Dans chaque année liturgique, le "temporal" est la célébration des mystères du Christ, divisée en deux parties : le cycle de Noël et le cycle de Pâques. Au cours de ces deux cycles, l'Église nous fait parcourir toute la carrière du Christ. Puis l'Église consacre le reste de l'année à reprendre les enseignements du Sauveur et à nous former à notre vie de baptisés.

Le Temporal... ou comment l'Église célèbre le Christ


Au cours de l'année liturgique, l’Église célèbre essentiellement les mystères de la vie de Jésus en deux parties bien distinctes :

- La venue de Jésus sur la terre ou mystère de l'INCARNATION : Dieu le Fils fait homme.

Mystère de Noël : Jésus est VRAI DIEU et VRAI HOMME

- Son action pour sauver les hommes ou mystère de la RÉDEMPTION :

Cela veut dire que Jésus nous a "rachetés" : c'est l'action de Jésus qui sauve tous les hommes en les arrachant à la puissance du démon dont ils étaient prisonniers depuis le péché originel.

Mystère de la MORT de Jésus et de sa RÉSURRECTION au jour de PÂQUES.


Chacune de ces deux parties est précédée d'un temps de préparation : l'Avent, (4 semaines) pour préparer la fête de Noël - le Carême (40 jours) avant Pâques.

- Le temps de préparation est un temps de pénitence, de conversion,
Pour bien préparer une fête de famille, on va faire l'effort de faire un grand ménage, ranger sa chambre, rendre service, faire une jolie décoration : toute la famille y participe.
Dans cette grande famille qu'est pour nous l’Église, famille de tous les enfants de Dieu, c'est la même chose. Pour nous préparer à cette grande fête, Noël ou Pâques, l’Église va nous demander de "faire le ménage" dans notre âme, la purifier de tout ce qui en nous pourrait déplaire à Jésus : c'est ce qu'on appelle "faire pénitence".
Cette préparation, c'est donc un temps de pénitence : on renonce à se laisser aller à ses défauts ; on cherche à s'en corriger généreusement, par des sacrifices acceptés pour l'amour de Jésus, pour purifier notre âme, afin qu'Il puisse venir faire en nous sa demeure.
Ce temps est marqué par la couleur violette, symbole de la mortification et de la tristesse.

- La fête elle-même : l’Église est dans la joie. Elle contemple, à Noël, la venue de son Sauveur, et à Pâques, sa Victoire sur la mort et le péché.
  L’Égliseinvite tous ses enfants à vivre profondément cette joie, eux aussi, à garder comme un trésor précieux leur pureté retrouvée par le sacrifice de Jésus, notre Sauveur.
En signe de joie et de pureté, elle met des ornements blancs, ou dorés.

À chacune de ces étapes correspond une couleur liturgique.


1 - Cycle de NOËL ou de l'INCARNATION

Préparation : Le temps de l'AVENT, (du latin adventus, avènement) se compose de 4 semaines qui nous font, en union avec tout le peuple fidèle de l'Ancien Testament, les Patriarches et les Prophètes, attendre et désirer la venue du Sauveur.

Célébration : Le Temps de NOËL met sous nos yeux la Nativité, la naissance de Jésus, Fils de Dieu, - naissance qui se reproduit en nous, spirituellement, par la grâce -, et son Épiphanie, ou sa manifestation au monde.

Par le mystère de l'Incarnation du Verbe, un nouveau rayon de la splendeur divine
a brillé aux yeux de notre âme afin que, connaissant Dieu sous une forme visible,
nous soyons emportés par Lui à l'amour des choses invisibles. (Préface de Noël)

2 - Cycle de PÂQUES ou de la RÉDEMPTION

Préparation : le TEMPS du CARÊME nous rappelle, par quarante jours de pénitence, le jeûne de quarante jours de notre Sauveur au désert, et nous y fait participer par nos propres efforts et sacrifices. Ce temps nous décrit aussi la vie apostolique de Notre Seigneur.
Le Carême s'achève par la Semaine Sainte, le temps de la PASSION, qui nous montre les souffrances du Christ et son agonie sur la Croix, afin que nous puissions nous y associer et mourir avec lui à nos péchés.

