis un miracle pour le 13 octobre : ainsi, on la croira ! Mais les ennuis ne sont pas finis, au contraire ! C'est une véritable persécution qui s'abat maintenant sur les trois cousins : le sous-préfet les terrorise, les menace de les jeter dans une chaudière d'huile bouillante et les fait mettre en prison. Dans toutes leurs épreuves, ils reprennent et complètent en pleurant la prière que la Dame leur a apprise :

Ô mon Jésus, c'est pour votre amour, pour la conversion des pécheurs…
C'est aussi pour le Saint Père, et en réparation des péchés commis contre le Cœur Immaculé de Marie".

Dans la prison, Jacinte demande à un détenu d'accrocher à un clou qui dépasse la médaille de la Sainte Vierge qu'elle porte au cou. Et bientôt, ce sont tous les détenus qui disent le chapelet avec Lucie, Jacinte et François dans la sinistre prison !

Nous sommes le 13 août ! A la "Cova da Iria", 18000 personnes attendent… mais les enfants ne seront libérés que deux jours plus tard, pour le 15 août. C'est le dimanche suivant 19 août, pendant qu'ils gardent leurs brebis, que la Dame leur apparaît enfin. Elle sait bien où ils étaient le jour du rendez-vous. Elle leur répète avec tendresse de dire chaque jour leur chapelet et promet de nouveau le grand miracle pour le mois d'octobre.

- Priez, priez beaucoup et faites des sacrifices pour les pécheurs, redit la Dame avant de les quitter, car beaucoup d'âmes vont en enfer parce qu'elles n'ont personne qui se sacrifie et prie pour elles.

Le 13 septembre, cinquième apparition, il y a plus de 25000 personnes à la "Cova da Iria". Tout le monde prie à genoux et une grande ferveur règne dans cette foule. A midi, la Dame apparaît aux enfants, mais, ce jour-là, il y aura aussi un signe pour tous ceux qui ne la voient pas : une sorte de pluie de fleurs, comme des pétales blancs et brillants qui s'évanouissent en touchant le sol. Ce 13 septembre, la Dame demande que l'on continue à dire le chapelet pour obtenir la fin de la guerre et elle annonce pour le mois prochain, en plus du grand miracle promis, la venue de Saint Joseph et de l'Enfant Jésus.

Le miracle du soleil

Le dernier mois avant l'apparition d'octobre est très dur pour Lucie, Jacinte et François. Tout le monde veut les voir : ils ne peuvent plus garder les moutons et sont obligés de se cacher.

Dès la veille, des gens arrivent de très loin, toutes les routes et les chemins sont encombrés d'ânes, de chevaux, de carrioles de toutes sortes : la promesse de la Sainte Vierge provoque, dans ce paisible village du Portugal et ses alentours, un gigantesque embouteillage ! Il y aura plus de 50000 personnes, ce 13 octobre, pour la dernière apparition. La pluie se met à tomber sans arrêt, les chemins deviennent des bourbiers, les gens sont épuisés et trempés jusqu'aux os... A l'arrivée des enfants, la prière du chapelet commence, reprise par cette foule innombrable. Et , à midi juste, la Dame est là, plus belle que jamais...

- Qui êtes-vous, Madame, et que voulez-vous de moi ? demande Lucie.
- Je suis Notre Dame du Rosaire. Je désire en ce lieu une chapelle en mon honneur.

Et, pour la sixième fois, la Sainte Vierge demande qu'on récite le chapelet chaque jour. Elle promet la guérison de certaines personnes et demande que d'autres se corrigent pour obtenir le pardon de leurs péchés. Puis elle se tait et écarte les mains ; avec elle, apparaissent quelques instants saint Joseph et l'Enfant Jésus qui bénit toute cette foule

Et soudain le ciel change : la pluie s'arrête subitement, le soleil se montre.