Célébration : le TEMPS PASCAL nous fait participer à la grande fête de Pâques : notre âme ressuscite avec le Christ et, pendant les cinquante jours qui suivent, elle vit avec Jésus instituant son Église, montant au Ciel le jour de l'Ascension, et nous envoyant son Esprit-Saint au jour de la Pentecôte.

Si vous êtes ressuscités avec le Christ, cherchez les biens d'en-haut,
où le Christ demeure assis à la droite de Dieu ;
attachez-vous aux choses d'en haut, et non à celles de la terre... (Col 3, 1,2)

La fête de la Pentecôte vient terminer le Temps Pascal par la descente du Saint-Esprit dans nos âmes. Elle est suivie de quelques très grandes fêtes : la Sainte Trinité, le Saint-Sacrement (Fête-Dieu, ou fête du Corps et du Sang du Christ), puis la fête du Sacré-Cœur, où nous n'aurons jamais fini de contempler l'immensité de l'amour dont Dieu nous aime. La fête du Christ-Roi, enfin, clôt l'année liturgique.

Le temps qui suit la Pentecôte correspond au temps de l'ÉGLISE :
Jésus, notre Seigneur, n'est plus parmi nous sur cette terre. Mais c'est l’Église, son Épouse, qui a la mission de continuer son œuvre de salut pour tous les hommes.
Depuis la réforme liturgique de 1970, cette période est appelée le "TEMPS ORDINAIRE", non pas parce qu'il serait "quelconque", mais à comprendre comme un temps où les dimanches se succèdent dans "l'ordre". Une première période se déroule ainsi entre la fin du temps de Noël et le début du Carême, une seconde après la Pentecôte jusqu'à la fin de l'année liturgique.

Temporal et Sanctoral

Au cours de l'année liturgique, l’Église ne célèbre pas seulement les mystères de la vie de Jésus, mais aussi - quoique dans un ordre inférieur et subordonné - les fêtes des Saints qui sont au ciel.
Le cycle liturgique centré sur la vie du Christ s'appelle le TEMPORAL.
Et, toujours avec le Christ pour centre, superposé à ce cycle principal, celui qui célèbre la fête des Saints s'appelle le SANCTORAL.

 

Prier au rythme du temps liturgique

Accorder notre oraison au temps liturgique est donc particulièrement bénéfique : on reçoit les grâces propres à ce temps, en puisant la doctrine dans la liturgie du jour. Cela agit sur notre âme comme un « goutte à goutte » qui se révèle à la longue très vivifiant.

Le meilleur support pour notre prière, ce seront les paroles de l’Église dans la liturgie. Et vivre de la prière liturgique, c’est vivre de la vie même de Jésus :

La fécondité de la famille chrétienne (…) découle de l’union vitale avec le Christ, alimentée par la liturgie, par l’offrande de soi-même et par la prière. (Jean-Paul II Familiaris Consortio 62)

Concrètement, que faire pour nous couler dans le moule de la prière liturgique ?

Un excellent moyen consiste à méditer chaque matin les textes de la messe du jour – ou ceux du dimanche précédent. Cela nous permet de nous unir à la prière officielle de l’Église : notre prière personnelle en aura d’autant plus de valeur.

Lecture, épître et évangile nous fournissent une ample matière de méditation ou de contemplation selon les cas.

On peut avoir tendance à penser, quelquefois, que ces textes, nous les connaissons déjà… On peut alors être tenté de passer un peu vite : nos minutes sont si précieuses…

Mais si, au contraire, nous les abordons avec un œil volontairement neuf, en nous disant : qu’est-ce que l’Esprit Saint veut me dire aujourd’hui par ces textes ? nous y découvrirons une profondeur nouvelle, nous y goûterons une saveur insoupçonnée. Tout ce qui nous est demandé, c’est de rester dociles au Saint Esprit (n’oublions pas de l’invoquer avant de commencer ce temps d’oraison).

Les oraisons de la messe sont également très précieuses : en quelques mots, elles résument parfaitement la ou les grâces à demander. Rien n’empêche même d’y rester pendant tout notre temps d’oraison si nous y puisons l’aliment spirituel qui nous convient.


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