Toute la foule va voir cet extraordinaire miracle du soleil qui se met à tourner sur lui-même comme une roue de feu, en envoyant des rayons de toutes les couleurs. Il s'arrête brusquement, puis reprend sa course folle, et semble à un moment se précipiter sur la foule comme s'il allait tomber sur la terre... Tout le monde est atterré et retient son souffle, les gens sont complètement bouleversés, certains croient la fin du monde imminente. Des centaines de gens venus pour se moquer demandent pardon et tombent à genoux…

Le prodige a duré environ dix minutes, et tous les gens qui avaient été transpercés par la pluie pendant des heures se retrouvent tout à coup avec leurs habits complètement secs ! La terreur calmée, les gens s'embrassent, rient et pleurent à la fois, et veulent tous s'approcher de Lucie, Jacinte et François qui seraient étouffés par la foule si on ne les protégeait pas... Le Portugal tout entier est ébranlé par ces extraordinaires événements.

Dès le lendemain, Fatima devient un lieu de pèlerinage.

Fatima, message pour le monde

Les trois cousins continuent à mener leur vie très simple, mais sont interrogés maintenant par de hauts personnages de l’Église. Ils apprennent à lire comme la Sainte Vierge leur avait demandé, et passent surtout beaucoup de temps à prier.

Jacinte et François mourront peu de temps après, offrant toutes leurs souffrances pour consoler Jésus et convertir les pécheurs.

Une chapelle est construite à la "Cova da Iria", puis une immense basilique, qui accueille maintenant des milliers de pèlerins du monde entier, surtout le 13 de chaque mois. Et à l'autre bout de l'esplanade, une deuxième église encore plus grande a été inaugurée en 2007

Jacinte et François, qui ont été béatifiés par le pape Jean Paul II le 13 mai 2000, y reposent de chaque côté du chœur.

Lucie, elle, savait dès le début qu'elle serait chargée de transmettre à l’Église le message de Fatima. Elle est devenue religieuse chez les Sœurs de sainte Dorothée à Pontevedra en Espagne, où la Sainte Vierge lui est apparue encore, beaucoup plus tard, en 1925, pour lui expliquer comment Dieu voulait établir dans le monde la dévotion au Cœur Immaculé de Marie C'est là ce moment-là que Notre Dame fera cette promesse extraordinaire :
« Dis que tous ceux qui, durant cinq mois, le premier samedi, se confesseront, recevront la sainte communion, réciteront le chapelet et me tiendront compagnie pendant quinze minutes, en méditant les quinze mystères du Rosaire en esprit de réparation, je promets de les assister à l'heure de la mort, avec toutes les grâce nécessaires pour le salut de leur âme. »

En 1929, à Tuy, sœur Lucie aura une magnifique apparition de la Sainte-Trinité et de Notre-Dame, qui résume de façon très parlante tout le mystère de notre rédemption et du rôle de Notre-Dame

En 1948, elle est entrée au Carmel de Coïmbra, au Portugal jusqu'à sa mort en 2005, à l"âge de 97 ans, quelques semaines avant le pape Jean-Paul II.

Tout ce que la Sainte Vierge avait annoncé à la troisième apparition s'est réalisé. En 1950, le pape lui-même (c'était Pie XII) a reçu comme une confirmation extraordinaire de la vérité de ce message lorsque le prodige du soleil, à plusieurs reprises, s'est renouvelé pour lui dans les jardins du Vatican !

Le 13 mai 1967, pour le cinquantenaire des apparitions, le pape Paul VI s'est rendu à Fatima et a rencontré sœur Lucie.

Le 13 mai 1981, le pape Jean Paul II échappait miraculeusement à la mort sur la place Saint-Pierre de Rome. Il ne faisait aucun doute pour lui que c'était bien Notre Dame qui l'avait protégé ce jour-là, qui était justement un 13 mai.Il est donc venu porter lui-même à Fatima, juste un an après, la balle qui avait failli le tuer : elle est maintenant sertie dans la couronne de la grande statue de Notre Dame de Fatima.

Ayons une grande confiance envers Notre Dame. La paix de notre monde dépend d'elle.

«Quand le moment sera venu, disait Jacinte à Lucie un peu avant de mourir, dis bien que le Bon Dieu nous accorde ses grâces par le Cœur Immaculé de Marie et que c'est à ce Cœur Immaculé que les hommes doivent demander la paix parce que Dieu la lui a confiée.»


Dessin de Notre-Dame sur le chêne vert
Dessin pour la dévotion au Cœur Immaculé de Marie

Tableau de présentation de cette série de récits et de dessins

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